jeudi 26 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h43


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Environnement - La révolution de la voiture

Louis-Gilles Francoeur   22 novembre 2008  Livres
Avec Rouler sans pétrole, qui vient de paraître aux Éditions MultiMondes, le physicien Pierre Langlois déchire le rideau de la méconnaissance pour faire apparaître un fait troublant: la révolution de la voiture électrique est déjà un fait technologique accompli.

Et ce n'est pas le marché qui ne suit pas, car les consommateurs réclament déjà des voitures moins énergivores. La réalité est beaucoup plus sinistre: la transition vers des véhicules moins énergivore est d'abord bloquée par des constructeurs automobiles qui ne veulent pas perdre le marché lucratif des pièces de rechange, lequel disparaîtrait en grande partie avec des véhicules nécessitant pratiquement aucun entretien, et qui verraient la longévité des véhicules augmenter considérablement.

À lire ce livre, troublant à plusieurs égards, on en vient presque à souhaiter que les grands constructeurs actuels passent l'arme à gauche durant crise économique actuelle afin de laisser la place à de plus audacieuses entreprises qui sauront bâtir, avec les travailleurs disponibles, de nouvelles usines et satisfaire dès lors un marché qui ne demande qu'à évoluer malgré la résilience d'un indécrottable segment de dinosaures.

Un livre actuel et unique

Même si le Québec compte au moins trois guides annuels de l'auto, un genre à peu près inconnu ailleurs dans le monde, personne n'avait, en tout cas dans la francophonie, fait un bilan technologique et politique des progrès accomplis en matière de motorisation électrique. Il y avait bien L'Odyssée du transport électrique, de Pascal Griset et Dominique Larroque, publié en 2006 chez Cliomédia en France. Mais ce livre, à distribution restreinte, n'était pas disponible sur le marché, du moins au Québec. Et il a surtout une valeur historique et n'est pas un bilan actualisé.

Par contre, Rouler sans pétrole fait le tour des technologies présentement disponibles, testées et bien documentées, déjà utilisées dans différentes stratégies de motorisation moins énergivores, de l'hybride classique représenté par la Prius jusqu'aux modèles à moteur-roue que Volvo veut mettre en marché dans... 10 ans. Ce constructeur, comme d'autres, veut sans doute rentabiliser encore davantage ses vieilles chaînes de montage plutôt que de prendre tout de suite les devants avec une solution qui est à deux doigts de ce que proposait il y a 15 ans déjà le chercheur Pierre Couture, d'Hydro-Québec. Pierre Langlois consacre d'ailleurs un chapitre à ce dossier pourri qui demeurera un stigmate cuisant dans la réputation d'Hydro-Québec. Selon le physicien Langlois, en abandonnant la mise au point d'un véhicule hybride déjà fort avancée au lieu de limiter le projet à son seul moteur-roue, Hydro-Québec a fait rater au Québec la chance de prendre la tête du futur marché mondial de l'automobile avec une solution de 20 ou 30 ans en avance sur son temps.

Le physicien Pierre Langlois, qui a déjà remporté plusieurs prix avec d'autres ouvrages de vulgarisation scientifique, aborde aussi de façon très critique les filières de l'hydrogène et des biocarburants, qui bénéficient elles aussi de progrès importants. Comme l'hydrogène n'existe pas à l'état naturel, elle doit être produite avec d'autres filières énergétiques, certaines plus énergivores et polluantes que d'autres: danger. Pierre Langlois estime plus réaliste d'augmenter l'efficacité des hybrides actuelles ou de produire massivement des tout-électriques déjà capables de répondre aux besoins de la majorité des consommateurs urbains. En optimisant les techniques disponibles on pourrait, démontre-t-il facilement, réduire la consommation de pétrole des voitures de 75 à 80 % avec des solutions déjà éprouvées.

Progrès

Les progrès accomplis dans le stockage de l'électricité, principalement avec les piles lithium-ions, explique le physicien, permettent déjà à des voitures, des autobus, des motos ou scooters et même à des camions de livraison ou de long cours de parcourir des distances qu'on pensait réservées, il y a 10 ans, uniquement à des moteurs conventionnels. Déjà, les diesels produits massivement en Europe permettraient des économies de 15 à 30 % si seulement les constructeurs, comme Volvo, rendaient disponibles ici les modèles qu'ils vendent depuis des lunes en Europe.

Pierre Langlois aborde avec un oeil tout aussi critique la production des biocarburants qui risquent de provoquer une crise alimentaire mondiale si les champs alimentent de plus en plus les voitures plutôt que les humains pour faire des profits. Certes, il y a d'autres filières comme la biomasse, mais ce n'est pas celle que privilégient dans les faits les gouvernements, beaucoup plus intéressés à séduire les électeurs du monde agricole qu'à protéger la biodiversité...

Rouler sans pétrole est tout cela: une revue critique en profondeur des technologies de motorisation et des filières énergétiques, qui remet en question la courte vue de nos politiques publiques et corporatives. Un livre essentiel pour voir venir et accélérer le changement.

***

Rouler sans pétrole

Pierre Langlois

Éditions MultiMondes

Québec, 2008, 294 pages






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 22 novembre 2008 12h30
    Le stockage de l'électricité, une solution pour éviter des barrages et des éoliennes
    « Les verts luttent contre l'Hydro pour que les rivières ne soient pas toutes arnachées. Je penses que le respect de la nature et la saturation de l'intervention de l'homme sur elle est au centre du débat. Alors si nous avons assez changé l'espace hydrique au nord de notre Québec que faut-il envisager pour produire plus d'électricité surtout que déjà sont en chantier: La rupert, Gentilly II et les Lowers Churchill Falls. Pourquoi arnacher La Romaine par surcroît?

    Par contre, a t'on pensé qu'en période hors pointe l'hydro ouvre ses galeries de dérivation pour faire évacuer l'eau et fait marcher au ralenti la production des turbines. Si on pouvait stocker dans des nano batteries toute l'électricité produite par les turbine en période d'accalmie, on aurait plus besoin d'arnacher d'autres endroits pour produitàre plus d'életricité. Le coût unitaire bes barrages actuels en serait amélioré et les rendements de l'Hydro par le fait même.

    Quant à l'automobile, l'auteur du livre, Pierre Langlois et le journalisme Louis-Gilles Francoeur ignorent tous les deux l'évolution fantastique de la voiture mue à l'hydrogène. Pourtant l'un des principaux centre de recherches dans le domaine se trouver à la Cité de l'Énergie à Shawinigan. Il n'y a pas seulement l'électricité comme alternative au pétrole dont les réserves exploitées peuvent encore durer 60 ans. Est-ce vraiment le défi que soutend toute cette propagande orchestrée sur le climat soit celui de remplacer les énergies non renouvelable par d'autres renouvelables ? Est-ce aussi de nourrir la population mondiale grandissante et de l'abreuver avec de l'eau potable que sont les vrais enjeux de l'hytérie kyotiste ? Si ce sont les véritables enjeux, nous perdons temps et argent à suivre aveuglément les gourous écolos qui nous font gaspiller dans leur chimère.

    La première chose que l'on doit comprendre est que nous ne pourrons jamais, entre autres choses, boucher nos volcans, prévenir les modifications à l'axe de rotation terrestre, stabiliser l'activité solaire, éponger la vapeur d'eau dans l'atmosphère et discipliner El Niño. Comme nos ancêtres l'ont fait avant l'ère industrielle, nous devrons nous adapter aux changements climatiques. Certaines périodes, comme celle qui a permis à des Vikings de coloniser le Groenland (terre verte) il y a un millénaire, seront plus chaudes. D'autres, comme la petite ère glaciaire qui a sévit de la fin du Moyen Âge au siècle dernier, seront plus froides.

    La plupart des experts s'entendent sur le fait que les périodes plus chaudes ont en général été les plus prospères de l'histoire de l'humanité. Il est vrai que, depuis quelques années, des chercheurs tentent de nous convaincre que le réchauffement de O.6C que nous aurions connu depuis un peu plus d'un siècle serait sans précédent à l'échelle humaine, mais quiconque s'est intéressé à la controverse entourant le « bâton de hockey » climatique peut légitimement demeurer sceptique quant aux énoncés les plus alarmistes.

    L'un des aspects les plus fascinants (ou les plus désolants selon le point de vue) des récentes controverses sur les changements climatiques est que la plupart des manchettes sensationnalistes sont basées sur des modèles informatiques que leurs auteurs n'osent même pas qualifier de prédictions, mais seulement de « scénarios », et que les plus catastrophistes sont basés sur des prémisses complètement farfelues. Par exemple, le pire scénario du GIEC (Groupe international d'experts sur le climat), un réchauffement de près de six degrés au cours du prochain siècle, présuppose une population de 15 milliards d'individus qui émettrait chacun près de quatre fois plus de CO2 qu'à l'heure actuelle. Dans les faits cependant, les démographes s'entendent sur le fait que la population mondiale dépassera à peine les 9 milliards d'individus, tandis que les experts des questions énergétiques nous disent que les émissions de CO2 par individus sont stables depuis deux décennies. Ce ne sera pas la premièere fois que l'ONU se trompe et trompe le monde. Ce sont des politiciens avant tout...

    Dans la mesure où le Protocole de Kyoto est un exercice aussi futile que coûteux, comment devrait-on dès lors investir nos ressources limitées? Bien que la démarche ne soit pas parfaite, le groupe d'experts réunis dans le cadre du consensus de Copenhague nous suggère des avenues beaucoup plus prometteuses qui vont de la distribution de vitamines à la construction d'égouts et d'aqueducs. Il est heureux que l'auteur Langlois arrive à presque les mêmes conclusions, du moins en ce qui regarde la critique des biocarburants si chers aux écolos alarmistes.

    Le livre dont il est question ici ouvre des horizons dans le sens de planifier l'après ère du pétrole, seulement celà...

    Les alarmistes doivent se rendre compte encore une fois de l'échec de leur vision qui heureusement se détourne vers l'essentiel. Préparer l'énergie de demain et veiller à nourrir 9 milliards d'humains même s'il faut utiliser les OGM pour ce faire... »

  • Roland Berger
    Abonné
    dimanche 23 novembre 2008 10h20
    À Fernand Trudel
    « Tu affirmes : « Quant à l'automobile, l'auteur du livre, Pierre Langlois et le journalisme Louis-Gilles Francoeur ignorent tous les deux l'évolution fantastique de la voiture mue à l'hydrogène. » Prends la peine de lire le texte que tu commentes. Il en est question et l'objection à ce développement y est clairement expliquée. Bonne lecture !
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Denis Beaulé
    Abonné
    dimanche 23 novembre 2008 11h13
    Qu'on les mette en prison ?
    « Ces «dinosaures» s'avèrent infiniment plus préjudiciables à la société que l'itinérant n'ayant pu payer une contravention. Alors, exécution. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
3 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres

Articles les plus commentés

Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009