Histoire - L'Islam et l'héritage grec
Photo : Agence Reuters
Une ancienne mosquée de Cordoue, un des hauts lieux de l’Islam en Espagne au Moyen Âge.
Le propos de ce livre est expressément réformateur: contre une tradition qui accorde aux traducteurs arabes et aux pouvoirs musulmans qui les ont soutenus un rôle irremplaçable dans la transmission de la culture grecque à travers le Moyen Âge, l'auteur entreprend de montrer que cette lecture est fallacieuse. L'Islam des Lumières, et en particulier le rôle des grands penseurs de l'époque des Abbassides jusqu'aux Almohades, ne serait rien d'autre qu'une construction a posteriori, qui non seulement effacerait les efforts des savants chrétiens du premier Moyen Âge latin (du VIIIe au XIIe siècle), mais qui occulterait la richesse des transferts culturels au sein même du monde chrétien, en particulier la contribution de Byzance à la construction de l'Europe chrétienne. Sylvain Gouguenheim évoque la nécessité d'un rééquilibrage, mais son travail ressemble plutôt à un projet systématique, déployé sur plusieurs fronts, pour priver de légitimité tout recours à la culture arabo-musulmane dans l'histoire de la culture européenne.
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