Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    La poésie se porte bien, merci !

    23 août 2008 |Hugues Corriveau | Livres
    Yves Préfontaine, Denise Brassard, René Lapierre, Tania Langlais, voilà des noms à retenir pour l'automne, sans compter un nouveau Hélène Monette et des surprises et des découvertes.

    Les Éditions du Blé annoncent une anthologie des oeuvres de Charles Leblanc intitulée Défense d'afficher ainsi que Le soleil est la première machine, curieux recueil «d'improvisations», dont beaucoup faites par des poètes: reste à voir.

    Boréal nous donnera Thérèse pour joie et orchestre d'Hélène Monette, dont chaque livre crée l'événement, écrit en hommage à sa soeur Thérèse récemment disparue.

    Retenons, aux Écrits des Forges, une réédition du Grand Hôtel des étrangers, l'un des meilleurs recueils de Claude Beausoleil, que nous lirons Quand finira cette aube, titre du dernier Marie Borin, avec Ceux-là de Stéphane Despatie. Avec la Complicité du large proposée par Suzanne Joly, nous comprendrons peut-être mieux Le Chiffre de ton nom de Nicole Gdalia. Quant à Bernard Pozier qui souffre d'une Morsure du coeur, il ira sans doute errer avec ceux qui sont Brûlés par la nuit chez Bruno Roy.

    Aux Herbes rouges, on abordera le Traité de physique de René Lapierre, qu'on annonce dans la mouvance de son excellent recueil précédent, L'Eau de Kiev, et un très attendu nouveau Tania Langlais dont le titre se fait encore attendre.

    À l'Hexagone, dans la collection «L'appel des mots», nous découvrirons le premier volet d'un triptyque de Serge Patrice Thibodeau, dernier lauréat du Prix du Gouverneur général, Les Sept Dernières Paroles de Judas, qui abordera un «personnage controversé des Évangiles canoniques», ce qui n'est pas peu. Claudine Bertrand s'aventurera Autour de l'obscur au moment même où on apprend que La nudité ne dévoile pas une femme émue selon Carole Forget, pour parvenir enfin à saisir comment on peut faire Le Partage de l'usure tel qu'envisagé par Fernand Durepos. On espère beaucoup du nouveau Yves Préfontaine, dont Les mots tremblent, lui qui ne nous a rien donné depuis 2001. C'est avec émotion que nous pourrons lire cet automne un recueil posthume de Robbert Fortin intitulé Le bonheur est un terrain vague.

    Aux Éditions d'art Le Sabord, nous apprendrons avec Paul Dallaire comment L'univers est conique, dont on signale «la démesure myrtilloides enjouée de sa poésie», puisqu'il vient du Saguenay (hum!), ce qui nous mènera au grand repos Par delà les barques endormies de Gilles Devault, dont on nous prévient qu'il contient «la débâcle, le déferlement de la chair» (pourvu que cela soit vrai!).

    Le Lézard amoureux nous invite à découvrir un recueil original, né à la suite d'un spectacle bruit-lecture-musique donné à Cuba, La Plaquette cubaine, signée par José Acquelin, Bertrand Laverdure et Yannick Renaud, écritures qu'on dit «toutes empreintes de soleil», qui seront les bienvenues pour accompagner le lyrisme de Catherine Morency (qui avait déjà publié sous le pseudonyme de Mélanie Ray), elle qui réussit à survivre Sans ouranos.

    Les Éditions Le Marchand de feuilles nous font un peu peur avec une invitation à pénétrer L'Abîme du bétail de Martin Ouellet, dans «un monde d'hémophiles où un marin se noie dans sa piscine de banlieue, [alors que] les âmes affamées sont pourchassées par des huissiers». Nous irons y faire un tour, sans aucun doute pour savoir si c'est là que loge Buffalo, dont le double titre est Ou le chat est un animal triangulaire, poèmes de Jérôme Lafond, décrits en une formulation malheureuse comme «du rap, du raconté et du dit». M'enfin, c'est quoi ce jargon?

    Mémoire d'encrier s'ouvre aux Estuaires de Roger Toumson, suivant de près Gérard Bloncourt qui, lui, Dialogue au bout des vagues.

    Le Noroît ouvre sa saison sous le signe de l'isolement, avec Denise Brassard sur La Rive solitaire, qui accompagne Joël Pourbaix, soumis à la Dictature de la solitude. On y trouvera aussi trois rééditions, soit le Musée de l'os et de l'eau de Nicole Brossard, Entre les fleuves de Nadine Ltaif et Peinture aveugle de Robert Melançon. En passant, Katerine Caron nous rassurera en se disant Toujours vivante. Denise Desautels nous présentera une rétrospective de Guy Cloutier dans la collection «Ovale». Il y a plus encore, mais l'espace nous manque.

    Les Éditions Perce-neige, dirigées par Serge Patrice Thibodeau, nous feront lire trois titres, soit L'Évolution des contrastés de Christian Brun, les Vérités de Fredric Gary Comeau et le Frère de feu de Jean-Mari Pître.

    Thierry Bissonnette nous donne, à La Pleine Lune, deux titres dans sa collection «Quelqu'un marche», me demandant de me poser la question de Franz Schürch: Et si j'en suis tout retourné?, troisième volet de sa tétralogie «Essaims».

    Les Poètes de brousse se nomment cette saison Véronique Cyr, qui voit La Vie liquide, alors que Philippe More écrit ses Brouillons pour un siècle abstrait (titre assez beau, qui intrigue). Jean-Marc Desgent préfacera le second recueil de Réjean Thomas, au titre immense d'Îuvre complète. Kim Doré s'approche encore une fois du noir avec Maniérisme le diable (à moins que ce ne soit ici le feu qui l'intéresse).

    Le Quartanier continue d'étonner avec deux propositions insolites, d'abord en nous suggérant de suivre avec Marc-Antoine K. Phaneuf les Téléthons de la Grande Surface (inventaire catégorique), décrit comme des «listes, poésie et name-dropping», avec des sources aussi hétéroclites que Les Aventures de Tintin, Google, Wikipédia, Queneau, Vian et d'autres et d'autres encore. Suivra un «travail poétique et réflexif à partir de la danse contemporaine» de Mylène Lauzon, Chorégraphies (six espaces de danse-écriture).

    Les Éditions Sémaphore vont publier les Interventions critiques de Gilles Hénault et La Désarticulation d'Aral Cyr, dont on avait pu apprécier Le Corps à l'usure.

    Les Éditions Trois-Pistoles, après un printemps faste, se calment en ne publiant qu'un titre, Chambre noire de Pierre Demers.

    Triptyque nous fera méditer sur Les Versets du pluriel d'Alain Gagnon, alors qu'Olivier Dyens va Là où dorment les crapauds.

    Aux Éditions du Vermillon, enfin, nous ferons la connaissance des Animaux tristes de Denis Payette. À la Différence, paraîtra un nouveau Hélène Dorion intitulé Le hublot des heures, poésie métaphysique sur le temps.

    ***

    Collaborateur du Devoir












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.