vendredi 27 novembre 2009 Dernière mise à jour 21h09


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Économie - Naomi Klein et le « capitalisme du désastre »

Le Devoir   7 juin 2008  Livres
Naomi Klein
Photo : Jacques Nadeau
Naomi Klein
Huit ans après la parution de No Logo — livre au succès phénoménal traduit en 28 langues et considéré depuis comme une bible du mouvement altermondialiste —, l'auteure et journaliste Naomi Klein, née à Montréal, rapplique avec force.

Son nouvel essai, un pavé de 672 pages, décrypte les bases du «capitalisme fondamentaliste». Klein y affirme que les gouvernements accros au néolibéralisme profitent de chaque choc brutal, qu'il soit naturel ou politique (Katrina, le tsunami, le coup d'État au Chili, place Tiananmen, l'Irak, le 11-Septembre), pour changer radicalement le fonctionnement économique de la société qui en est victime.

C'est la stratégie du choc en question. Celle qui permet une rupture radicale après laquelle la «sainte trinité» du néolibéralisme peut être imposée sans résistance: élimination de la sphère étatique, liberté complète pour les entreprises et réduction draconienne des dépenses sociales. Un «capitalisme du désastre», écrit Klein, qui réserve plusieurs attaques fort documentées (elle profite du travail de plusieurs recherchistes) contre l'économiste Milton Friedman.

La ligne de pensée est claire, le propos appuyé : Naomi Klein reprend essentiellement là où elle avait déposé sa plume en 2000. The Shock Doctrine est paru en anglais l'automne dernier. Sa traduction française, La Stratégie du choc. La Montée d'un capitalisme du désastre, vient d'arriver en librairie sous l'enseigne de Leméac/Actes Sud.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Dominic Pageau
    Abonné
    samedi 7 juin 2008 00h35
    Le réchauffement climatique est un exemple
    « On prétexte les changements climatiques pour vendre de l'air en bourse. Et pour justifier un dépeuplement de la terre.

    On fou le bordel dans le système de santé afin de pavé la voie vers la privatisation.....

    On attend qu'un via duc tombe pour justifier des travaux.... en PPP.....

    On crée une crise pour apporter SA solution.

    C'est rien de nouveau »

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    samedi 7 juin 2008 09h09
    Le narratif que les médias ignorent sciemment !
    « "People who shut their eyes to reality simply invite their own destruction, and anyone who insists on remaining in a state of innocence long after that innocence is dead turns himself into a monster." - James Baldwin

    Quiconque désire s'extirper du marasme propagandiste de Big Media SE DOIT de lire "A People's History of the United States" de Howard Zinn et "Confessions of an Economic Hit Man" de John Perkin avant de trompeter combien ils sont fiers de ce qu'ils ignorent comme 90% de nos scribouilleurs locaux qui ne sont plus que de sinistres courroies de transmission du pouvoir.

    Naomi Klein demeure l'exception qui confirme cette règle du silence complice.

    Entre temps...

    "We are watching a poorly staged rendition of Wag the Dog , interpreted for the morbidly stupid and performed by the criminally insane." - Jules Carlysle »

  • Michel Filion
    Inscrit
    samedi 7 juin 2008 09h32
    Surtout une stratégie commerciale
    « Le dernier livre de Naomi Klein, "La Stratégie du Choc" publié par Leméac et Actes Sud est une remarquable entreprise commerciale. L'auteur réussit assez habillement à récupérer quelques recherches obscures et les mettre en lien avec les sujets d'actualités comme la violence politique mondiale et les changements climatiques.

    Elle établit une relation de cause à effet entre des recherches faites à l'Université McGill, au Québec, entre 1950 et 1960, par le professeur Cameron - des recherches de pratiques douteuses faites sur des humains et portant sur la capacité d'oblitérer la personnalité d'un individu et de la remplacer par une autre personnalité; les travaux de Milton Friedman, économiste qui a soutenu toute sa vie la vision libérale et le laisser-faire comme meilleure politique publique; et la politique mondiale actuelle des grands bailleurs, des grands Etats et des grands groupes de pouvoir.

    Des recherches sur l'oblitération complète de la personnalité aurait inspiré les néo-libéraux qui ont développé de 1970 à nos jours une approche violente pour modifier les systèmes économiques et politiques des pays L'électrochoc comme base d'action de tout bon libéral.

    L'électrochoc serait devenu le seul outil de l'arsenal public mondial et il serait employé dès que l'opportunité se présente. Ainsi, les catastrophes naturelles et les guerres seraient vues systématiquement par les penseurs de l'économie de marché comme des occasions de faire accepter des réformes favorisant les forces du marché.

    A lire Naomi Klein, les généraux de la Junte birmane semblent avoir adopté une position acceptable en refusant l'aide internationale: ils protègent ainsi leur pays de la terrible menace libérale actuelle.

    Comme toutes les idées simplificatrices, la thèse de Klein est séduisante. Un psychiatre pervers, un économiste sans coeur et des groupes économiques occupés tout en entier par la quête de profits planifieraient avec un certain plaisir l'exploitation des crises climatiques et humaines à venir.

    Nous serions en face d'un système solaire où le centre de gravité serait l'Université de Chicago, l'ancien bureau de Milton Friedman. Alors que la réalité, plus complexe que les modèles simplificateurs, ressemble plutôt à un système multistellaire avec des centres d'influence concurrentiels et complémentaires.

    Le texte est écrit avec talent. Chaque section se tient assez bien. Pour créer un effet d'ensemble, les mêmes images et les mêmes mots sont répétés dans des contextes fondamentalement différents. L'illusion de lien de causalité est maintenu.

    Ma prescription: à lire avec l'excellent texte de Normand Baillargeon publié en 2005 par LUX éditeur: "Petit cours d'autodéfense intellectuelle". Sinon, nous risquons tous, après consommation, de nous ranger dans la grande famille des tenants de théorie de la Conspiration.

    Michel Filion (Longueuil)
    Consultant en Bonne Gouvernance »

  • Jean-Paul Prévost
    Inscrit
    dimanche 8 juin 2008 12h21
    crise alimentaire = désastre, révolution verte pour l'Afrique = capitalisme du désastre
    « Le 4 juin, alors que les participants au dernier sommet de la FAO tentaient de trouver des solutions à la grave crise alimentaire qui afflige actuellement le monde, Kofi Anan annonçait qu'une "révolution verte" serait lancée en Afrique afin de régler le problème de la faim sur ce continent [1].

    Les membres de l'organisme qui fait la promotion de cette "révolution", soit "l'Association pour une révolution verte en Afrique" (AGRA), affirment avoir à coeur les intérêts des petits producteurs agricoles du continent africain. Or, des représentants d'associations de petits producteurs se sont vus expulsés d'une salle de presse alors qu'ils tentaient de faire valoir leur point de vue durant le dernier sommet de la FAO [2]. Ces organismes avaient produit leur propre analyse des causes de la crise alimentaire avant le sommet [3]. En examinant leur analyse et leurs revendications, on s'aperçoit qu'elles diffèrent assez significativement des grandes lignes de la "révolution verte" de l'AGRA.

    La "révolution verte" de l'AGRA ne date pas d'hier. Il y a plus d'un an déjà, on annonçait que cette "révolution" bénéficierait du soutien financier de la Fondation Bill et Melinda Gates et de la Fondation Rockefeller. Par contre, en avril de l'an dernier, un article publié dans le magazine Maclean's faisait état du fait que plusieurs paysans d'Afrique ne veulent pas de cette "révolution" [4]. Ces paysans s'inquiètent qu'il leur coûtera plus cher de poursuivre leurs activités agraires en utilisant les nouvelles semences que les membres de l'AGRA proposent de développer pour eux. De plus, il est indiqué dans l'article de Maclean's qu'un ancien dirigeant de Monsanto, multinationale des "sciences de la vie" bien connue [5], est maintenant employé de la Fondation Bill et Melinda Gates et que Monsanto même est liée à l'initiative de "révolution verte" de l'AGRA [6]. Il est donc raisonable de se douter que cette "révolution" permettra à Monsanto de faire la promotion de ses semences, souvent génétiquement modifiées et brevetées, auprès des paysans africains.

    La "révolution verte" de l'AGRA ne semble pas avoir démarré depuis qu'elle fut discutée pour la première fois dans les journaux. Mais voilà que la FAO présente cette "révolution" comme une solution à la crise alimentaire actuelle. Intéressant, non? Certains diront qu'il ne faut pas se laisser emporter par des théories de la conspiration. Par contre, on a des preuves que certains cherchent a "récolter les fruits de la flambée des prix alimentaires" [7]. Espérons qu'on finira par écouter messieurs Ziegler et De Schutter qui, comme les paysans du monde, réclament que la FAO "s'attaque au déséquilibre de pouvoir entre les grands entreprises de l'agroalimentaire et les paysans" [8].

    1 voir http://www.ledevoir.com/2008/06/05/192757.html
    2 voir http://www.grain.org/m/?id=193
    3 voir http://www.etcgroup.org/en/materials/publications.html?pub_id=692
    et http://www.nyeleni.eu/foodemergency/
    4 voir http://rcab.ca/content/view/full/166
    5 voir http://www.ledevoir.com/2008/05/17/190144.html
    et http://www.ledevoir.com/2008/05/17/190131.html
    6 voir http://rcab.ca/content/view/full/166
    7 voir http://www.ledevoir.com/2008/06/07/193062.html
    8 voir http://www.ledevoir.com/2008/06/07/193089.html »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
4 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres

Articles les plus commentés

Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009