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Essais québécois - Est-il possible de convaincre ?

Louis Cornellier   17 mai 2008  Livres
«Les humains, écrit Marc Angenot, argumentent constamment, certes, et dans toutes les circonstances, mais à l'évidence ils se persuadent assez peu réci-proquement, et rarement.» Pourquoi, ajoute-t-il alors, «persistent-ils à argumenter»? Dialogues de sourds, un brillant et plus que costaud «traité de rhétorique antilogique», explore en détail cette vaste question et développe, ce faisant, une admirable défense et illus-tration de la raison rhétorique.
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  • Jacques Morissette
    Abonné
    dimanche 18 mai 2008 03h46
    Expériences en neurologie
    Oui, pour certains, il y a des expériences en neurologie qui prouvent que la chimie peut faire changer l'attitude, je n'ai pas dit programmé, de quelqu'un quant à la confiance qu'une personne peut avoir envers les autres. O. Sacks, je crois, a expérimenté que l'ocytocine peut agir dans ce sens. Remarquez que je ne parle pas de cela pour donner des idées aux gouvernements.

    Autre extrait sur le même sujet, de Psychomédia:
    http://www.psychomedia.qc.ca/pn/modules.php?name=N

    "Un simple spray nasal envoyant vers le cerveau une dose d'ocytocine modifierait le comportement d'une personne en augmentant sa confiance en l'autre, selon les travaux de chercheurs de l'Université de Zurich publiés en juin dans la revue Nature. L'ocytocine est une hormone impliquée dans l'attachement social chez les animaux. L'économiste Ernst Fehr et ses collègues ont testé son effet sur l'homme via un jeu d'argent entre investisseurs et banquiers."

    Et là, nous ne sommes pas dans la science fiction. Ce n'est ni 1984 de G. Orwell, ni le Meilleur des mondes de A. Huxley. C'est vraiment la réalité. Imaginez un peu, tout dépendant entre les mains de qui ça pourrait tomber et qu'on pourrait mettre des produits de ce genre, disons dans vos céréales.

  • Claire-Marie Noël
    Abonnée
    mardi 20 mai 2008 22h24
    Entrevue avec Marc Angenot
    Pour aller plus loin, il est possible d'entendre ce que Marc Angenot dit de son propre livre.

    Une entrevue réalisée dans le cadre de l'émission Les publications universitaires (CHOQ FM) est disponible à cette adresse :

    http://www.publications-universitaires.qc.ca/?p=44

    Bonne écoute.

  • Francine Girard-Ducasse
    Abonné
    mardi 5 janvier 2010 17h15
    Il est possible, mais...
    Il est vrai qu'il est difficile de convaincre par l'argumentation rationnelle.
    Mais il existe un certain consensus sur les critères de validité d'une argumentation rationnelle.

    A) Les arguments doivent d'abord être recevables et ce, afin d'éviter leur réfutation.

    Il faut donc faire la critique de la recevabilité des arguments,
    c'est-à-dire critiquer d'abord son acceptabilité et ensuite critiquer sa pertinence.
    L'acceptabilité d'un argument concerne son énoncé, c'est-à-dire l'information nouvelle sur laquelle on s'appuie pour fonder un point de vue. Et la pertinence d'un argument concerne son lien de validation avec la position que l'on défend.
    Ces deux opérations intellectuelles sont exposées dans le chapitre 4 du notre volume «Apprendre à argumenter», Page 143 à 167. Avec de nombreux exemples à l'appui, nous expliquons ce qui est inacceptable et non pertinent.

    B) Lorsque l'argument est recevable, il nous faut en critiquer la suffisance.

    Dans le domaine de l'argumentation, nous ne sommes pas dans celui de la démonstration où les preuves scientifiques fonderaient la vérité de notre position. Le discours argumentatif se situe dans le domaine du discutable et du probable et non dans celui du vrai, de l'évidence et du certain.

    Critiquer la suffisance d'un argument consiste à évaluer ou à tester la force, le poids d'un argument recevables.

    «Dans un discours argumentatif, formuler une objection et y répondre ressortent de la stratégie argumentative dont le but ultime vise à renforcer, à solidifier l'argument pour mieux valider la position. Il ne s'agit donc pas de remettre en question la recevabilité de son argument. On ne cherche pas à le réfuter ou à le détruire, comme pourrait viser à le faire, lors d'une controverse, un adversaire réel. En ce sens, l'objection à la suffisance d'un argument pourrait être comparée à un vaccin qu'on introduit soi-même dans son organisme afin de stimuler une réaction défensive (une réponse à l'objection) qui renforcera tout le corps (l'argumentation). En faisant subir à son argument l'épreuve de la critique, on s'assure d'une position rationnelle beaucoup plus solide.
    Pour ce faire, on a besoin de bien saisir la nature d'une objection à la suffisance de son argument.» P.176
    C'est l'objet du chapitre 5 du manuel «Apprendre à argumenter», page 175 à 220. Vous pouvez trouver dans ces pages des exemples shématisés, des shémas d'une argumentaion montrant comment objecter à la suffisance d'un argument et comment répondre à l'objection.
    En conclusion, la suffisance des arguments s'évalue à leur capacité à établir avec la position défendue un lien de validation assez fort pour que la pensée puisse admettre cette dernière comme rationnellement justifiée, donc plausible et acceptable.

    Gaston Ducasse
    Co-auteur avec Nicole Toussaint de «Apprendre à argumenter». Première édition revue et corrigée, Édition Le Griffon d'argile, Sainte-Foy, 1996

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