vendredi 25 mai 2012 Dernière mise à jour 13h26
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

L'histoire, en deux versions

Six Israéliens et six Palestiniens proposent leur propre vision d'une histoire pourtant commune

Naïm Kattan   12 avril 2008  Livres
De jeunes Palestiniens protestaient contre le bouclage de la bande de Gaza par l’armée israélienne, en mars dernier.
Photo : Agence Reuters
De jeunes Palestiniens protestaient contre le bouclage de la bande de Gaza par l’armée israélienne, en mars dernier.
Comment écrire l'histoire? Qui l'écrit et pour qui? Douze professeurs d'histoire, six Israéliens et six Palestiniens, ont décidé de rédiger leurs versions des mêmes événements. Or, en temps de guerre, on écrit l'histoire du point de vue du groupe auquel on appartient. Il y a des héros et des ennemis, des gagnants et des perdants. Les auteurs de cet ouvrage sont des professeurs qui racontent l'histoire dans leurs langues — l'arabe et l'hébreu — afin de présenter et d'enseigner deux versions traduites respectivement dans la langue de l'autre. Il s'agit d'une prise de position politique dont le but est de connaître l'autre afin d'établir des rapports de compréhension qui conduiraient à la paix.

Les douze professeurs ont choisi trois événements: la déclaration Balfour de 1917, la guerre de 1948 et la première intifada de 1987. Les versions sont fortement divergentes. Pour les Israéliens, la déclaration Balfour est la reconnaissance par la Grande-Bretagne du sionisme et du retour des Juifs sur leur terre ancestrale. Bien avant cette déclaration, des milliers de Juifs avaient commencé à fonder et à peupler des villes, des villages, des fermes collectives. Chassés par les pogromes et victimes de l'hostilité des gouvernements en Russie, en Ukraine, en Biélorussie et ailleurs, et animés par le vent du nationalisme qui soufflait au dix-neuvième siècle en Europe, ils ont décidé de renouer avec leur propre histoire. La version arabe donne une autre interprétation de cet événement. Par le biais du sionisme, l'impérialisme britannique divisait les Arabes et les colonisait.

Les Juifs considèrent la guerre de 1948 comme une guerre d'indépendance. Pour les Palestiniens arabes, il s'agit d'une catastrophe, une nakba. Les Nations unies avaient proclamé la nécessité de partager la Palestine entre les Juifs et les Arabes et, à la date décidée par l'organisation internationale, les Juifs ont annoncé la fondation de l'État d'Israël. Le nouvel État fut reconnu par la majorité des membres de l'ONU. Les Palestiniens ont rejeté le partage et, appuyés par les armées des pays arabes, ont déclaré la guerre au nouvel État. Ils ont perdu la guerre. Les Palestiniens imputent leur défaite à leurs dirigeants et à ceux des pays arabes. Parmi eux, des milliers ont quitté leurs villages et leurs villes, se réfugiant en Jordanie et au Liban, convaincus qu'ils retourneraient à leur domicile quelques jours plus tard. L'Égypte et la Jordanie se sont partagé l'autorité pour gouverner ce qui devait être l'État palestinien. En 1967, le chef égyptien Gamal Abdel Nasser, s'alliant avec la Syrie, la Jordanie et l'Irak, prononçait des discours enflammés contre Israël. Se sentant menacé, Israël se livra à une attaque-surprise anéantissant les forces aériennes des pays voisins et occupant les territoires palestiniens ainsi que le Golan, qui appartient à la Syrie. Pour les Palestiniens, ce fut la disparition de leur pays de la carte et le début de leur lutte pour sa reconquête. En 1979, l'Égypte, suivie par la Jordanie, conclut un accord de paix avec Israël.

Selon les deux versions, l'intifada de 1987 fut un soulèvement spontané. Les Palestiniens ne supportaient plus l'occupation d'Israël, qui se sentait menacé dans sa sécurité par les attentats et la violence.

Cette histoire en deux versions est enseignée dans de nombreux lycées en Israël et en Palestine. Elle se présente comme des juxtapositions parallèles qu'il semble difficile de réconcilier. Les rédiger et les enseigner est indubitablement un acte de courage. Le lecteur de l'extérieur est appelé à ne rejeter ni la version israélienne ni la version palestinienne, et à en reconnaître les divergences. Des deux cotés, les auteurs font état des erreurs de leurs dirigeants et expriment leurs espoirs dans un avenir de compromis et d'entente. Il s'agit d'un premier pas vers la paix.

***

Collaborateur du Devoir

***

Histoire de l'autre

Essai traduit de l'arabe par Rachid Akel et de l'hébreu par Rosie Pinhas-Depuech, Éditions Liana Levi, Paris, 2008, 158 pages
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Guylain Tremblay - Abonné
    12 avril 2008 09 h 20
    La solution passe par la compréhension
    Dans presque tous les types de conflit, les parties ne comprennent pas les besoins tels que ressentis par l'autre. Cette initative est un pas dans la bonne direction. Si 10% de la population de chaque côté peut être embrigadé pour démarrer un véritable processus de solution, la masse critique sera atteinte pour entraînéer ces peuples vers la paix.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
1 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012