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En aparté - Un docteur en Afghanistan

Jean-François Nadeau   29 mars 2008  Livres
Mon cousin vient de rentrer de Kandahar. Quelques mois de garnison et de mission, au risque d'y laisser sa vie. Au retour, il n'a pas été bavard, pas même avec ses proches, trop pressé semble-t-il de retrouver sa douce et, peut-être, trop secoué encore par ce qu'il a vécu.
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  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    29 mars 2008 10 h 57
    Fiction révélatrice
    La fiction est construite sur la réalité. Qu'allaient donc faire les Anglais, puis les Russes, dans cette galère qui a nom Afghanistan ? La réponse est simple : la même chose que les Canadiens d'aujourd'hui : « y imposer un gouvernement favorable à leurs intérêts », écrit M. Nadeau au sujet des Anglais et des Russes. Mais le problème des Canadiens, c'est que les intérêts qu'ils poursuivent inconsciemment, ce sont ceux des Américains, alors qu'ils croient sincèrement établir là les bienfaits de la démocratie.

    Entre les interventions des Anglais d'abord, des Russes ensuite, finalement des Canadiens, plusieurs années se sont écoulées. Mais personne ne semble avoir appris la leçon de l'Afghanistan, comme les Américains n'avaient pas retenu celle du Vietnam. Tous ces beaux naïfs auraient dû lire Conan Doyle. Les plus naïfs de tous, et de loin, ce sont les Canadiens. Les pauvres ont encore l'impression d'aller défendre là-bas des valeurs de civilisation, alors qu'en réalité ce ne sont même pas leurs propres avantages qu'ils cherchent à y réaliser, ce sont ceux des Américains, pas seulement financiers - surtout pas financiers à voir le gouffre des dépenses comparées aux résultats -, mais aussi et surtout géopolitiques : installer la suprématie nord-américaine dans cette région qui englobe l'Irak, le Pakistan, l'Iran, la Palestine et la Syrie. La présence d'importants gisements de pétrole n'est certes pas indifférente. Mais le but visé est plus large : il s'agit d'aller mâter chez eux tous ces islamistes radicaux qui sont venus narguer les Américains chez eux, en plein dans leur Centre glorieux, les tours jumelles de New-York.

    Voilà donc qu'en bons petits voisins coopératifs, nous répondons : « Présents », et envoyons nos enfants se faire charcuter par un peuple qui en a vu d'autres et qui ne se laissera jamais asservir à des intérêts étrangers, quelle que soit l'infériorité de ses propres armements qui, en fait, sont plutôt sales. Eux sont là chez eux et ils luttent pour leur liberté. Nous sommes les envahisseurs, quelle que soit la beauté de nos intentions. Il faudra donc un jour retenir la leçon de Conan Doyle, et que nos jeunes reviennent chez eux, même si c'est la queue entre les jambes, pour enfin cesser d'aller là-bas mourir pour des idéaux piégés.

    Car, ne nous leurrons pas, si la première présence canadienne en Afghanistan répondait à une demande de la communauté internationale, le prolongement de la mission et surtout son déplacement vers une véritable guerre aux Talibans sont devenus carrément inacceptables, même sous l'angle des possibilités de succès d'une telle mission. Que n'avons-nous, hélas, davantage de Dr Watson et de Sherlock Holmes chez nos décideurs !
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