Essais québécois - L'utopie relative de Camus
Sartre ou Camus? Dans Le Siècle de Sartre (Grasset, 2000), Bernard-Henri Lévy hésite. «Camus, bien sûr», répond-il d'abord. Pour la générosité et la noblesse, qui valent mieux que «cette violence, cette volonté de faire mal» avec lesquelles Sartre a accueilli l'auteur de L'Homme révolté. Camus, encore, ajoute-t-il, pour sa lucidité devant la barbarie totalitaire. Sur le plan strictement philosophique, toutefois, BHL finit par choisir Sartre. Puisque, selon lui, «il n'y a pas d'antitotalitarisme possible sans un antinaturalisme puisé aux sources juives et chrétiennes et préservant, entre l'homme et le monde, une étrangeté définitive», il opte pour «les illuminations noires» de Sartre plutôt que pour «les orgies cosmiques» du Camus de L'Été.
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