Profil Gracq
29 décembre 2007
Livres
La maison natale de Louis Poirier, alias Julien Gracq, dans le quartier de la Gabelle à Saint-Florent-le-Vieil. Toute sa vie (1910-2007), le génial écrivain a fréquenté les livres plutôt que les gens. Photo: Guylaine Massoutre
«Pourquoi le sentiment s'est-il ancré en moi de bonne heure que, si le voyage seul — le voyage sans idée de retour — ouvre pour nous les portes et peut changer vraiment notre vie, un sortilège plus caché, qui s'apparente au maniement de la baguette de sourcier, se lie à la promenade entre toutes préférée, à l'excursion sans aventure et sans imprévu qui nous ramène en quelques heures à notre point d'attache, à la clôture de la maison familière?» Ainsi s'ouvre Les Eaux étroites, que Julien Gracq publia en 1976. L'écrivain s'est attaché tout au long de son oeuvre, initiée par Au château d'Argol en 1938, à rendre compte de ce romanesque de l'habitude, aux paysages et aux «excursions» aussi bien intérieurs qu'extérieurs qui se révèlent tout à fait imprévus et aventureux à force de sembler ne pas l'être.
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