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Il était une fois...

Louis Hamelin   22 décembre 2007  Livres
La nature est morte, vive la nature! Avec ou sans majuscule, elle a été remplacée par l'environnement. Un Indien des Plaines aurait déclaré à ce sujet: l'environnement, c'est ce qui reste quand on a détruit la nature. Plus récemment, l'environnement a lui-même été tassé par le développement durable. Il était devenu usé, jetable. Les humains restent jeunes plus longtemps, mais les mots, eux, vieillissent de plus en plus vite. Ce qui m'intéresse avec la nature, c'est qu'elle abrite toutes sortes de bestioles. Pas l'environnement. Sinon, la protection de la faune relèverait du ministère de l'Environnement... pardon, du Développement durable, et non de celui des Ressources naturelles. Je vais maintenant conter une petite histoire: l'histoire naturelle du castor. Le castor relève du ministère de la Voirie. Ça n'existe plus, je le sais bien.

Il était une fois le castor. La nature l'avait doté d'incisives à croissance continue. Il avait les dents longues, mais ce n'était pas sa faute. S'il n'avait pas passé son temps à gruger à gauche et à droite, il aurait vite connu une mort atroce, le palais perforé par les palettes du bas. Donc, il se fit rongeur. Il arrachait des grosses bouchées aux troncs des bouleaux et des trembles, cisaillait des branches, bâtissait cabane, érigeait des barrages. Le castor avait, comme on dit, un impact sur son environnement. Il provoquait des inondations, faisait mourir la forêt autour de sa maison. Certains l'accusaient même d'accélérer le réchauffement de la planète à cause de tout le CO2 que ces arbres morts et ces végétations noyées libéraient dans l'atmosphère. Ces reproches glissaient sur la fourrure mouillée du castor comme de l'eau sur le dos d'un cadavre. Il savait bien, lui, que s'il cessait de picosser, ne serait-ce qu'une semaine, ses jours se termineraient là. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il en était conscient. La conscience suppose un certain recul, et le castor n'avait pas de temps pour ça. Il avait son bouleau qui l'attendait. Il était sérieux, inquiet. Un bon travaillant, comme on dit au Canadian Tire. Rogner ses incisives, c'était sa vie.

Lorsque Dieu, se servant du même gros tas d'argile que pour le castor, s'attaqua à l'homme, il avait appris de son erreur et équipa la race humaine de 32 petites couronnes d'ivoire qui poussaient une fois pour toutes, de sorte que, moyennant un nettoyage annuel à 80 tomates, plus quarante pour l'examen et les radios, on pouvait considérer l'affaire comme réglée. Mais Dieu ne pouvait pas penser à tout. C'est le cerveau de l'homme qui se mit à pousser...

Posséder un cerveau plus gros ne représentait pas, dans l'immédiat, un danger mortel. La boîte crânienne suivait, donc la tête de l'Homo sapiens n'allait pas éclater du jour au lendemain. Mais à l'intérieur même de ce cerveau, et grandissant encore plus vite que lui, se développa le sous-produit que nous appelons aujourd'hui conscience. En reculant toujours plus les limites de la perception humaine, cette conscience ne fit pas mourir l'homme, mais lui joua un tour pire encore: elle le rendit conscient de sa fin inévitable. Il allait mourir, et était apparemment le seul animal de la création à être au courant. Alors l'homme se fit rongeur. Et comme les 32 osselets d'ivoire dont l'avait doté Dieu étaient fragiles, il inventa la hache, puis la tronçonneuse. Pas longtemps après, on le vit entrer chez Rona.

Pour oublier qu'il allait mourir, l'humain inventa ensuite la motoneige, l'écran à cristaux liquides, un truc appelé Hummer, et tout un tas d'autres bidules. Et tous ces objets, de la cafetière Braun au Evinrude 70 forces, eurent sur la conscience humaine le même effet apaisant qu'une bonne grosse mâchée de bouleau sur les dents du castor. C'est ainsi qu'à Homo sapiens succéda Homo picossus, l'homme inquiet. Le rogneur, mesdames et messieurs. Dans le champ de la conscience, il voit des clôtures à réparer.

Dans La Presse du mardi 11 décembre, Pierre Foglia écrivait que «toute l'activité de la société est tournée vers l'expansion illimitée. C'est le moteur du monde.» Et aussi que «parler d'écologie sans parler de réduction de la consommation est une plaisanterie». En le lisant, frappé encore une fois par cet art de n'être pratiquement jamais à côté de la plaque (au baseball, monsieur Fog ferait peur avec sa moyenne de .800 au bâton), je me suis rappelé que j'avais croisé le bon doc Mongeau au Salon du livre et qu'il m'avait vendu un opuscule ou deux. Ce ne sera pas manquer de respect aux morts, je crois, que de rappeler ici que Mongeau est l'auteur d'un des témoignages les plus pertinents et sensibles que nous possédions sur le sort des embastillés d'Octobre 70. Son éditeur était Jacques Hébert, lequel, président de la Ligue des droits de l'homme et bon ami de Trudeau, avait sur le sujet un tout autre livre en tête: les pénibles justifications de jésuite de Gérard Pelletier, réviseur de listes noires dans ses temps perdus. Hébert publia Mongeau et se dépêcha d'aller dire en entrevue que le livre de son auteur «ne valait pas de la marde». On pourra en juger en se procurant la très belle réédition de Kidnappé par la police aux Éditions Écosociété, qui présentent, en appendice, le dossier de cette controverse.

L'autre livre me ramène à mes castors et au moteur du monde selon Foglia. Il s'intitule Objecteurs de croissance et est né d'un colloque tenu en mai 2007. Qu'ont en commun les auteurs de ce collectif? Ils s'attaquent tous, avec des moyens intellectuels variés et un pouvoir de conviction tout aussi variable, au plus formidable fétiche du monde occidental: la croissance économique. Le texte de monsieur Yves-Marie Abraham, sur le «mythe fondateur de la rareté», est particulièrement utile pour quelqu'un qui, comme moi, met les pages économiques et l'horoscope dans le même sac. Abraham aborde la science économique par le biais de l'anthropologie et, en une passionnante interrogation sur la nature du désir, démonte sous nos yeux ce fameux moteur du monde. Ressources limitées, désirs illimités. Tel est le dilemme dans lequel nous a enfermés le supposé trait de génie de monsieur Adam Smith, un «choix culturel» qui nous a fait passer de l'économie de subsistance à une «quête de satisfaction de besoins illimités», faisant de nous des animaux «en état de désir permanent».

Tout le reste n'est pas du même intérêt, et il est arrivé que la vue de l'expression «croissance personnelle» me fasse sauter quelques pages. On tombe sur des formules faciles, comme «moins de biens, plus de liens», alors que la consommation, au contraire, est l'inlassable tisseuse de liens par excellence. Quelque part entre le boulevard Saint-Laurent et la tourtière, cet ouvrage pourrait fournir l'amorce d'une réflexion stimulante et nécessaire, ne serait-ce que pour commencer à en finir avec l'hypocrisie institutionnalisée du développement durable. Le texte qu'y signe Mongeau m'a rappelé, par son bon sens, sa chaleur, mais aussi l'apparente naïveté qui est le lot du questionneur radical, le brûlot publié par un certain Michel Jurdant, il y a un quart de siècle, dans Le Devoir. Ce qu'il décrivait, c'était le monde où je voulais vivre, en même temps qu'une liste d'épicerie politique complètement folle. Hier, à Montréal, j'ai marché sur des millions de tonnes de déchets recyclés en chaleur et en vapeurs de méthane recrachées dans le ciel d'hiver et j'ai constaté que l'homme qui avait fait de moi un écologiste était devenu une rue.

hamelinlo@sympatico.ca

***

Objecteurs de croissance

Collectif sous la direction de Serge Mongeau

Éditions Écosociété

Montréal, 2007, 139 pages

* voir au sujet du même livre l'article de Louis Cornellier en page F 6
***

Kidnappé par la police

Serge Mongeau

Éditions Écosociété

Montréal, 2001, 187 pages






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  • Fernand Trudel
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    samedi 22 décembre 2007 10h47
    La nature n'est pas morte
    « L'écosystème se regénère sans l'apport de l'homme. Allez voir une vieille route asphaltée mise à l'abandon une vingtaine d'année. Vous aurez de la misère à la reconnaitre tellement la végétation a repris ses droits. Entre tuer la nature et la respecter le discours est aux extrêmes. Mais on est pas à une alarme près avec ces activistes écolos.

    Respecter la nature et essayer de la conserver et faire le moins de dommage possible est un "must" auquel je souscris. Tuer la nature est le discours des activistes qui n'auront jamais fini d'en demander davantage quitte à recroqueviller l'homme sur lui-même. Car c'est à son existence même que s'attaquent ces supposés nobels de la paix...

    Pour atteindre leur objectif de revenir à l'âge de pierre et végétarien par surcroît, les adeptes de kyoto veulent contrôler l'accroissement de la population et fermer toutes entreprises qui font marcher l'économie et leur procure le comfort et les subventions pour s'alarmer.

    Ainsi Richard Desjardins a chanté «L'ERREUR BORÉALE» et nous nous retrouvons avec 12,000 chômeurs québécois. Merci, on en demandait pas tant !!!

    Les écolos trouvèrent le neck-plus-ultra pour remplacer le pétrole et fermer l'exploitation albertaine et terreneuvienne de pétrole par l'Éthanol. Ils n'avaient pas pensé aux coséquences de créer ainsi une rareté des céréales essentielles à la survie de l'homme, à l'inflation de son prix et du recul de la forêt pour agrandir les champs de maïs. Voyez-vous, ces alarmistes du climat prennent des mesures sur un coup de tête sans réfléchir. Ainsi la ministre Beauchamps construisit une belle usine d'éthanol déficitaire avec les millions qu'Ottawa lui a donné pour gérer l'environnement et développer son "plan vert québécois". Quelle bavure coûteuse mais c'est de l'argent du déséquilibre fiscal provenantr des profits du pétrole, c'est pas grave de gaspiller cet argent, eux gaspillent la nature. Quel esprit retord...

    Ensuite, les verts se sont mis à vouloir sauver les phoques et les ours polaires. Or, les phoques sont toujours aussi nombreux et détruisent les bancs de poissons dont ils se régalent privant ainsi les pêcheurs de prises suffisantes pour en vivre. Mais la Bardot, experte du dénuement, avait parlé et les verts ont suivi comme un troupeau aveuglés par une beauté sur son déclin... Il en est de même des ours polaires qui se sont déplacés vers l'ouest. Car, nos écolos n'ont pas appris que la terre tourne et que les pôles se déplacent. On préfère alarmer sur ces phénomènes que l'on contrôle pas et que l'on ne comprends pas encore. On préfère sauter vite aux conclusions. Dailleurs le GIEC publie les conclusions bien avant les études scientifique, le temps d'aligner et changer les études pour que les conclusions soient vérédiques. Quelle tricherie...

    Le CO2 est cet enveloppe qui nous permet d'exister sans que les variations de températures soient extrêmes. L'eau est la principale source et de façon majoritaire de CO2 m^peme si on pointe l'humain. Mais Gore ne sait pas ca, ni David Suzuki et encore moins Jean Lemire ou le théologien Guilbeault. Ce dernier est devenu subitement la référence en climathologie pour Environnement Canada et TVA...

    Vous savez à pareille date l'an dernier, il pleuvait et Environnement Canada qui s'était trompé de 16 degrés en 48 heures au lieu de s'excuser est venu nous dire que la norme serait la pluie en hiver. C'est drôle de se retrouver ensevelis sous la neige alors que l'hiver va commencer aujourd'hui. Se seraient ils trompés encore une fois ces supposés gourous du climat ??? Tout un réchauffement significatif...

    Pourtant des scientifiques chevronés du climat commence à gronder après la duperie du GIEC. Laissez moi vous en présenter quelques uns.

    Timothy Ball, docteur en climathologie,

    Jan Veizer, professeur en géophysique,

    Claude Allègre, ex-ministre de la recherche francaise, prix Crawford et médaille d'or du CNRS,

    Richard Lindzen, titulaire de la chaire Alfred Sloan de météorologie au MIT. Il a démissionné du GIEC en 2001, considérant que les comptes rendus de cet organisme ne reflétaient plus la réalité des connaissances scientifiques, au moins pour sa partie (la validité des modèles océan-atmosphère). Lindzen rappelle les mises à l'écart de Henk Tennekes (Pays-Bas), d'Aksel Winn-Nielsen (WMO-OMM), d'Alfonso Sutera et Antonio Speranza (Italie)... tous climatologues respectés mais tous coupables d'avoir émis de sérieux doutes sur le nouveau catéchisme du réchauffement. Et Richard Lindzen en rajoute: «L'alarmisme nourrit le discours des politiques, qui nourrissent en retour les alarmistes. Les fonds fédéraux alloués chaque année à la recherche climatologique aux États-Unis atteignent 1,7 milliard de dollars contre quelques centaines de millions voici 15 ans. Cette somme est un peu plus considérable que les mannes du fameux « lobby pétrolier ». Mais ces manoeuvres masquent des distorsions autrement plus graves du débat. "Les chercheurs qui refusent l'alarmisme voient leurs subventions disparaître, leur travail décrié et ils sont qualifiés de suppôts de l'industrie, de piètres scientifiques ou pire encore." Pas étonnant dans ces conditions que "les mensonges à propos du changement climatique gagnent en crédibilité alors même qu'ils contredisent de plein fouet la science qui est leur fondement supposé". Alors que les modèles alarmistes eux-mêmes prévoient une diminution de l'amplitude thermique tropiques-pôles et un surcroît d'humidité, on affirme sans sourciller que les tempêtes tropicales vont très probablement dévaster ce monde coupable dans les prochaines décennies. C'est-à-dire que l'on n'hésite même plus à se contredire entre les attendus et les conclusions, pourvu que ces dernières flattent le public dans le sens du poil hérissé par la catastrophe à venir.»

    Brigitte Van Vliet-Lanoë, glaciologue de renom.

    Le physicien danois Henrik Svensmark dirige depuis 2004 le groupe de recherche soleil-climat au sein du Centre national danois de l'espace (DNSC, Copenhague).

    Nicola Scafetta travaille au département de physique de l'Université de Duke. Il est spécialisé dans les modèles mathématiques stochastiques et non-linéaires d'analyse des phénomènes complexes. Avec son collègue Bruce J. West, il vient de publier en 2006 dans les Geophysical Research Letters une étude sur l'influence du rayonnement solaire sur le climat du XXe siècle.

    Professeur associé d'économie à l'Université de Guelph (Ontario, Canada), Ross McKitrick est à l'origine avec S. McIntyre de l'affaire de la crosse de hockey. Cette contestation technique des reconstructions du climat passé a récemment obtenu sa consécration scientifique par une publication dans les prestigieuses Geophysical Research Letters. Co-auteur avec le physicien Christopher Essex d'un livre sur les limites théoriques des modèles climatiques, Ross McKitrick revient ici sur cet épisode révélateur des méthodes employées par les alarmistes du climat.

    Climatalogue d'Etat (Alabama), John Christy est professeur de Science atmosphérique à l'Université de Huntsville, Alabama (UAH). Il y dirige également le Earth System Science Center. Avec son confrère Roy Spencer, John Christy gère l'une des deux bases de données internationales de mesure des températures de l'atmosphère.

    A la fin de l'année dernière, dans le sillage du dévastateur Katrina, plusieurs études posaient l'existence d'un lien entre réchauffement global et intensité des cyclones (voir notre synthèse à ce sujet). Si tel est le cas, l'intensité cyclonique aurait dû croître avec les températures au cours des vingt dernières années. Philip Klotzbach a refait les calculs... et ne trouve aucune tendance claire.

    L'Organisation météorologique mondiale (OMM-WMO), plus précisément son programme de recherche en météorologie tropicale, a été amenée en février 2006 à publier une mise au point importante sur les cyclones tropicaux à l'ère des changements climatiques. Elle est notamment covalidée par deux auteurs des articles récents (Greg Holland, Kerry Emanuel) et par Chris Landsea (WMO-CAS 2006). On peut y lire les points suivants :
    · « les connaissances actuelles et techniques disponibles ne permettent pas de donner des indications quantitatives robustes sur les changements potentiels de la fréquence des cyclones. Les rares preuves disponibles permettent d'anticiper un changement nul ou faible de cette fréquence » ;
    · « L'augmentation rapide des dommages économiques et des dégâts causés par les cyclones tropicaux a été due, dans une large mesure, à l'accroissement des populations côtières, la valeur assurantielle croissante des zones côtières et, peut-être, une sensibilité accrue des sociétés modernes aux dégâts d'infratructure » ;
    · « aucun impact unique lié aux événements cycloniques de 2004 et 2005 ne peut être associé directement au réchauffement global, bien qu'il puisse y en avoir un pour l'ensemble » ;
    · « la communauté des chercheurs est profondément divisée pour savoir si les résultats des études récentes [sur l'intensité des cyclones] sont dus, au moins en partie, aux problèmes de bases de données concernant les cyclones tropicaux »
    · « Bien que l'existence de larges oscillations multidécennales dans les cyclones tropicaux de l'Atlantique soit généralement bien acceptée, certains scientifiques pensent qu'il y a néanmoins une tendance émergente vers des cyclones plus intenses. C'est un sujet chaudement débattu pour lequel on ne peut donner aucune conclusion définitive ».


    Pourtant le film choc d'Al Gore en faitr tout un plat...

    Vous ne connaissez pas Nir Shaviv ? C'est peu surprenant. Ce jeune chercheur israélien de 35 ans, travaillant à l'Université de Jérusalem, conteste la théorie du réchauffement anthropique et suggère d'approfondir l'influence du rayonnement cosmique dans la variabilité de notre climat. Une hypothèse évidemment sacrilège à l'âge du carbocentrisme triomphant. Initialement convaincu de l'influence prépondérante du CO2 dans le réchauffement climatique actuel, Nir Shaviv a repris les arguments du GIEC. En constatant d'abord que, contrairement à l'idée universellement répandue, l'hypothèse anthropogénique restait une suggestion, commode certes, mais non une évidence. Ensuite, en se fondant toujours sur les publications de cet organisme, Nir Shaviv constate que l'on ne connaît ni l'amplitude des forçages anthropiques et de leurs rétroactions (tous mécanismes confondus), ni même son signe (± 0,8 W/m2) ! Concernant la relation entre la teneur en CO2 de l'atmosphère et la température, la simple comparaison de la courbe de croissance régulière du CO2 de l'atmosphère avec celle des températures permet d'émettre un doute sérieux sur la solidité de la corrélation. Nir Shaviv devient alors sceptique. Le CO2 aurait-il choisi comme premier facteur causal du réchauffement parce que c'était le seul candidat connu ? Les conclusions de ses travaux sont précises : il indique qu'au cours du siècle écoulé, la variation du rayonnement cosmique reçu par la Terre a contribué à une élévation de température de 0,47 ±0,19 °K, le reste pouvant être attribué à des causes anthropiques. (Rappelons que la variation totale constatée sur le siècle est de 0,6 ± 0,2 °K). Autrement dit, l'influence des différents gaz à effet de serre d'origine anthropique sur la température du globe terrestre paraît minime par rapport à celle du couplage rayonnement solaire / rayonnement cosmique.

    Nir Shaviv explique les variations observées au cours des dernières années par les variations de l'activité solaire : le vent solaire résultant de cette activité module le flux du rayonnement cosmique qui influence à son tour l'ionisation troposphérique. Il a publié ses conclusions dans un article du Journal of Geophysical Research (Shaviv 2005).
    L'armada du GIEC donne l'artillerie lourde

    Naturellement, la remise en cause de l'influence prépondérante du CO2 d'origine anthropique sur la température lui a valu les foudres de plusieurs représentants « orthodoxes » de la communauté scientifique. Stefan Rahmstorf ( Potsdam Institute for Climate Impact Research, Allemagne), connu pour son militantisme « anthropogénique », a réuni 10 autres chercheurs membre du GIEC et publié sous leur signature commune un démenti abondant aux allégations de Shaviv. L'affaire était sérieuse, car les arguments paraissaient convaincants.

    L'armada du GIEC a donc fait donner l'artillerie lourde...

    Nir Shaviv a repris un à un les arguments de Stephan Rahmstorf et les a retournés calmement contre ses détracteurs, relevant au passage qu'ils ne sont pas vraiment spécialistes des domaines dont ils discutent.

    Un autre détracteur, qualifié par Shaviv lui-même de « plus scientifique » (c'est-à-dire peut-être moins politique), Dana L. Royer (Department of Geosciences and Institutes of the Environment, Pennsylvania State University), a lui aussi contesté les conclusions de Nir Shaviv, en introduisant un nouveau facteur correctif dans l'argumentation « officielle » sur le lien CO2 - paléoclimat : la diminution du pH de l'eau de mer induite par la teneur atmosphérique en CO2 rendrait la courbe dite GEOCARB III, représentant la teneur en CO2 de l'atmosphère, plus conforme à l'évolution des températures de la période du Phanérozoïque. Nouveau débat technique. Nir Shaviv montre que la correction apportée par Royer et al. ne tient pas compte de l'effet de la formation d'importantes quantités de glaces de mer durant certaines périodes du Phanérozoïque. De plus, pour être applicables, ces corrections supposent une température de l'eau élevée, incompatible avec les périodes de glaciation.

    Nir Shaviv a donc répliqué à chacun de ses critiques et campe fermement sur ses positions. On ne peut qu'admirer ici la détermination de ce jeune chercheur qui n'hésite pas à se fermer sans doute durablement les portes des revues scientifiques les plus en vue pour défendre ce qu'il croit être - et il a de solides raisons pour le croire - la vérité scientifique.

    J'ai hâte d'avoir les arguments scientifiques de certains alarmistes qui me conspuent souvent sans avancer aucune preuve scientifique. Le GIEC n'est pas la bible et l'environnement n'est pas une religion. Permettez-moi d'être sceptique, c'est comme ca que la science progresse... »

  • Michel Leclaire
    Abonné
    samedi 22 décembre 2007 19h26
    Et les mathématiques?
    « @Fernand Trudel
    toute l'activité de la société est tournée vers l'expansion illimitée alors que les ressources, elles, le sont.L'accroissement de la population,de la concentration de la richesse entre les main de moins en moins de gens, donc de la pauvreté,cela ,vous n'en tenez pas compte? Vous devriez lire d'Edgard Morin ''Introduction à la pensée complexe'' et prendre en considération la théorie systémique.

    Avec tout le respect que je vous dois,je pense que vous cherchez le bonheur la ou il ne se trouve pas »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    dimanche 23 décembre 2007 11h34
    @Michel Leclaire
    « Entre être sceptique des causes humaines du réchauffement et l'équité dans le monde, il y a un monde.

    Pour votre information, voici un article paru dans le devoir et dont je partage cette façon de voir les choses...

    Changements climatiques et bouleversements des structures économiques - Où est passée notre capacité d'adaptation?
    Steve Déry, Professeur adjoint au département de géographie de l'Université Laval - Le Devoir 17 janvier 07

    Le 4 janvier dernier, Le Devoir nous a souhaité une bonne année 2007 en titrant à la une: «Le réchauffement est irréversible» et, sur la page titre du cahier B du même jour: «Fini, les horaires fixes chez Wal-Mart».

    Qu'ont en commun ces deux nouvelles, ainsi que plusieurs autres qui nous déstabilisent régulièrement, en ce qui concerne tant les changements climatiques que les transformations de l'économie mondiale? Elles montrent qu'un trait fondamental de l'histoire de l'humanité a été laissé de côté dans toutes les réflexions portant sur ces sujets aussi diversifiés mais qui concernent tous les relations entre les humains et leur environnement. Il s'agit de la capacité d'adaptation des humains.

    Une histoire d'adaptation

    Historiquement et surtout pré-historiquement, les humains se sont continuellement adaptés, avec plus ou moins de succès, aux soubresauts climatiques d'une part et «économiques» d'autre part, à tout le moins suffisamment pour permettre à l'humanité de poursuivre son évolution vers ce que nous sommes devenus.

    Pour ce faire, ils ont utilisé certes leur intelligence pour innover, pour mieux utiliser et mieux comprendre leur environnement, mais aussi, plus pragmatiquement, ils ont utilisé... leurs pieds. Pour se déplacer vers des contrées moins arides, moins froides, plus propices aux systèmes de production des diverses époques: chasse, cueillette, formes variées d'agriculture, etc. Tout cela au gré des saisons, des époques, des ères.

    Ce qu'on ne souligne peut-être pas suffisamment toutefois (en fait, pas du tout), c'est le carcan, en fait les carcans dans lesquels l'humanité s'est graduellement empêtrée au cours des 2000 dernières années d'histoire, avec une accélération notable au cours des 200 dernières années, depuis la révolution industrielle: des carcans démographiques, politiques, économiques, et même, depuis 1872, année de la création du premier parc national dans le monde (Yellowstone), des carcans écologiques.

    Construits graduellement, plus ou moins rapidement selon les cas et selon les époques, pour le pire mais aussi pour le meilleur, ces cadres plus ou moins figés réduisent aujourd'hui considérablement notre capacité de bouger, de nous adapter aux transformations auxquelles nous faisons face ou aurons à faire face au cours des prochaines décennies.

    Carcan démographique

    La Terre n'a jamais été si peuplée d'humains de son histoire: près de sept milliards de personnes. Au moins deux autres milliards d'individus devraient s'ajouter d'ici 2050. Certaines régions du globe comptent plus de 800 habitants au kilomètre carré en zone rurale (delta du fleuve Rouge, Java, Bangladesh). Les terres les plus favorables à l'agriculture sont dans l'ensemble assez bien occupées. Il apparaît donc de plus en plus difficile de migrer au gré des saisons, des variations climatiques, des hausses du niveau de la mer, d'autant plus que...

    Carcan politique

    D'autant plus que les humains ont créé des structures politiques, des frontières, qui limitent ces déplacements, le découpage de l'ensemble de la planète ayant été terminé lors de la Conférence de Berlin en 1884-85, consacrant à l'époque le découpage colonial de l'Afrique.

    Le fait de découper la planète de cette manière n'a pas été remis en question depuis. Et pour en illustrer les conséquences, un seul exemple parmi plusieurs qui pourraient être donnés: les pasteurs nomades de la zone sahélienne en Afrique qui migraient traditionnellement en fonction de la répartition des pluies se sont retrouvés coincés plus au nord (près du Sahara), dans une zone dont l'aridité a graduellement augmenté au cours du XXe siècle, d'une part par la présence de nouveaux paysans sédentaires sur les terres plus au sud, d'autre part par les nouvelles frontières créées arbitrairement entre les puissances coloniales de l'époque, découpages qui ont perduré et se sont même multipliés après la décolonisation.

    Carcan économique

    Ces découpages, les tenants de l'orthodoxie néolibérale tentent depuis la Deuxième Guerre mondiale d'en réduire la portée. Mais paradoxalement, alors que sur le plan économique on parle davantage de libéralisation des échanges et d'ouverture des frontières, la situation n'apparaît pas aussi «ouverte» pour les populations locales.

    Le résultat de ces mesures d'ouverture dépend du système qu'on observe. Pour l'entreprise qui cherche à augmenter sa capacité d'action et d'adaptation, ce genre de libéralisation est tout à fait bienvenu. Pour les communautés locales, les employés, etc., la partie est tout autre. Leur capacité d'adaptation est considérablement réduite. Les nouvelles portant sur Wal-Mart et les horaires variables ou sur la fermeture d'une imprimerie appartenant à Quebecor, en Beauce, en sont des exemples. La crise forestière en est un autre. Selon le texte «La nouvelle loi sur les forêts: un indécent cadeau de Noël!», paru dans Le Devoir des 16 et 17 décembre 2006, la décision du gouvernement Charest de légiférer avant les Fêtes permet aux entreprises une gestion mieux adaptée, sans contrainte territoriale, mais réduit de façon draconienne les possibilités des communautés locales et des employés de ces entreprises.

    La question du tourisme hivernal est un autre exemple, même si elle apparaît aujourd'hui moins criante (il a neigé au cours des derniers jours) qu'au début de janvier (alors qu'il n'y avait presque pas de neige).

    C'est le même problème qui se pose: le danger de spécialiser des régions à outrance, de les rendre dépendantes d'entreprises qu'on a soulagées du carcan territorial pour les rendre plus compétitives. Les régions, elles, ne le sont plus et deviennent en péril lorsque surviennent des pépins d'ordre économique, politique, climatique, etc.

    Dans le dossier du mont Orford, la même logique s'applique: le gouvernement Charest est en train d'encarcaner le site pour les prochaines décennies alors que les scientifiques se posent judicieusement la question de savoir s'il y aura suffisamment de neige pour faire vivre décemment une station de ski dans 20 ou 30 ans. Comment les communautés locales pourront-elles s'adapter?

    L'humanité empêtrée

    Certes, ce carcan, ce n'est pas l'entièreté de l'humanité qui en est responsable. Il ne faut pas s'éloigner des racines des problèmes. Le livre Comment les riches détruisent la planète d'Hervé Kempf, qui paraîtra bientôt au Québec et dont Louis-Gilles Francoeur a aussi rendu compte à la une du Devoir («Les riches au banc des accusés», les 6 et 7 janvier 2006), en témoigne justement. Ces idées rejoignent d'ailleurs celles développées par le fondateur de l'écologie sociale, Murray Bookchin, décédé l'été dernier.

    Selon lui, c'est dans les inégalités sociales qu'il faut chercher la cause des problèmes écologiques actuels (Murray Bookchin, Une société à refaire - Vers une écologie de la liberté, 1993, Montréal, Écosociété).

    Travailler à réduire nos émissions de gaz à effet de serre, à réduire la pollution et la dégradation de notre planète, à protéger certaines portions du territoire est important, c'est un travail de tous les jours, et chacune de nos actions personnelles compte comme chaque goutte pour la mer. Mais le véritable défi des prochaines décennies est plutôt de retrouver cette capacité d'adaptation des populations, capacité que nous avons en partie perdue. Et ici, les innovations techniques et technologiques ne suffiront pas.

    Cette capacité de s'adapter et de changer les choses passe d'une part par une meilleure connaissance des carcans qui ont été construits, en particulier ceux qui figent les inégalités sociales, afin de trouver des solutions pour en sortir, et d'autre part par une meilleure connaissance des transformations en cours, qui touchent tant le milieu physique que le milieu humain de la planète.

    Ce défi, ils sont déjà nombreux à le relever, en particulier chez les géographes. Il est de notre responsabilité de servir de courroie de transmission entre le savoir et les citoyens pour permettre de faire des choix éclairés et demander des comptes à nos gouvernements lorsqu'ils font passer leurs intérêts politiques personnels avant les intérêts collectifs.

    -------------------------------------------------------------

    Ce que je déplore est ce battage médiatique climatique qui tente de nous pointer comme coupable alors que le système solaire est affecté au complet par ce cycle de réchauffement. La principale préoccupation des humains devrait être le partage des richesses et l'élargissement de l'accès aux sources d'eau potable. Mais on a décidé de s'attaquer aux sources de notre richesse économique. L'exploitation récente des sables bitumineux de l'Alberta et celle des réserves sousmarines "off shore" au large de Terre-Neuve sont à la base du transfert du déséquilibre fiscal et de l'arrivée soudaine de 2,3 milliards au Québec. S'attaquer au système économique sans alternative crée des pauvres inutilement. Les écolos se sont attaqué à la foret et nous avons 12,000 chômeurs forestiers. Voilà comment on détruit notre richesse économique avec une poignée d'actrivistes. C'est loin du partage des richesse cette attitude de nos alarmistes, nos pleureurs nationaux. Pourtant le parti vert ne récolte que 6 % du suffrage...

    Je partage aussi cette conception de l'UNICEF sur l'entente de Copenhagen mais je déplore le discours d'Al Gore et compagnie.
    http://www.copenhagenconsensus.com/Default.aspx?ID=796 »

  • François Béland
    Abonné
    dimanche 23 décembre 2007 11h54
    francois.beland@umontreal.ca
    « Très intelligent! Qu'y a-t-il de si nouveau, sauf le vocabulaire? Remplacez dans la phrase qui suit «accroître leur espèce» par «désirs illimités» et «ressources de nourriture dont ils peuvent disposer» par «ressources limitées» et vous vous retrouvez au 18ième siècle avec Malthus!:

    «La cause à laquelle je viens de faire allusion est la tendance constante de tous les êtres vivants à accroître leur espèce au-delà des ressources de nourriture dont ils
    peuvent disposer.» Malthus, Essai sur le principe de population, 1798. »

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