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En bref - Livres

Le Devoir   8 décembre 2007  Livres
Nouvelle-France et vampires

Le deuxième concours québécois de bande dessinée, organisé par la librairie Monet, a désormais sa lauréate.

Avec Mémoires d'un Métys (Monet éditeur), la jeune Jessica Samson-Tshimbalanga, 21 ans, fait son entrée par la grande porte dans le monde du 9e art, un an après Zviane et son Point B, première lauréate de ce prix. En 70 pages, la jeune auteure propose ici un voyage en Nouvelle-France au temps des... vampires. Livré avec un coup de crayon amusant fortement inspiré par sa consommation de manga, les bédés japonaises, le scénario nous plonge dans la vie quotidienne de Mikaël, un «humain qui a lié son âme à un être des ténèbres» pour devenir immortel. Jeune, fraîche et parfois torturée, l'oeuvre rapporte à son auteure une bourse de 1000 $ ainsi que la publication de ce premier essai, qui attend désormais d'être transformé.

A comme dans alphabet

Ce sont 26 petits signes qui peuvent dire à eux seuls l'histoire de l'humanité, 26 lettres que l'on apprend enfant pour ne plus jamais les oublier par la suite. Elles ont du mérite, ces lettres de l'alphabet romain, et David Sacks leur rend hommage en publiant Une histoire de l'alphabet. La vie secrète des lettres de A à Z, qui vient d'être traduit en français aux Éditions de l'Homme. Chaque lettre de l'alphabet y est décortiquée; on y fouille son histoire, sa connotation, l'usage qu'on en fait. Grand premier, et pouvant symboliser toutes les autres lettres, le A marque la supériorité, l'excellence. On dit D comme dans devoir et dévouement. Et pendant la guerre de Sécession, aux États-Unis, l'armée de l'Union marquait au fer rouge un D sur la joue, la hanche ou le postérieur de tout soldat qui tentait de déserter. F comme dans f..., en anglais, a longtemps comporté une connotation osée. Certaines lettres, comme le M primordial de maman, font partie de l'alphabet depuis toujours. D'autres ont été ajoutées au fil des siècles, et la place de chacune a considérablement bougé au fil du temps. On a ici affaire à une traduction de l'anglais, c'est donc une langue qui est abondamment citée dans l'ouvrage, notamment dans les exemples choisis. Mais Une histoire de l'alphabet reste un ouvrage original, à la fois instructif et amusant, qui séduira les amoureux de la langue et des mots.

L'horreur-réalité

Après son impressionnante somme Le Dictionnaire du corps (PUF), la philosophe italienne Michela Marzano s'attaque à un sujet brûlant d'actualité, dans une petite plaquette intitulée La Mort spectacle (Gallimard). La spécialiste des questions du corps offre ici un portrait critique du monde vertigineux de la mise à mort offerte en spectacle sur Internet. Elle retrace d'abord la jeune histoire de cette pratique, de ses origines puisées dans les snuff movies à la retentissante pendaison de Saddam Hussein captée en direct par téléphone cellulaire et retransmise à la planète entière via le Web. Elle s'interroge ensuite sur ces pratiques qui tendent à banaliser la mort et à confondre réalité et fiction. «La circulation de ces vidéos à la limite de l'insoutenable a pour résultat d'installer progressivement chez le spectateur une forme d'insensibilité et d'indifférence à l'égard de la souffrance d'autrui, écrit-elle. Si bien que le but ultime aura été atteint: effacer, avec la complicité même des Occidentaux, toute forme de civilisation.»

Un livre d'artiste de Gilles Carle

Un livre d'artiste à tirage limité, comportant une douzaine de dessins érotiques signés Gilles Carle, entre 1998 et 1999, a été mis en vente cette semaine sous le titre Variations sur un t'aime. Cette production artistique provient d'une époque particulièrement active pour le cinéaste de 78 ans, sous l'effet de la dopamine pour combattre la maladie de Parkinson, qui le cloue désormais à un fauteuil roulant. Les oeuvres de Carle qui ont inspiré le livre sont également exposées à la galerie MX, à Montréal, jusqu'à mardi prochain. L'oeuvre picturale de Gilles Carle, si elle est toujours restée privée, est beaucoup plus imposante que ce qu'on en connaît, témoigne la chanteuse Chloé Sainte-Marie, sa compagne depuis plusieurs décennies. Chloé Sainte-Marie espère d'ailleurs organiser une exposition plus imposante de la production picturale de Carle l'an prochain. Variations sur un t'aime propose également des textes de l'historien d'art François-Marc Gagnon, du cinéaste Charles Binamé, de l'écrivain Bruno Roy et de l'historien Jacques Lacoursière. La vente de ce livre d'artiste devrait aider au financement de deux ans de soins supplémentaires pour Gilles Carle, qui demeure chez lui grâce au soutien constant de deux préposés.
 
 
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