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Essais québécois - Le féminisme et moi

Louis Cornellier   1 décembre 2007  Livres
D'après vous, à qui me suis-je identifié le soir du 6 décembre 1989, triste date du massacre de 14 étudiantes de l'École polytechnique par Marc Lépine? Aux victimes, bien sûr, à ces jeunes femmes qui auraient pu être mes collègues, mes soeurs, mes amies, mes amoureuses, et même... moi. Le lendemain, à l'UQAM, où j'étudiais, des affiches de groupes féministes placardées à la hâte me disaient que je ne pouvais pas, que j'étais dans l'autre camp. Ce dogmatisme, à l'époque, m'avait levé le coeur. Je me voulais, en mon âme et conscience, du côté des innocentes victimes et on me rangeait, de force, par effet de système, dans le camp des bourreaux potentiels. Peu de temps après, j'ai lu le Manifeste d'un salaud, de Roch Côté, comme une libération. Le féminisme radical avait eu raison de ma bonne foi.
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  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 1 décembre 2007 16h19
    Un parcours inéluctable
    Le féminisme des années 1970 et 1980 ne pouvait être que radical. Les femmes partaient de si loin qu'elles ont dû poser tous les hommes comme des ennemis réels ou potentiels, excluant ainsi de très nombreuses sympathies masculines. Et à combattre un ennemi, on finit par lui ressembler. Ce féminisme a battu de l'aile lorsque les femmes dites émancipées ont constaté que le fait de ressembler aux hommes n'avait d'autres attraits que la participation au pouvoir de ces derniers.
    « J'ai toujours su, toutefois, par mon expérience intime, familiale et sociale, que le fait d'être un homme ne s'accompagne pas nécessairement du fait d'être violent », écrit Cornellier, posant ainsi une question fondamentale : Est-il de la nature, de l'essence des hommes d'être violents ou le deviennent-ils parce que la société leur impose ce modèle, nommé machisme ? J'opte pour la seconde hypothèse. Les hommes souffrent autant à paraître de vrais hommes que les femmes à ne pas paraître des vraies femmes.
    Roland Berger
    London, Ontario

  • Sandrine Ricci
    Abonné
    mardi 11 décembre 2007 20h18
    Avec des pro-féministes comme vous, pas besoin d'antiféministes
    Monsieur Cornellier,
    Que vous n'accordiez pas aux femmes atterrées par les meurtres de 14 consoeurs, des femmes universitaires, votre compassion, elles qui "placardèrent" "à la hâte" des affichettes dans un effort de conférer du sens à cette tragédie, passe encore. Mais écrire que vous auriez pu faire partie des victimes ciblées par Marc Lépine, confirme le caractère éminemment dépolitisé et narcissique de votre analyse. Je vous invite à lire "Marc Lépine, héros et martyr ?", un texte signé Mélissa Blais pour en savoir plus sur votre lecture individualiste à la sauce "je, me, moi". http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2827
    On imagine sans difficulté que vous n'avez pu vous en extirper pour appréhender les théories de Dworkin.

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