Essais québécois - Le féminisme et moi
D'après vous, à qui me suis-je identifié le soir du 6 décembre 1989, triste date du massacre de 14 étudiantes de l'École polytechnique par Marc Lépine? Aux victimes, bien sûr, à ces jeunes femmes qui auraient pu être mes collègues, mes soeurs, mes amies, mes amoureuses, et même... moi. Le lendemain, à l'UQAM, où j'étudiais, des affiches de groupes féministes placardées à la hâte me disaient que je ne pouvais pas, que j'étais dans l'autre camp. Ce dogmatisme, à l'époque, m'avait levé le coeur. Je me voulais, en mon âme et conscience, du côté des innocentes victimes et on me rangeait, de force, par effet de système, dans le camp des bourreaux potentiels. Peu de temps après, j'ai lu le Manifeste d'un salaud, de Roch Côté, comme une libération. Le féminisme radical avait eu raison de ma bonne foi.
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