Gérin-Lajoie, premier violon
Je suis un homme qui écoute la radio. Je me tiens loin de CKOI-FM et de tous ses dérivés sans lesquels tant de beaux-frères dans l'âme et de vedettes de partys de mononcles se retrouveraient au chômage. Je suis un fidèle de la grande tour, un oralien, un radio-canadien. Aussi bien dire que les séries qui rendent «hommage à», plus capable... comme dirait l'autre. Reggiani, passe encore, mais le Souchon, puis ce Plamondon lancinant et pénible! Dans mon auto, l'autre soir sur la 40, j'ai attrapé la fin du dernier épisode de la série sur Lévesque. À un moment donné, on a annoncé la prochaine enfilade d'intervenants, empilant les noms comme le prof de jadis «prenait les présences» à la petite école. Une douzaine de voix ont ensuite défilé en rafale, chacune son petit tour, couvrant tout le spectre qui va de Claude Charron à Jacques Godbout. Une succession de couplets de circonstance bien huilés, comme si l'idée avait été de noyer la vérité du personnage dans la diversité des opinions. L'enflure de ce besoin de se célébrer en choeur à travers l'autre est inversement proportionnelle à la marche sur les oeufs de l'esprit critique québécois.
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