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Charles Taylor: vivre dans une ère laïque?

Antoine Robitaille   20 octobre 2007  Livres
A Secular Age («Une ère laïque»), dont l'auteur est nul autre que le coprésident de la Commission sur les accommodements raisonnables, Charles Taylor, est au nombre des best-sellers dans le monde anglo-saxon. À quoi s'attaque ce gros livre très dense?

Le 8 février 2007, lorsque Jean Charest a annoncé la création de la commission Bouchard-Taylor, un journaliste (votre humble serviteur, en fait) avait posé une colle au premier ministre: «Un de vos deux commissaires, Charles Taylor, est un spécialiste de la "sécularisation" des sociétés modernes. Certains disent que si ce débat [sur les accommodements] a pris une telle ampleur, c'est parce que la société québécoise se déchristianise actuellement à un rythme accéléré et, au moment même où elle se déchristianise, il y a des demandes d'accommodements [d'autres groupes religieux]. Est-ce que vous croyez que l'inquiétude des Québécois [à l'égard des accommodements] vient d'un tel phénomène?»

M. Charest avait eu l'air sonné et s'était réfugié dans le persiflage, comme c'est son habitude en pareilles circonstances: «C'est une bonne question pour la commission. Moi, je vais donner votre nom, votre adresse, votre adresse courriel; mettez-vous en lien avec eux.» Se ressaisissant, M. Charest lança ensuite un «je vais être plus sérieux». Puis, il avait bricolé une réponse sur le christianisme, qui «fait partie de l'histoire de notre société». En même temps, «on vit dans une société dynamique qui évolue. [...] Ce n'est pas vrai qu'on est figés», avait-il insisté. «Nos principes et nos valeurs, ça ne se vit pas dans un vacuum, là, ça évolue dans le temps dans la mesure où la société elle-même change et se transforme, d'où le questionnement que nous voulons entreprendre dans un cadre qui va nous permettre vraiment, là, d'avoir un bon dialogue [...] et cette question-là, celle que vous posez, sera sans doute abordée.»

Sans le savoir, M. Charest avait évoqué là plusieurs des thèmes du dernier livre du commissaire Taylor, A Secular Age, paru fin septembre chez Harvard University Press. Un gros livre, complexe, touffu, érudit, bourré de nuances et de distinguo, auquel le philosophe a consacré une quinzaine d'années. La tâche qu'il s'est donnée semble titanesque: expliquer comment, en Occident, nous sommes passés d'une époque, en 1500, où il était impossible de ne pas croire en Dieu, à une autre, l'an 2000, où croire en Dieu est devenu une option parmi d'autres, ce qui est l'essence de la «sécularisation», selon lui.

Peu de cas

Au Québec, malgré la commission Bouchard-Taylor, on a fait peu de cas de l'ouvrage jusqu'à maintenant (il y eut une interview tout au plus sur le livre, à Desautels, à la Première Chaîne de Radio-Canada, avec la théologienne Solange Lefebvre). Peut-être parce que Charles Taylor lui-même a répété à maintes reprises que le sujet de son livre, malgré les apparences, avait peu à voir avec la question des accommodements raisonnables.

Dans l'anglophonie toutefois, le dernier opus de Charles Taylor — qui a remporté ce printemps le prix Templeton (1,5 million de dollars) pour le «progrès des recherches et des découvertes au sujet des phénomènes relevant de la spiritualité» — a fait grand bruit. Il est déjà inscrit sur les listes de best-sellers au Canada anglais (7e dans le McLean's).

Dans l'anglophonie, il faut le dire, le débat est vif au sujet de la religion. Non seulement y a-t-il eu, en Ontario, ce débat électoral autour du financement des écoles religieuses, en plus, deux livres parus récemment ont mis le feu aux poudres: «God Is Not Great: How Religion Poisons Everything, de Christopher Hitchens (Twelve/Hachette Book), et The God Delusion (Bantam Press), de l'auteur du Selfish Gene, Richard Dawkins.

La redécouverte de la spiritualité

Lorenzo DiTommaso, professeur de théologie à l'université Concordia, écrivait toutefois récemment dans The Gazette que les lecteurs qui auraient voulu trouver dans A Secular Age des éléments pour répondre à Hitchens et Dawkin seront déçus. Selon lui, le livre de Taylor «est un essai sur la redécouverte de la spiritualité et non pas une apologie de la religion». Le fait que Taylor soit catholique pratiquant et ancien proche de Jean-Paul II ne change rien à l'affaire, soutient DiTommaso. «Alors que Hitchens et compagnie soutiennent que la religion et la croyance religieuse sont des phénomènes toxiques, Taylor avance, lui, que les perspectives spirituelles sont nécessaires lorsqu'on tente d'expliquer et de résoudre le choc entre les nations, les religions et les cultures.»

Chose certaine, le succès d'A Secular Age dans les palmarès n'est certainement pas dû au fait que la lecture en est aisée, comme le faisait remarquer l'historien des religions Don Akenson le 6 octobre, dans sa recension «mi-chair mi-poisson» du livre dans le Globe and Mail. The Economist, pour sa part, a été agacé par le style de M. Taylor, parlant d'une prose particulière, un mélange «d'expressions familières» et de «jargon de colloque» redéfini par Taylor.

Un monde laïque?

La seconde phrase du livre peut surprendre: «Tous ou presque conviennent que nous vivons dans une ère "séculière".» Vraiment? Pourtant, la religion, surtout depuis le 11 septembre 2001, semble faire un retour en force dans les affaires du monde. Et comme le fait remarquer Akenson, le Moyen-Orient est actuellement bouleversé par des conflits religieux. «L'ensemble du continent africain est le théâtre de concurrences religieuses intenses; le sous-continent indien est plongé dans un tourbillon de croyances; les État-Unis ont un des taux les plus élevés de pratique religieuse.» Akenson aurait pu ajouter: le choc entre Benoît XVI et des islamistes; la multiplication des actes terroristes à motivation religieuse; le succès de mouvements charismatiques américains en Amérique latine, etc. Nombre de conflits contemporains, aussi, ont des aspects clairement religieux. Cela tranche avec le passé récent: pendant la Deuxième Guerre mondiale et la guerre froide, les religions ont joué un rôle, mais certainement pas aussi prééminent que celui qu'elles jouent dans les luttes actuelles.

En interview au Devoir en septembre 2006, Taylor avait admis que «la notion de sécularisation est plus problématique qu'avant 2001». À l'époque, il évoquait même la possibilité d'ajouter un point d'interrogation à son titre. Une bonne partie du livre approfondit les thèses exposées dans une conférence Gifford prononcée à Édimbourg en 1999. (Et qui avait donné lieu, en 2003, à la publication d'un petit ouvrage traduit en français chez Bellarmin: La Diversité de l'expérience religieuse aujourd'hui.)

Malgré tout, en 2006, Charles Taylor avait insisté pour dire que «les formules du type "retour de la religion" nous empêchent de voir ce qui est neuf et très menaçant dans ces phénomènes». Les fondamentalistes redéfinissent les grandes religions sur le rejet de la modernité. Taylor, lui, tente plutôt de démontrer que la modernité s'est développée au moins en partie avec la religion, à partir d'elle et non pas uniquement contre elle, que les deux ne sont pas forcément antithétiques. Il évoque par exemple le fait que la religion a induit une «discipline», sorte de cohérence de la pensée, dans la modernité.

La sécularisation n'est pas non plus, plaide Taylor, le fait du seul progrès de la science. Il y a bien un désenchantement du monde, pour reprendre la formule de Marcel Gauchet (qui a actualisé les thèses de Max Weber), formule qu'utilise Taylor. Mais ce dernier soutient qu'il ne voit pas le «bien-fondé des prétendus arguments» selon lesquels les gens auraient abandonné leur foi après avoir pris connaissance des «découvertes de Darwin», par exemple.

Définitions

Au fait, que signifie «vivre dans une ère séculière ou laïque», outre le fait que la religion n'est plus qu'une option parmi d'autres? Taylor met en relief deux autres aspects de la sécularisation. L'État moderne ne repose plus sur un lien avec l'au-delà. Les pratiques religieuses chutent, les Églises se vident (et, de plus en plus souvent, sont démolies: seulement sur la Grande-Allée à Québec, on démolira bientôt la chapelle des franciscains et le monastère des dominicains... ).

Taylor rappelle du reste le paradoxe américain: une des premières sociétés à avoir séparé l'Église et l'État, les États-Unis en Occident sont l'endroit qui comporte les statistiques les plus fortes en matière de croyances et de pratiques religieuses. (D'ailleurs, c'est aux États-Unis, dans le Washington Times plus précisément, qu'est venue une des interprétations les plus hardies du livre. La chroniqueuse Suzanne Fields, le 1er octobre dernier, écrivait qu'A Secular Age est l'un des livres les «plus provocants» sur le sujet de la croyance religieuse dans l'ère moderne. Certes, Taylor reconnaît que l'esprit religieux n'est plus combiné à la politique comme au XVIe siècle, mais le «désir d'éternité» permet encore d'échapper au nihilisme de Nietzsche, qui a dit «Dieu est mort». Selon elle, l'existence de plusieurs religions aux États-Unis permet aux Américains de pratiquer la tolérance, ce qui «donne de la force à la démocratie» américaine. C'est aussi cette pratique religieuse qui a permis aux Américains de rejeter les idéologies messianiques, ces ersatz de religions au XXe siècle, comme le communisme.)

Au reste, Taylor axe son étude sur les «contextes de la croyance» et insiste pour distinguer entre plusieurs modernités. Il n'y a pas que le chemin occidental vers la modernité. Le philosophe présente comme un facteur clé la naissance d'un nouveau type d'humanisme, développé avec la laïcité. Il l'évoque lorsqu'il expose son projet: «J'aimerais démontrer dans ce livre que le développement de la "laïcité" moderne, à mon sens, coïncide avec l'avènement d'une société dans laquelle, pour la première fois dans l'histoire, un humanisme purement autosuffisant est devenu une option largement disponible. Ce que j'entends par cet humanisme, c'est qu'il n'autorise aucun objectif au delà de l'épanouissement humain, ni aucune allégeance à rien d'autre au delà de cet épanouissement.»

La sécularisation n'est pas une «soustraction» de la religion, insiste-t-il, mais une redéfinition de celle-ci, une transformation du contexte dans lequel se déploie la croyance. La modernité, par ses apories, ses «misères», suscite même une demande de religion. L'être humain continue d'aspirer à la plénitude («fullness»), de vouloir dépasser la simple raison instrumentale et le matérialisme.

Taylor, dans son livre, parle rarement du Québec de façon directe. À un endroit, il fait toutefois un parallèle entre l'attitude des Allemands, dont les perspectives sont plutôt laïques mais qui continuent à payer les taxes confessionnelles. Lorsqu'on leur demande pourquoi, ces Allemands répondent qu'ils souhaitent que l'Église «confère un sens moral à leurs enfants» ou qu'ils estiment que l'Église «est importante dans la fibre morale d'une société». Taylor note que, de la même manière, les parents de l'après-Révolution tranquille au Québec, même s'ils ont eux-mêmes cessé de pratiquer le catholicisme, se sont montrés très hésitants à abandonner l'éducation religieuse à l'école. D'où la demande de la part de certains d'un «accommodement raisonnable»...

***

A Secular Age

Charles Taylor

Belknap/Harvard University Press

2007, 874 pages






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Vos réactions

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  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 20 octobre 2007 10h15
    Trop tard
    « Charles Taylor a mis 15 ans a rédigé A Secular Age, ce qui nous ramène aux années 1980. Les changements que le monde a connu depuis rendent son argument caduc. Les grandes religions, notamment l'islam, avec quelques siècles de retard sur le christianisme, sont en train d'enflammer la planète, démontrant ainsi que leur visée ultime n'est pas le bonheur de l'humanité mais plutôt son contrôle absolu à coups de croyances et de morales déconnectées du réel. Le dilemme de Taylor était de taille : mettre son manuscrit aux ordures ou le publier tout de même. Il a choisi la deuxième voie. Ce qui est compréhensible, 15 ans de travail, ça marque un homme.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • THYS Michel
    Inscrit
    dimanche 21 octobre 2007 14h26
    "Vivre dans une ère laïque" : ce qu'en pense un Belge.
    « "HITCHENS et compagnie soutiennent que la religion et la croyance religieuse sont des phénomènes toxiques".
    Bien qu'à des degrés divers la foi ait évidemment des aspects positifs (amour du prochain, espérance, réconfort, sentiment d'appartenance à une communauté, ...), l'actuelle évolution des esprits et des mentalités tend en effet de plus en plus à
    les faire apparaître comme nocives, tant sur les plans individuel et collectif qu'historique. Ne songeons qu'aux guerres de religion passées, présentes et logiquement futures.
    "TAYLOR avance,lui, que les perspectives spirituelles sont nécessaires lorsqu'on tente d'expliquer et de résoudre le choc entre les nations, les religions et les cultures".
    Lorenzo DI TOMASO, professeur de théologie, ajoute que "le livre de TAYLOR est un essai sur la redécouverte de la spiritualité, et non une apologie de la religion".
    Mais l'un et l'autre ne semble pas distinguer, du moins explicitement, la différence entre spiritualité religieuse et spiritualité laïque, encore plus inconnue, semble-t-il, outre atlantique qu'en Europe. La raison en est que l'humanisme
    "laïque" (et non "laïc", car c'est celui qui assiste un curé)
    est rétif à tout prosélytisme, chacun devant idéalement découvrir et accepter librement l'option laïque, ce qui en freine la promotion.
    Hélas, malgré les excellentes intentions d'ouverture pluraliste du nouveau cours "éthique et culture religieuse", je constate que les deux programmes privilégient l'approche chrétienne, l'expérience religieuse, la découverte de six religions, des arts religieux, etc..., sans doute par respect des traditions et de l'identité canadienne, mais sans aucune allusion aux fondements et aux objectifs de la laïcité, qui est pourtant une alternative non aliénante capable de développer la conscience morale et de faire découvrir un sens moins individualiste à donner à son existence.Il s'agit théoriquement d'une approche non plus affective, en l'absence d'esprit critique, comme celle fondée sur l'exemple , au sein d'une famille croyante avant 6 ans, mais bien "intellectuelle" après cet âge. Encore faudrait-il que les enseignants traditionalistes acceptent honnêtement, sans prosélytisme ni récupération, de s'adapter à ce nouveau cours, en faisant découvrir aux jeunes des horizons nouveaux et des alternatives permettant un choix ultérieur aussi libre que possible de leurs convictions philosophiques ou religieuses. Par simple honnêteté intellectuelle.
    Ce faisant, ils compenseraient l'influence unilatérale de la famille, en vue d'une meilleure égalité socio-culturelle et d'une adaptation réussie à la modernité multi-culturelle.
    Que cette famille soit croyante ou non, d'ailleurs. En effet, que nous soyons parents croyants ou incroyants, nous influençons tous nos enfants, mais pas de manière équivalente, à mes yeux : alors que les premiers témoignent de leur foi par leur comportement (prières, fêtes religieuses, ...) et incitent à la soumission, les seconds témoignent de leurs doutes, mais sans inspirer d'inquiétudes métaphysiques qui pourraient n'être qu'imaginaires. Ils cherchent au contraire à développer chez leurs enfants une force intérieure suffisante, une confiance raisonnable en la science, l'autonomie, l'esprit critique à tous égards, la responsabilité individuelle,l'ouverture aux autre, la tolérance, ou plutôt l'acceptation de l'autre, mais pas nécessairement de ses idées toujours critiquables, etc ..., et ce toujours dans le but de rechercher un consensus sur des valeurs communes. Je renvoie les lecteurs intéressés à un texte de deux pages intitulé "Croire ou ne pas croire, that's the question :
    http://atheisme.free.fr/Contributions/Croire_ou_pas_croire.htm
    Cordialement,
    Michel THYS, Waterloo, Belgique. »

  • Claire Gauthier
    Inscrite
    dimanche 21 octobre 2007 18h50
    Utilisez-vous le mot "raisonnable" par ironie ?
    « Utilisez-vous le mot "raisonnable" par ironie ?

    M. Robitaille, vous parlez à tort de la "Commission sur les accommodements raisonnables", car en réalité cette Commission s'appelle la "Commission de consultation sur les pratiques d'accommodements reliées aux différences culturelles". Le mot "raisonnable" NE fait PAS partie de ce nom ! Un diminutif possible serait la "Commission sur les accommodements culturels".
    Référence : http://www.accommodements.qc.ca/
    En passant, SI les soi-disant "accommodements raisonnables" étaient RÉELLEMENT raisonnables, cette Commission n'existerait tout simplement pas ! Donc, pourquoi S'ENTÊTER à appeler "raisonnable" ce qui ne l'est pas ? Par ironie ? »

  • poisson marie-michelle
    Inscrite
    lundi 22 octobre 2007 22h23
    Un philosophe au service de la théologie
    « À la toute fin du livre intitulé Les sources du moi , suite à une démonstration extrêmement longue et laborieuse, Taylor, tourmenté, désorienté et quelque peu exalté, annonce que sa plus grande préoccupation sera désormais d'ordre théologique;

    Dans A Catholic Modernity? Taylor parle de la dimension religieuse de ses engagement intellectuels. Taylor y déplore que les élites intellectuelles aient tendance à considérer le Catholicisme comme non- pertinent, voire menaçant pour la philosophie.

    Dans A secular age, Taylor analyse le phénomène de sécularisation de la société en identifiant trois types de sécularisation. Le premier type correspond à la séparation de l'Église et de l'État. Le deuxième correspond au déclin de la pratique religieuse des individus. Le troisième type de sécularisation est celui qui inquiète le plus l'auteur. Il correspond à la progression de l'incroyance généralisée. Selon Taylor, les sociétés post-modernes auraient atteint un stade où il est indifférent de croire ou de ne pas croire où il est de surcroît acceptable de croire à ce qui nous convient plutôt que de se référer aux croyances traditionnelles et culturelles propres au groupe identitaire auquel devrait normalement appartenir chaque individu.

    La thèse de Taylor est que la première forme de sécularisation est la cause principale de la troisième forme de sécularisation.

    Taylor s'est toujours montré très peu favorable à la laïcité des institutions publiques tant réclamée par une majorité de québécois. Même une forme relativement modérée de laïcité institutionnelle provoque chez Taylor une résistance farouche. Il associe systématiquement les promoteurs de la laïcité à une forme intransigeante de pensée qu'il désigne en des termes peu flatteurs comme : « hard-line secularists and assimilationnists » ou « têtes-dures » .

    Il faut comprendre que ces termes quelque peu « excessifs » sont certainement justifiés aux yeux d'un croyant pratiquant qui, à partir d'un lien de causalité certes fort discutable, est convaincu que la laïcité des institutions publiques mène en droite ligne au démantèlement de l'Église Catholique Romaine à laquelle il semble très attaché.

    Une question déplaisante mais nécessaire s'impose étant donné le contexte particulier dans lequel nous nous trouvons : Est-ce que Charles Taylor, en tant que co-président d'une commission dont l'un des mandats est de rendre une opinion claire quant à la place que peut occuper la religion dans la société civile, a l'esprit assez ouvert pour être en mesure de recevoir de manière impartiale tous les arguments qui peuvent être amenés devant la commission ? »

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