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Essais québécois - Léo-Paul Lauzon, le comptable nécessaire

Louis Cornellier   29 septembre 2007  Livres
Je ne connais pas Léo-Paul Lauzon personnellement, mais je suis sûr que je manque quelque chose. L'homme, me dit-on, est à la hauteur du personnage, c'est-à-dire ardent et entier. Batailleur, il ne perd jamais pour autant son sens de l'humour. Ironique, il se garde bien de sombrer dans le cynisme. J'aime, oui, le personnage parce que, je l'avoue, je me reconnais en lui. Dans le tome III de ses Contes et comptes du prof Lauzon, il se présente pour la première fois, formellement, comme «un socialiste chrétien» et affirme que «[sa] foi chrétienne engendre chez [lui] l'espoir d'un monde meilleur». Il insiste, aussi, sur son rôle de vulgarisateur en matière de phénomènes économiques. Pour ces raisons, j'ai l'impression, en plongeant dans sa prose emportée, de lire un frère. Comment pourrais-je ne pas vous inciter à en faire autant?
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  • LeRévoltéTranquille - Abonné
    29 septembre 2007 02 h 00
    Lauzon, paradoxe ambulant
    D'une trempe semblable à celle d'un Michel Chartrand jadis, L-P Lauzon est un prolétaire gauchiste de luxe qui s'est fait lui-même, sans avoir l'air d'y toucher, à la force du poignet à travers la coterie universitaire montréalaise et celà force l'admiration.

    Cet être au style bigarré, à l'esprit encombré et à la diction approximative a su gagner le respect d'une certaine droite qui n'avait encore jamais vu de près ce qui ressemble le plus à un comptable soviétique !

    Voilà la plus grande révélation la pratique de Mr Lauzon: déconstruire le discours néo-libéral marchand ambiant avec les mêmes arguments, les mêmes théories repassées à la grille d'analyse marxiste, les mêmes armes égales disponibles à qui veut s'instruire sous un angle novateur dans le domaine des affaires.

    Les prétentieux guerriers de l'Émergence et autres chevaliers de la Performance, de l'Efficience et de l'Excellence sont soufflés par la force de ses démonstrations à l'emporte-pièce à chaque fois car ils n'ont aucun bagage de connaissances sur l'historique et le développement du discours sur la lutte des classes.

    De là à les affubler de l'épithète de paresseux(ses) intellectuel(le)s, il y a là un pas que je laisserai le soin au camarade Lauzon de franchir !
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  • Sylvain Racine - Abonné
    30 septembre 2007 09 h 11
    Le Québec ne se compare pas aux bons endroits, c'est pour cela qu'il recule en tournant en rond
    J'aimerais partager ici mon expérience nordique. Je vis depuis Juin 2007 en Suède, à Gothenbourg. Bien sûr, avant de venir m'installer ici, je me suis informé sur ce pays. En plus d'avoir une compagne suédoise sur qui je pouvais compter pour m'informer, j'ai lu, entre autres choses, "Le modèle suédois" écrit par Magnus Falkehed, un journaliste suédois indépendant qui couvre, pour la Suède, l'actualité française.

    Dans son livre. le modèle suédois est mis en parallèle avec le modèle français. Il serait intéressant que quelqu'un puisse refaire l'exercice, mais en comparant le modèle suédois avec le modèle Québécois. Si monsieur Lauzon me lit, j'aimerais bien savoir ce qu'il en pense.

    En Suède, après seulement trois mois passés ici, je peux vous assurez que ce qui me frappe le plus c'est cette impression que tout est organisé et planifié pour faciliter et agrémenter la vie de tous les citoyens. La Suède n'est pas à gauche, mais au centre-gauche "Québécois". Ma copine, qui a vécu au Québec et au Canada et qui est très au courant de la politique canadienne et québécoise croit que la droite suédoise serait en fait le PQ. Je vous le confirme, les Suédois ne veulent rien savoir des partis comme l'ADQ ou le Parti libéral du Québec. En Suède, Québec solidaire serait un parti naturellement de centre gauche à mon humble avis.

    Des mots qui me viennent à l'esprit pour qualifier la vie ici sont innovation, propreté, ordre, environnement ou encore avenir.

    Je n'ai pas l'impression que l'on coure après notre queue. Enfin, je n'ai plus cette impression depuis que j'ai quitté le Québec. Effectivement, pour moi, courir après sa queue c'est régresser, se diriger vers la droite et tenter de reproduire des modèles d'échec ou des modèles qui ne sont plus à jour. Les gens de droite au Québec veulent recréer le modèle de Margaret Thatcher ou bien celui de Tony Blair des travaillistes. Avec cette folie au Québcec à vouloir diaboliser la gauche, à se complaire dans le populisme et la xénophobie, à croire les discours paradoxaux des gens d'affaires qui tentent de faire se sentir coupables les pauvres citoyens qui veulent plus de justice sociale et un meilleur système d'éducation, je peux déjà informer les Québécois que nous (même après avoir quitté je me considère dana le "nous") allons directement vers un chaos social et ensuite économique car les affaires et l'argent ne peuvent fonctionner si le climat social n'est pas sain.

    Bon, je ne vais pas faire la comparaison entre le Québec et la Suède ici. Toutefois, c'est vrai, il en coûte absolument ZÉRO pour étudier ici. Il n'y a même pas de frais d'admission. Les seuls frais minimes vont pour les différentes associations départementales.

    Aussi, le système d'éducation est bien organisé en fonction du marché de l'emploi. C'est pratiquement impossible de trouver du travail si on ne possède pas un diplôme technique ou universitaire. Des emplois sous payés ça n'existe pas ici. Je vous confirme que le salaire minimum ici pour un laveur de vaisselle équivaut à 15$ de l'heure au Québec. Les étudiants ici, comme dans bien d'autres pays en Europe et même dans le reste du Canada, ont toutes les chances de pouvoir étudier et de réussir. J'ai rencontré des gens de différents pays et j'ai chaque fois profité de l'occasion pour me renseigner sur le système d'éducation et ses moeurs. Au Québec, les étudiants sont utilisés pour travailler dans les dépanneurs, dans les restaurants, dans les Mc Donald's, les Burger King, les cafés, etc. On utilise la jeunesse Québécoise pour travailler pour des salaires minables et en plus on leur demande de financer leurs études avec leurs revenus minables car pour avoir droit à l'aide financière aux études il faut que les parents soient pratiquement sur l'aide sociale.

    En Suède, le système d'aide financière aux études est pratiquement identique à celui du Québec, à la différence importante que les parents ne sont pas du tout pris en compte dans les calculs pour définir les allocations. Les gens de droite au Québec qui veulent l'augmentation des frais de scolarité et la diminution des bourses pour augmenter les prêts, donc les profits en intérêts des Banques, ne devraient-ils pas aussi - puisqu'ils sont pour l'individualisme - militer pour que les étudiants puissent avoir leur entière autonomie et que ces derniers n'aient plus à être financés en fonction de la richesse de leurs parents?

    Finalement, j'ai aussi vécu en Angleterre. Cette semaine à la radio de Radio-Canada on parlait du problème pour recruter des infirmières au Québec. Et bien en 2002, quand j'étais en Angleterre pour apprendre l'anglais ( ah oui, en passant les Suédois, sont tous bilingues, parlent un anglais impeccable et pourtant il ne vivent pas dans un pays anglophone comme les Québécois ) j'ai pu constater que pour les personnes qui voulaient étudier en "nursing" il ne leur en coûtait pas un sous. En plus, je crois qu'elles profitent d'une pension complète pour le temps de leurs études. Au Québec, en lieu et place, on parle d'augmenter les frais de scolarité et de baisser les bourses.

    Avec l'ADQ qui se pointe, je n'avait plus aucune envie de subir cette société malade, très malade, qui se referme sur elle-même dans sa quête d'identité et qui devient de plus en plus à droite, qui refuse d'avancer.

    Moi je suis convaincu que pour avancer, le Québec doit devenir souverain. Il faut que le Québec cesse de se comparer avec l'Ontario, il faut que Montréal cesse de se comparer avec Toronto lorsqu'il veut construire des ponts et augmenter les tarifs de transport en commun. Pourquoi ne pas se comparer à la Suède et à Gothenbourg de temps à autre, par exemple?

    C'est ça le misérabilisme et le populisme. Les Québécois et Québécoises ne sont pas encore tannés il faut croire. Il faudrait davantage de Léo-Paul Lauzon pour faire la lumière sur leurs chaînes coloniales.

    Tant qu'à être parti, saviez-vous que l'Éthiopie est je crois le seul pays africain qui n'a jamais été colonisé? Je me suis fait un ami éthiopien ici et il en est bien fier. C'est la que je me suis vraiment, mais vraiment rendu compte que non seulement je suis un colon français, mais en plus colonisé par les anglais. Ouch, ça fait mal! Surtout que je sais que présentement ma terre natale est en crise existentielle et agit comme de gros colons tristes!
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  • Roland Berger - Abonné
    30 septembre 2007 12 h 40
    Mon héros
    Pour avoir travaillé en milieu universitaire quelques années, je ne peux qu'admirer la ténacité de Léo-Paul Lauzon à dénoncer les mensonges d'une élite financière qui craint comme la peste que les Québécois les voient sur leur vrai jour. Et je me demande même pourquoi sa présence à l'UQAM ne constitue pas un des motifs du mépris que certains ministres libéraux et adéquistes vouent à cette institution. Merci à Messieurs lauzon et Brûlé, merci aussi à Louis Cornellier.
    Roland Berger
    London, Ontario
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