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    Foire internationale du livre de Guadalajara - La diaspora cubaine déchirée par des guerres intestines

    2 décembre 2002 |Caroline Montpetit | Livres
    Guadalajara — Les dissensions entre les écrivains cubains exilés à l'étranger et la délégation cubaine officielle ont continué de faire couler de l'encre à la XVIe Foire internationale du livre de Guadalajara, qui s'est ouverte samedi au Mexique. D'un côté, un certain nombre d'écrivains en exil, absents de la Foire, profitent de l'occasion pour dénoncer le totalitarisme du régime castriste, de l'autre, la délégation officielle du gouvernement cubain fait valoir son engagement dans le développement de la culture cubaine, ainsi que dans l'éducation et l'instruction de ses populations. De part et d'autre, les parties s'accusent de mentir dans leur interprétation des faits.

    En conférence de presse hier à Guadalajara, la délégation cubaine affirmait par exemple que l'écrivain cubain en exil, Guillermo Cabrera Infante, qui vit aujourd'hui à Madrid, avait toujours refusé de permettre à ses livres d'être publiés à Cuba. Or, dans une entrevue accordée au quotidien Reforma hier, Infante jure de Londres qu'il n'a jamais refusé d'être publié à Cuba. «C'est un mensonge colossal», a-t-il dit. Il accuse, par la même occasion, le gouvernement cubain d'avoir pris le contrôle de la représentation cubaine à Guadalajara. Invité par sa maison d'édition à participer à la Foire de Guadalajara, il a catégoriquement refusé d'être de l'événement. «Il ne veut pas participer à une fête célébrant le régime castriste», a expliqué la responsable des communications de la Foire, Myriam Vidriales. «C'est une façon de voir la Foire, ajoute-t-elle. Moi, je crois que la Foire, c'est beaucoup plus que cela.»

    Par ailleurs, dans une lettre ouverte aux intellectuels mexicains et à l'opinion publique en général, un groupe de 11 auteurs cubains en exil ont affirmé que l'ensemble des participants cubains à la Foire internationale du livre de Guadalajara devaient se considérer comme faisant partie de la mission officielle de l'île et comme des «alliés du totalitarisme cubain». L'un des signataires de cette lettre est l'écrivain Angel Cuadra, condamné à 15 ans de prison sous le régime castriste, après avoir été l'un des défenseurs de la révolution, et aujourd'hui exilé à Miami.

    Pour sa part, Myriam Vidriales, a expliqué que l'ensemble de la délégation cubaine était choisie par le gouvernement cubain. Les autres auteurs qui sont invités à participer à la Foire le sont par leur maison d'édition. Les auteurs doivent recevoir une invitation de l'une ou l'autre de ses parties.

    Deux tables rondes, s'intéressant aux écrivains de la diaspora cubaine, auront cependant cours à la Foire internationale du livre de Guadalajara, au cours de la prochaine semaine. La Foire abritait également hier le lancement, par la revue Lettras libres, d'une publication intitulée Futuros de Cuba (Les avenirs de Cuba), qui déplaît au plus haut point au gouvernement de Castro. La délégation cubaine à Guadalajara compte un nombre important d'artistes et d'écrivains de l'île. Plusieurs d'entre eux participent à l'important volet culturel de la Foire. On y verra notamment Le Ballet national de Cuba, le chanteur Sylvio Rodriguez, accompagné de la Symphonie nationale de Cuba, des musiciens connus tels Omar Portuondo et Compay Segundo, et on y assistera à la projection de nombreux films cubains.

    En conférence de presse, le responsable de la délégation cubaine à Guadalajara, Fernando Rojas, faisait valoir que la culture est accessible gratuitement à tous à Cuba. La culture n'est pas considérée du point de vue de la rentabilité, a ajouté Ricardo Alavon de Quesada, président de l'assemblée nationale cubaine. Eliades Ignacio Acosta Matos, directeur de la Bibliothèque nationale José Marti, a par ailleurs vanté les réalisations de la Révolution cubaine de 1959 en précisant qu'avant cette date, il n'y avait aucune maison d'édition officielle à Cuba. Aujourd'hui, précise-t-il, tous les Cubains savent lire. On voit des files d'attente devant les sections des jeunes des bibliothèques du pays. Selon lui, la très grande majorité des Cubains appuient la révolution.

    Le directeur de la Bibliothèque nationale affirme par ailleurs que les livres des dissidents, qu'ils s'appellent Zoé Valdès ou Guillermo Cabrera Infante, sont disponibles dans les bibliothèques cubaines.

    «Mais ils ne disent pas que les lecteurs doivent remplir des formulaires pour les sortir, expliquant pourquoi ils les veulent, rétorque Infante. Et, bien sûr, ils ne peuvent pas les sortir de la bibliothèque.»

    Une meilleure diffusion

    D'autre part, la Foire internationale du livre de Guadalajara a donné lieu au lancement d'une vaste campagne visant une meilleure diffusion des livres latino-américains dans le monde, grâce à l'inscription des livres dans une liste de ISBN.

    Cette liste, diffusée partout dans le monde, signale au libraire, par Internet, l'existence de livres qui pourraient intéresser ses clients.

    «Il n'est pas normal que les habitants d'Amérique latine aient un plus grand accès aux livres venant de l'autre côté de l'océan qu'à ceux publiés par les pays qui sont leurs voisins», a dit en conférence de presse hier, Adelaida Nieto, directrice du Cerlarc, le centre régional pour la promotion du livre en Amérique latine et dans les Caraïbes.

    Or, les maisons d'édition latino-américaines ont une visibilité très réduite dans le milieu littéraire, où elles doivent concurrencer les très importants groupes d'édition espagnols.
     
     
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