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Lévesque devait-il écarter Bourgault? (suite)

Jean-François Nadeau   26 septembre 2009 21h29  Livres
Les élections

Le soir du 15 novembre 1976, l'équipe de René Lévesque est élue. La surprise est considérable. «Malgré toutes mes objections, malgré l'analyse dramatique que je faisais de la situation, malgré mes appréhensions devant la prise du pouvoir trop rapide du PQ et devant la mise en veilleuse de l'idée d'indépendance, malgré mon opposition à la stratégie du référendum, j'aurais voulu célébrer ce soir-là avec tout le monde», écrit Bourgault.

Ce soir-là, Bourgault ne participe pas à la fête, ni au sens propre, ni au sens figuré. Il commente tout bonnement les résultats électoraux à la radio en compagnie de Solange Chaput-Rolland, qui vient de recevoir l'Ordre du Canada, et de Pierre Desmarais, président du Conseil du patronat.

La victoire du PQ a rendu Bourgault «respectable» comme par enchantement, même s'il critique toujours sévèrement les positions linguistiques de Lévesque et l'étapisme asséchant du technocrate à la pipe qu'est Claude Morin. Les offres qu'on lui fait pour des entrevues, des conférences, des colloques et des articles se multiplient tout à coup. Lui qui est toujours à sec peut même désormais encaisser un chèque n'importe où! Pourtant, Bourgault n'est lié d'aucune façon au nouveau gouvernement. Beaucoup de gens s'imaginent tout de même qu'il est une source d'inspiration pour les politiques qui se dessinent.

Une fois de plus, Bourgault considère tout naturellement que les circonstances doivent en effet le conduire à reprendre du service en politique, d'une façon ou d'une autre. Mais en février 1977, par un arrêté en conseil, c'est plutôt au musée qu'on appelle Pierre Bourgault: il est en effet nommé membre du conseil d'administration du Musée des beaux-arts! S'il accepte cette fonction, il n'en juge pas moins que Lévesque, de la sorte, a voulu se moquer de lui.

Même si elle est postérieure à ces événements eux-mêmes, la perspective de Martine Tremblay, directrice de cabinet de Lévesque, mérite d'être relatée ici, tant elle résume bien le rapport entre les deux hommes à l'époque: «La relation la plus ouvertement tendue de René Lévesque, en tout cas sur le terrain politique, a certes été avec Pierre Bourgault, à qui il n'a jamais pardonné d’avoir dissous le RIN en 1968 pour venir grossir les rangs du PQ avec ses quelques milliers de militants. En réalité, Pierre Bourgault est le prototype de ce que Lévesque détestait le plus, combinant une enflure verbale et un radicalisme de pensée et de stratégie qu’il trouvait éminemment nuisibles à la cause qu’il défendait.» Un franc-tireur nuisible au Parti québécois? Chose certaine, ce ne fut pas l’avis de Jacques Parizeau...

jfnadeau@ledevoir.com






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  • Nestor TURCOTTE
    Inscrit
    samedi 1 septembre 2007 07h46
    L'histoire donne raison à Bourgault
    « Pierre Bourgault a commis l'erreur de saborder son parti. L'histoire démontre maintenant que la fondation du Parti québécois de René Lévesque, à partir de son livre «Option Québec», n'était en fait que le remodelage de la Fédération actuelle. Bref, une nouvelle Confédération. Bourgault souhaitait l'indépendance du Québec. René Lévesque ne pouvait pas sentir ce dernier parce qu'en fait, les deux hommes n'avaient pas la même vision du Québec futur. Les tergiversations du PQ, depuis sa fondation, prouvent bien que Bourgault avait raison, le soir du 15 novembre 1976, de ne pas fêter. Ce soir-là, je n'ai pas célébré non plus. J'avais dit à des amis que le PQ venait d'enterrer la cause indépendantiste. Je ne me suis pas trompé. Il reste encore quelques pelletées de terre à mettre sur le cadavre froid du PQ. Pauline Marois va s'en charger.

    Nestor Turcotte
    Matane »

  • coté carol
    Inscrit
    samedi 1 septembre 2007 09h48
    populiste
    « Sans le patriote Bourgault le PQ n'aurait pas pris le pouvoir en 1976,sans la dissolution du RIN,pas de pouvoir en 1976.Sans le populisme de Bourgault,pas de référendum:Bourgault était les tripes du Québec profond.Chez les hommes politiques bien ancrés dans la terre le Québec a toujours réagi,il se réveille,entrevoit l'avenir,repart a la recherche de son identité(Réal Caouette,Camille Samson).On n'analyse pas,justice tout suite,on désamorce la pensée,on s'enfarge pas dans les fleurs de tapis. »

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    samedi 1 septembre 2007 10h30
    Pierre Bourgault, un visionnaire !
    « De tous temps.les précurseurs et les visionnaires ont été mis de côté.
    Le pouvoir et la tralée ne sont pas prêts pour des changements, on vote pour du mou qui nous ressemble.

    L'Histoire se continue ainsi, se répète et recommence.
    Les humains sont des êtres d'habitudes. Regardez-les avec leurs chiens qui chient partout, leurs voitures qui polluent, leur planches à roulettes qui brisent tout,leurs cellulaires qui nous emmerdent tous et leurs surpoids accrochés aux flancs essayer de nous faire croire qu'ils sont libres...

    Pour prendre sa place sur cette terre d'expériences, il ne faut pas avoir d'idées qui bousculent Monsieur,Madame et leurs enfants, que nous élevons en pâtes molles. Suite des idées et système obligent.

    L'Histoire donne raison à Pierre Bourgault, sans doute !

    Elle donnera raison à Jacques Parizeau quand il sera mort !
    Les juifs, les grecs et les italiens l'encenseront, tout en continuant de nous ignorer et de nous dire NON.

    Les pâtes molles préfèreront toujours la sauce à P'tit Poil. Une salsa pour ne pas déplaire aux palais pauvres en indépendance. Une sauce à tout va! Est tellement bonne au goût, c'est ben simple, j'en mangerais tout le temps ! Et c'est ce qu'ils font.

    Et pour ne pas trop leur déplaire, encore une fois, il y a la Mamma qui se pointe le nez à la cuisine. On enlève ceux et celles qui parlent trop fort, on parle indépendance entre nous et ainsi vont les Québécois, flancs mous et idées molles

    Il y a le chef nouveau, qui lui, voudrait changer la farine pour avoir une pâte toute aussi molle,les vieux veulent manger mou. Pour les jeunes,c'est: Hey Man ! No problemo ! Je porte mon linge plus grand. ça cache les flancs mous. Pour les femmes, nous autres, on veut des petits, instruits, qui se soûlent et se droguent comme des êtres sans esprit civil.

    Autrement dit, si vous avez connu la gloire de votre vivant, vous serez démoli après votre départ.

    Si on vous démolit de votre vivant, vous serez mentionné dans des articles du Devoir quand vous n'y serez plus.On écrira sur vous. Et là, vous deviendrez quelqu'un qui n'est plus.

    Valdor Lagacé-Gallant »

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 2 septembre 2007 18h29
    Les canadiens-français...
    « N'oublions pas que quand Pierre Bourgault et ses amis fondèrent le RIN, en 1960, l'objectif était de rassembler et de faire reconnaître l'existence et les droits des canadiens-français.
    Je ne crois pas qu'il soit erronné de soutenir que c'est ce que Stephen Harper a voulu faire en faisant adopter une résolution au Parlement fédéral déclarant que les Québécois - en français, comme en anglais - forment une nation à l'intérieur d'un Canada uni. M. Harper et ses principaux lieutenants ont tenu à souligner, pendant et après le débat sur cette résolution que "Québécois" était synonime de "canadiens-français", expression qui découle de "canadiens" comme aimaient à se nommer les Québécois qui parlaient le français, par opposition aux Anglais.

    Georges Paquet »

  • Michaël Lachance
    Inscrit
    lundi 3 septembre 2007 15h24
    Les Québécois...
    « Par respect, suite à votre réaction, j'aimerais rectifier une simple chose.
    Vous dites : M. Harper et ses principaux lieutenants ont tenu à souligner, pendant et après le débat sur cette résolution que "Québécois" était synonyme de "canadiens-français", expression qui découle de "canadiens" comme aimaient à se nommer les Québécois qui parlaient le français, par opposition aux Anglais.

    Malheureusement, je ne comprends pas de sens réel à cette phrase. Dois-je, pardonnez le ton didactique, vous rappelez que le Québec est bel et bien de sous-culture française, voila ce qui grosso modo explique le pourquoi du parlé français et non anglais. Donc par définition, je n'y vois, d'un point de vu plutôt objectif, aucune opposition à la langue anglaise... »

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