Comment lire Louise Erdrich et les autres
La recette: du vin rouge dans un grand verre que vous emplissez à moitié, plus un tiers de jus d'orange, deux glaçons, puis vous versez du Kiri jusqu'à ras bord. Le Kiri, c'est pour les bulles. Vous ne connaissez pas le Kiri? «Qui dit Kiri boit bon.» Embouteillé à Saint-Félix-de-Valois, la patrie de Réjean Ducharme. Mais si vous êtes coincés au fond de l'Abitibi, vous pouvez à la rigueur utiliser du Fresca, ou même du Sprite. Vous avez maintenant votre grand verre de sangria. Reste à trouver le livre. Vous en recevez beaucoup, qui presque tous vous tombent des mains au bout de 5, 10, 15, 30 pages, bavards, lancinants, pénibles. Dans certains cas, vous n'avez pas encore lancé la serviette. Les Animals de Keith Ridgway sont toujours tapis sous votre lit, à l'affût de la prochaine insomnie. Chez d'autres, comme (pour rester avec les Irlandais) Michael Collins et sa Vie secrète de e. robert pendleton, la première phrase suffit. «Par un calme vendredi après-midi, dans le département d'anglais de l'université Bannockburn, E. Robert Pendleton écoutait la rumeur de la vie de l'autre côté de la fenêtre.» Non.
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