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Le spectacle de la mort

Louis Hamelin   3 mars 2007  Livres
Je résume les propos que tient le caïd incarné par Jack Nicholson au début de The Departed: «Avant, il y avait l'église pour nous tenir tous ensemble... Maintenant, c'est chacun pour soi. Personne ne vous donne jamais rien: il faut le prendre.» Un message qu'il est ensuite tentant de perdre de vue, tandis que défile sous nos yeux cette incroyable et, à la fin, hilarante succession de cadavres pissant le sang. Mais quand Matt Damon, dernier terme logique d'une longue suite mathématique, s'effondre lui aussi dans une giclée d'hémoglobine et que la caméra s'attarde sur le dôme doré de l'église qu'il pouvait voir de son appartement, on comprend que Scorsese y tient, à sa morale... Tant pis si elle donne l'impression d'avoir été plaquée sur son histoire de gangsters comme l'intrigue sur un film de cul. Tant pis, surtout, si l'idée paraît elle-même éminemment discutable: à travers l'histoire, le crime organisé et l'égorgement général ont toujours fait bon ménage avec les églises du monde entier. À son divertissement efficace et sanguinolent, le réalisateur semble en fait chercher une caution morale tout comme les massacreurs auprès de leurs dieux.
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  • Roland Berger - Abonné
    3 mars 2007 18 h 11
    Comme le dernier film de Gibson
    The Departied rejoint le dernier film de Gibson sur une peuplade sanguinaire. Jamais le cinéaste ne le dit, mais il faut comprendre que l'Europe et ses religions ont apporté la civilisation aux peuples indigènes de l'Amérique. Comme il ne dit pas qu'elles les ont exterminées au nom de cette même civilisation.
    Roland Berger
    London, Ontario
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