Prix du Gouverneur général - La gloire de Monique Larue
Le jury récompense son dernier roman, La Gloire de Cassiodore
Photo : Jacques Grenier
Monique Larue et son directeur chez Boréal, Pascal Assathiany.
C'est Monique Larue, avec son roman La Gloire de Cassiodore, qui a remporté hier le prix du Gouverneur général accordé au roman et à la nouvelle. Mme Larue a ainsi devancé les Monique Proulx, Hélène Vachon, Pierre Yergeau et Guy Demers, qui étaient finalistes pour ce prix.
Mme Larue participait hier à la conférence de presse annonçant le dévoilement des lauréats francophones de ces prix décernés par le Conseil des arts du Canada, au Monument-National. Elle s'est dite reconnaissante de ce prix parce que «tout écrivain doute profondément». Elle a aussi dit regretter de ne pouvoir remercier de vive voix l'écrivain Émile Ollivier, décédé ce week-end, qui était membre du jury pour la remise de ce prix.
La Gloire de Cassiodore se déroule en milieu collégial. Et Monique Larue est elle-même professeur de littérature au collège Édouard-Montpetit. Ce roman lui a permis de faire le point sur son métier, a changé sa relation avec lui. Du côté anglais, c'est Gloria Sawai qui a obtenu le prix du roman et de la nouvelle, avec A Song for Nettie Johnson.
Judith Lavoie
en essais et études
Et c'est un essai portant sur la traduction qui a obtenu la faveur du jury dans la catégorie des essais et des études. Mark Twain et la parole noire, de Judith Lavoie, s'intéresse aux différentes traductions qui ont été faites de Adventures of Huckleberry Finn, de Mark Twain. À travers sept traductions françaises de cette oeuvre, qui s'échelonnent sur environ un siècle, Judith Lavoie fait l'analyse de la traduction du Black English, langue des Noirs américains, par les Français. Ces traductions, plus particulièrement celle de William-Little Hughes, en 1886, ont en effet parfois utilisé une langue proche du «petit nègre», pour traduire le Black English, ce qui renverse le propos anti-esclavagiste de l'oeuvre de Twain, avance Lavoie.
«Judith Lavoie, lit-on en quatrième de couverture du livre, montre que les déplacements opérés par les traducteurs ne sont ni le fruit du hasard ni irréfléchis, mais peut-être associés à un réseau organisé de choix esthétiques et idéologiques».
En entrevue, Judith Lavoie donne des exemples de ce parler proche du petit nègre. L'usage du mot «Massa», par exemple, qui se rapproche du «Missié», utilisé dans Tintin, rabaisse celui qui l'utilise au rang de serviteur. En écrivant ce livre, qui est aussi sa thèse de doctorat, Judith Lavoie avait l'impression de faire sa modeste contribution à la lutte contre le racisme. L'essai anglais gagnant est Saboteurs: Wiebo Ludwig's War against Big Oil, d'Andrew Nikiforuk.
En théâtre, c'est Le langue-à-langue des chiens de roche, de Daniel Danis, qui a remporté la palme. Au sujet de cette oeuvre, le jury a dit qu'elle «émergeait du sol et du roc». C'est le dramaturge Kevin Kerr, qui a pour sa part gagné le prix de théâtre du côté anglais, pour la pièce Unity.
Robert Dickson en poésie
En poésie, le lauréat francophone est Robert Dickson, pour Humains paysages en temps de paix relative. Au moment de recevoir son prix, il a tenu aussi à féliciter tous les autres finalistes en poésie, soit René Lapierre, pour Piano, Paul-Marie Lapointe pour Espèces fragiles, Louise Warren pour La Lumière, l'arbre, le trait, et Anne-Marie Alonzo, pour Et la nuit. Le lauréat anglophone en poésie est Roy Miki, pour Surrender.
En littérature-jeunesse, les prix du gouverneur général sont décernés à deux candidats dans chaque langue. Côté texte francophone, c'est Hélène Vachon qui est lauréate avec L'Oiseau de passage, tandis que Martha Brooks est lauréate du côté anglophone avec True Confessions of a Heartless Girl. En illustration du côté francophone, toujours en littérature jeunesse, ce sont les images de Luc Melanson, dans le livre Le Grand Voyage de Monsieur, qui ont séduit le jury. Et c'est l'illustrateur Edwards Wallace, qui a remporté le prix anglophone d'illustration de livres pour la jeunesse, avec Alphabeats.
En traduction, enfin, Paule Pierre-Noyart est récompensée pour sa traduction de l'Histoire universelle de la chasteté et du célibat, initialement écrite en anglais par Elizabeth Abbott. Nigel Spencer est pour sa part honoré pour Thunder and Light, traduction de Dans la foudre et la lumière, de Marie-Claire Blais.
Cette année, pour la première fois, tous les finalistes ont reçu une bourse de 1000 $. Les lauréats empochent pour leur part un chèque de 15 000 $. Les éditeurs se voient aussi remettre une subvention de 3000 $ pour leurs activités promotionnelles.
Les prix du Gouverneur général sont remis tous les ans. Leur commanditaire principal sont les entreprises BMO Nesbitt Burns. Les prix seront officiellement remis à la résidence de la Gouverneure générale Adrienne Clarkson, à Rideau Hall, le 19 novembre, à Ottawa.
Mme Larue participait hier à la conférence de presse annonçant le dévoilement des lauréats francophones de ces prix décernés par le Conseil des arts du Canada, au Monument-National. Elle s'est dite reconnaissante de ce prix parce que «tout écrivain doute profondément». Elle a aussi dit regretter de ne pouvoir remercier de vive voix l'écrivain Émile Ollivier, décédé ce week-end, qui était membre du jury pour la remise de ce prix.
La Gloire de Cassiodore se déroule en milieu collégial. Et Monique Larue est elle-même professeur de littérature au collège Édouard-Montpetit. Ce roman lui a permis de faire le point sur son métier, a changé sa relation avec lui. Du côté anglais, c'est Gloria Sawai qui a obtenu le prix du roman et de la nouvelle, avec A Song for Nettie Johnson.
Judith Lavoie
en essais et études
Et c'est un essai portant sur la traduction qui a obtenu la faveur du jury dans la catégorie des essais et des études. Mark Twain et la parole noire, de Judith Lavoie, s'intéresse aux différentes traductions qui ont été faites de Adventures of Huckleberry Finn, de Mark Twain. À travers sept traductions françaises de cette oeuvre, qui s'échelonnent sur environ un siècle, Judith Lavoie fait l'analyse de la traduction du Black English, langue des Noirs américains, par les Français. Ces traductions, plus particulièrement celle de William-Little Hughes, en 1886, ont en effet parfois utilisé une langue proche du «petit nègre», pour traduire le Black English, ce qui renverse le propos anti-esclavagiste de l'oeuvre de Twain, avance Lavoie.
«Judith Lavoie, lit-on en quatrième de couverture du livre, montre que les déplacements opérés par les traducteurs ne sont ni le fruit du hasard ni irréfléchis, mais peut-être associés à un réseau organisé de choix esthétiques et idéologiques».
En entrevue, Judith Lavoie donne des exemples de ce parler proche du petit nègre. L'usage du mot «Massa», par exemple, qui se rapproche du «Missié», utilisé dans Tintin, rabaisse celui qui l'utilise au rang de serviteur. En écrivant ce livre, qui est aussi sa thèse de doctorat, Judith Lavoie avait l'impression de faire sa modeste contribution à la lutte contre le racisme. L'essai anglais gagnant est Saboteurs: Wiebo Ludwig's War against Big Oil, d'Andrew Nikiforuk.
En théâtre, c'est Le langue-à-langue des chiens de roche, de Daniel Danis, qui a remporté la palme. Au sujet de cette oeuvre, le jury a dit qu'elle «émergeait du sol et du roc». C'est le dramaturge Kevin Kerr, qui a pour sa part gagné le prix de théâtre du côté anglais, pour la pièce Unity.
Robert Dickson en poésie
En poésie, le lauréat francophone est Robert Dickson, pour Humains paysages en temps de paix relative. Au moment de recevoir son prix, il a tenu aussi à féliciter tous les autres finalistes en poésie, soit René Lapierre, pour Piano, Paul-Marie Lapointe pour Espèces fragiles, Louise Warren pour La Lumière, l'arbre, le trait, et Anne-Marie Alonzo, pour Et la nuit. Le lauréat anglophone en poésie est Roy Miki, pour Surrender.
En littérature-jeunesse, les prix du gouverneur général sont décernés à deux candidats dans chaque langue. Côté texte francophone, c'est Hélène Vachon qui est lauréate avec L'Oiseau de passage, tandis que Martha Brooks est lauréate du côté anglophone avec True Confessions of a Heartless Girl. En illustration du côté francophone, toujours en littérature jeunesse, ce sont les images de Luc Melanson, dans le livre Le Grand Voyage de Monsieur, qui ont séduit le jury. Et c'est l'illustrateur Edwards Wallace, qui a remporté le prix anglophone d'illustration de livres pour la jeunesse, avec Alphabeats.
En traduction, enfin, Paule Pierre-Noyart est récompensée pour sa traduction de l'Histoire universelle de la chasteté et du célibat, initialement écrite en anglais par Elizabeth Abbott. Nigel Spencer est pour sa part honoré pour Thunder and Light, traduction de Dans la foudre et la lumière, de Marie-Claire Blais.
Cette année, pour la première fois, tous les finalistes ont reçu une bourse de 1000 $. Les lauréats empochent pour leur part un chèque de 15 000 $. Les éditeurs se voient aussi remettre une subvention de 3000 $ pour leurs activités promotionnelles.
Les prix du Gouverneur général sont remis tous les ans. Leur commanditaire principal sont les entreprises BMO Nesbitt Burns. Les prix seront officiellement remis à la résidence de la Gouverneure générale Adrienne Clarkson, à Rideau Hall, le 19 novembre, à Ottawa.
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