Société - Ces gens étranges
«J'aime ces gens étranges. Ils ont le mal de leur enfance comme on a le mal du pays. Ils cherchent, cherchentÉ jusqu'au jour où leur silence devient un cri insupportable», écrit Marie Gendron, initiatrice du projet Baluchon Alzheimer, «un service d'aide professionnelle offert aux familles, un répit de qualité proposé à toute personne obligée de veiller sur ces êtres mystérieusement atteints».
C'est à titre de parrain de ce projet que le dominicain Benoît Lacroix signe Alzheimer et spiritualité, un tout petit «carnet de spiritualité» visant à inspirer les personnes engagées dans une démarche d'accompagnement à domicile auprès des malades.
Rédigé dans une perspective chrétienne, ce carnet se veut d'abord et avant tout une source de réconfort. À ces aidants admirables qui acceptent de côtoyer «ces gens étranges», Lacroix rappelle qu'il «nous appartient de respecter le mystère» de ces personnes malades, qui sont «meilleures que leur handicap». Le message évangélique lui sert de guide afin de redire que «l'humain est le chemin du divin» et que l'apostolat authentique se résume, au fond, à ce beau mot de l'apôtre Paul: «J'ai été faible avec les faibles afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous afin d'en sauver sûrement quelques-uns.»
Deux témoignages d'épouses accompagnatrices de leur mari complètent bellement la réflexion du père Lacroix. Celui de la Française Denise Lallich qui, dix ans après la mort de son conjoint, revient sur son expérience en retenant, entre autres, que «mourir dans la dignité, ce n'est pas mourir en ménageant les apparences, c'est mourir accompagné par la tendresse et la solidarité humaines», et celui de la Québécoise Édith Fournier, femme du documentariste Michel Moreau, qui écrit à la précédente pour lui dire que ses mots l'aident encore à vivre son amour perturbé par la maladie de son mari: «J'ai été vivement touchée lorsque vous décrivez l'incompréhension de ceux qui vous croient "délivrée", une fois la mort venue. Délivrée de quoi? De tout cela que je viens de décrire? Pour que la mort soit délivrance, ne faut-il pas se sentir en captivité? [...] Jamais de ma vie, je ne me suis sentie aussi vivante.»
«C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière», écrivait Edmond Rostand. Ce petit livre ne dit pas autre chose.
C'est à titre de parrain de ce projet que le dominicain Benoît Lacroix signe Alzheimer et spiritualité, un tout petit «carnet de spiritualité» visant à inspirer les personnes engagées dans une démarche d'accompagnement à domicile auprès des malades.
Rédigé dans une perspective chrétienne, ce carnet se veut d'abord et avant tout une source de réconfort. À ces aidants admirables qui acceptent de côtoyer «ces gens étranges», Lacroix rappelle qu'il «nous appartient de respecter le mystère» de ces personnes malades, qui sont «meilleures que leur handicap». Le message évangélique lui sert de guide afin de redire que «l'humain est le chemin du divin» et que l'apostolat authentique se résume, au fond, à ce beau mot de l'apôtre Paul: «J'ai été faible avec les faibles afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous afin d'en sauver sûrement quelques-uns.»
Deux témoignages d'épouses accompagnatrices de leur mari complètent bellement la réflexion du père Lacroix. Celui de la Française Denise Lallich qui, dix ans après la mort de son conjoint, revient sur son expérience en retenant, entre autres, que «mourir dans la dignité, ce n'est pas mourir en ménageant les apparences, c'est mourir accompagné par la tendresse et la solidarité humaines», et celui de la Québécoise Édith Fournier, femme du documentariste Michel Moreau, qui écrit à la précédente pour lui dire que ses mots l'aident encore à vivre son amour perturbé par la maladie de son mari: «J'ai été vivement touchée lorsque vous décrivez l'incompréhension de ceux qui vous croient "délivrée", une fois la mort venue. Délivrée de quoi? De tout cela que je viens de décrire? Pour que la mort soit délivrance, ne faut-il pas se sentir en captivité? [...] Jamais de ma vie, je ne me suis sentie aussi vivante.»
«C'est la nuit qu'il est beau de croire à la lumière», écrivait Edmond Rostand. Ce petit livre ne dit pas autre chose.
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