Histoire - La réaction en soutane
Notre petite histoire religieuse fourmille d'énergumènes en soutane qui ont laissé une marque profonde au sein de leurs communautés. Antonio Arsenault, qui fut curé de Saint-Séverin-de-Beauce de 1962 à 1984, appartient à cette tradition d'originaux et c'est la raison pour laquelle Louise Chamberland a voulu immortaliser sa mémoire en lui consacrant une modeste biographie.
Prêtre archiconservateur (sa vérité se résumait à cette trinité: catholicisme, travail de la terre et famille) égaré dans une époque de renouveau, le curé Arsenault a presque mis Saint-Séverin «sur la map», mais non sans soulever la controverse: «Bien sûr, à l'instar du légendaire curé d'Ars, l'abbé a tiré la paroisse de l'anonymat. Toutefois, plusieurs préféreraient voir leur communauté reconnue pour d'autres raisons.»
C'est que l'homme d'Église n'était pas commode. Unanimement reconnue, sa bienveillance s'accompagnait d'un «radicalisme religieux» très proche de l'intégrisme de Mgr Lefebvre, en France.
Figure autoritaire imposante, un peu guérisseur sur les bords, ce «curé original» mettait son indéniable charisme et ses talents de pamphlétaire au service d'une conception franchement réactionnaire du catholicisme. Ennemi déclaré du concile Vatican II qu'il accablait des pires qualificatifs, Arsenault regrettait «la disparition de l'autel entouré d'anges, les ornements et les vêtements ornés de symboles bibliques, la musique sacrée et le chant de saint Pie X» et s'exclamait, devant cette évolution, que «nos planificateurs [ont] trouvé plus facile de descendre le trois fois Saint que d'élever l'épave humaine».
Opposé aux absolutions collectives («Dans une église pleine de monde: je dis que c'est l'absolution du diable!») et au Renouveau liturgique («les ancêtres n'ont pas connu la tribu de faux prophètes et de têtes fortes qui au nom du Renouveau liturgique nous apprennent à faire le tour de l'Esprit-Saint au lieu de Le regarder en face»), il plaidait en faveur d'une histoire du Canada «enseignée sur fond clérico-catholique» et refusait la modernisation des contenus scolaires, en accusant les conseillers du ministère de l'Éducation: «Ces "cancres", ces "buses" qui craignent que le grec et le latin de notre cours classique compromettent l'avenir de la nation.»
Inutile de préciser, j'imagine, que je n'aurais pas aimé avoir affaire à un tel dinosaure clérical de province. Le personnage, néanmoins, en impose et il faut savoir gré à Louise Chamberland de l'avoir agréablement sorti des limbes de notre histoire.
Aussi, ceux que cette plaquette intéresse peuvent se la procurer en communiquant directement avec l'auteure, au (418) 426-3460.
Prêtre archiconservateur (sa vérité se résumait à cette trinité: catholicisme, travail de la terre et famille) égaré dans une époque de renouveau, le curé Arsenault a presque mis Saint-Séverin «sur la map», mais non sans soulever la controverse: «Bien sûr, à l'instar du légendaire curé d'Ars, l'abbé a tiré la paroisse de l'anonymat. Toutefois, plusieurs préféreraient voir leur communauté reconnue pour d'autres raisons.»
C'est que l'homme d'Église n'était pas commode. Unanimement reconnue, sa bienveillance s'accompagnait d'un «radicalisme religieux» très proche de l'intégrisme de Mgr Lefebvre, en France.
Figure autoritaire imposante, un peu guérisseur sur les bords, ce «curé original» mettait son indéniable charisme et ses talents de pamphlétaire au service d'une conception franchement réactionnaire du catholicisme. Ennemi déclaré du concile Vatican II qu'il accablait des pires qualificatifs, Arsenault regrettait «la disparition de l'autel entouré d'anges, les ornements et les vêtements ornés de symboles bibliques, la musique sacrée et le chant de saint Pie X» et s'exclamait, devant cette évolution, que «nos planificateurs [ont] trouvé plus facile de descendre le trois fois Saint que d'élever l'épave humaine».
Opposé aux absolutions collectives («Dans une église pleine de monde: je dis que c'est l'absolution du diable!») et au Renouveau liturgique («les ancêtres n'ont pas connu la tribu de faux prophètes et de têtes fortes qui au nom du Renouveau liturgique nous apprennent à faire le tour de l'Esprit-Saint au lieu de Le regarder en face»), il plaidait en faveur d'une histoire du Canada «enseignée sur fond clérico-catholique» et refusait la modernisation des contenus scolaires, en accusant les conseillers du ministère de l'Éducation: «Ces "cancres", ces "buses" qui craignent que le grec et le latin de notre cours classique compromettent l'avenir de la nation.»
Inutile de préciser, j'imagine, que je n'aurais pas aimé avoir affaire à un tel dinosaure clérical de province. Le personnage, néanmoins, en impose et il faut savoir gré à Louise Chamberland de l'avoir agréablement sorti des limbes de notre histoire.
Aussi, ceux que cette plaquette intéresse peuvent se la procurer en communiquant directement avec l'auteure, au (418) 426-3460.
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