Témoignage - Sexe, drogue et handicap
«Je ne suis pas comme ces personnes handicapées qui ne font rien de leur vie, et je ne le serai jamais!» Cette phrase, Claude Messier en a fait la boussole de sa vie qui fut, jusqu'à maintenant, plus que bien remplie. Atteint de dystonie musculaire, une maladie dégénérative rare et sévère «qui le cloue au lit et lui enlève l'usage de ses membres», Messier ne s'est néanmoins jamais résigné à l'austérité. Son parcours, qu'il raconte crûment dans Confessions d'un paquet d'os, est celui d'un délinquant énergique qui a choisi, contre vents et marées, de ne rien se refuser.
Jeune handicapé à l'enfance européenne heureuse (sa famille, québécoise, a résidé plusieurs années en Belgique), Messier a vécu difficilement son retour d'Europe. Adolescent en quête d'autonomie, il découvre assez tôt, en institution, les plaisirs de l'alcool et de la drogue, auxquels il développera une dépendance sévère. Son alcoolisme et sa toxicomanie (cocaïne, surtout) assombriront ses années de jeune adulte et le mèneront au désespoir. Ses amis et, surtout, sa passion pour l'écriture lui donneront toutefois le ressort nécessaire pour renouer avec la vie.
Aujourd'hui âgé de 36 ans et, inévitablement, de plus en plus malade, Messier plaide, dans ce livre, en faveur d'un plus grand respect envers les handicapés. Partisan d'une intégration sociale la plus poussée possible (l'approche infantilisante l'écoeure), l'homme raconte les combats qu'il a dû mener (contre l'hôpital Saint-Charles-Borromée, plus particulièrement) pour la reconnaissance des droits des handicapés et celui, plus récent, en faveur de la consommation de marijuana à des fins thérapeutiques, pour lequel il a déjà fait la une du Devoir, la pipe à la bouche.
Les pages les plus intenses de ces Confessions, toutefois, et pas nécessairement les meilleures, sont celles dans lesquelles il décrit avec un plaisir évident ses multiples expériences sexuelles. Voulait-il prouver par là sa «normalité» d'homme? On sent, en tout cas, que Messier en fait trop, qu'il beurre épais et avec complaisance. Son désir d'illustrer la vie sexuelle d'un handicapé est certainement légitime, mais son insistance sur les détails finit par irriter, de même que sa propension à se dépeindre en tombeur irrésistible. Chaque fois, ou presque, qu'une fille apparaît au fil de ces pages, c'est toujours pour aboutir au lit avec lui! Est-ce pour cette raison que l'éditeur désigne comme un «roman» cette autobiographie?
«N'allez pas croire, toutefois, que j'ai été plus malheureux que les autres», écrit Messier en prologue, et ses Confessions, souvent empreintes d'une évidente joie de vivre, ne cherchent pas à dire autre chose. Mais quand, en épilogue, il évoque sa mort prochaine, en sol belge, par euthanasie, la gravité reprend tous ses droits et nous incite à la compassion.
Jeune handicapé à l'enfance européenne heureuse (sa famille, québécoise, a résidé plusieurs années en Belgique), Messier a vécu difficilement son retour d'Europe. Adolescent en quête d'autonomie, il découvre assez tôt, en institution, les plaisirs de l'alcool et de la drogue, auxquels il développera une dépendance sévère. Son alcoolisme et sa toxicomanie (cocaïne, surtout) assombriront ses années de jeune adulte et le mèneront au désespoir. Ses amis et, surtout, sa passion pour l'écriture lui donneront toutefois le ressort nécessaire pour renouer avec la vie.
Aujourd'hui âgé de 36 ans et, inévitablement, de plus en plus malade, Messier plaide, dans ce livre, en faveur d'un plus grand respect envers les handicapés. Partisan d'une intégration sociale la plus poussée possible (l'approche infantilisante l'écoeure), l'homme raconte les combats qu'il a dû mener (contre l'hôpital Saint-Charles-Borromée, plus particulièrement) pour la reconnaissance des droits des handicapés et celui, plus récent, en faveur de la consommation de marijuana à des fins thérapeutiques, pour lequel il a déjà fait la une du Devoir, la pipe à la bouche.
Les pages les plus intenses de ces Confessions, toutefois, et pas nécessairement les meilleures, sont celles dans lesquelles il décrit avec un plaisir évident ses multiples expériences sexuelles. Voulait-il prouver par là sa «normalité» d'homme? On sent, en tout cas, que Messier en fait trop, qu'il beurre épais et avec complaisance. Son désir d'illustrer la vie sexuelle d'un handicapé est certainement légitime, mais son insistance sur les détails finit par irriter, de même que sa propension à se dépeindre en tombeur irrésistible. Chaque fois, ou presque, qu'une fille apparaît au fil de ces pages, c'est toujours pour aboutir au lit avec lui! Est-ce pour cette raison que l'éditeur désigne comme un «roman» cette autobiographie?
«N'allez pas croire, toutefois, que j'ai été plus malheureux que les autres», écrit Messier en prologue, et ses Confessions, souvent empreintes d'une évidente joie de vivre, ne cherchent pas à dire autre chose. Mais quand, en épilogue, il évoque sa mort prochaine, en sol belge, par euthanasie, la gravité reprend tous ses droits et nous incite à la compassion.
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