Polar - Trop de corruption... tue!
La corruption, c'est un peu le coeur du roman de Charyn. Imaginez le chef de police de New York qui se fait élire maire de la ville. C'est le vertige. Il connaît les criminels de sa ville (les petits macs et leurs putains, les tueurs et les trafiquants), sait où ils se trouvent. Il connaît à peu près tout de leurs complots et sait avec qui ils complotent. Tous sont liés à plus puissants, à d'honorables citoyens qui sont corrompus à l'échelle de la ville et de l'État.
Alors, par où commencer? se demande le maire Isaac Sidel. Par une tricherie. Il va se cacher dans un refuge pour sans-abri sous un faux nom: Geronimo Jones, prénom d'un grand chef apache et nom de famille tout ce qu'il y a de plus américain. Là débute l'aventure puisque plusieurs Geronimo Jones meurent, assassinés de curieuses façons. Qui peut en vouloir au nouveau maire? Qui peut connaître sa fausse identité?
C'est parti et bien parti. Charyn construit son roman comme une poupée russe: une identité en cache une autre; une histoire en contient une autre. Nous sommes à New York, avec les clichés de la Grosse Pomme: les juifs, les Noirs, les putes et les policiers véreux. Avec une bonne dose d'humour noir, on quitte New York pour Paris et Carcassonne, comme on évoque aussi la Roumanie de Ceausescu. Au coeur de l'intrigue, on se trouve mêlé à des joueurs de baseball, de ping-pong, on parle de Melville et de Baudelaire, tout en poursuivant des tueurs, des kidnappeurs d'enfants et des fous!
On n'est pas avec Grisham ou Ludlum. L'esprit du roman ne tourne pas qu'autour de l'action et de la résolution de l'intrigue. Sidel est un personnage complexe. Pris entre le bien et le mal, il est parfois forcé de faire le bien, et ça le tourmente. C'est comme ça pour tous les autres personnages: jamais entièrement bons, jamais entièrement méchants. Trop humains, dirait le philosophe.
Jerome Charyn est un auteur prolifique. Il a écrit plus de trente livres: des polars, de la bédé et des ouvrages pour enfants. Les sept premiers romans du commissaire Sidel se retrouvent en poche chez Folio/Gallimard. Cet écrivain francophile partage son temps entre New York et Paris.
RUE DU PETIT-ANGE
Jerome Charyn
Mercure de France, «Bibliothèque étrangère»
Paris, 2002, 355 pages
Alors, par où commencer? se demande le maire Isaac Sidel. Par une tricherie. Il va se cacher dans un refuge pour sans-abri sous un faux nom: Geronimo Jones, prénom d'un grand chef apache et nom de famille tout ce qu'il y a de plus américain. Là débute l'aventure puisque plusieurs Geronimo Jones meurent, assassinés de curieuses façons. Qui peut en vouloir au nouveau maire? Qui peut connaître sa fausse identité?
C'est parti et bien parti. Charyn construit son roman comme une poupée russe: une identité en cache une autre; une histoire en contient une autre. Nous sommes à New York, avec les clichés de la Grosse Pomme: les juifs, les Noirs, les putes et les policiers véreux. Avec une bonne dose d'humour noir, on quitte New York pour Paris et Carcassonne, comme on évoque aussi la Roumanie de Ceausescu. Au coeur de l'intrigue, on se trouve mêlé à des joueurs de baseball, de ping-pong, on parle de Melville et de Baudelaire, tout en poursuivant des tueurs, des kidnappeurs d'enfants et des fous!
On n'est pas avec Grisham ou Ludlum. L'esprit du roman ne tourne pas qu'autour de l'action et de la résolution de l'intrigue. Sidel est un personnage complexe. Pris entre le bien et le mal, il est parfois forcé de faire le bien, et ça le tourmente. C'est comme ça pour tous les autres personnages: jamais entièrement bons, jamais entièrement méchants. Trop humains, dirait le philosophe.
Jerome Charyn est un auteur prolifique. Il a écrit plus de trente livres: des polars, de la bédé et des ouvrages pour enfants. Les sept premiers romans du commissaire Sidel se retrouvent en poche chez Folio/Gallimard. Cet écrivain francophile partage son temps entre New York et Paris.
RUE DU PETIT-ANGE
Jerome Charyn
Mercure de France, «Bibliothèque étrangère»
Paris, 2002, 355 pages
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