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L'entrevue - L'éloge de la méchanceté

Lisa-Marie Gervais   27 décembre 2006  Livres
Michel Fize
Michel Fize
De Néron à Hitler en passant par Machiavel, la méchanceté est partout et de tout temps. Loin d'avoir appris de ses erreurs, l'humanité semble poursuivre son enlisement dans ce gouffre profond, voire y prendre plaisir. Sommes-nous vraiment méchants? Oui, déclare le sociologue Michel Fize. Et de plus en plus.À l'heure où les livres sur la recette miracle du bonheur s'accumulent sur les tablettes des librairies, courageux est celui qui ose parler de méchanceté. Un défi que le sociologue français Michel Fize a bien voulu relever, lui qui, pourtant, ne ferait pas de mal à une mouche.

Dans une rafraîchissante balade à travers la littérature française, il s'est ainsi attelé à la difficile tâche de décrypter cette corruption du coeur que Platon appelait «la maladie de l'âme».

C'est bien connu, les gens n'aiment pas reconnaître leurs petits travers. Michel Fize a quand même tenu à les leur remettre sur le nez, sans toutefois titiller leur sentiment de culpabilité ni donner de cours de morale chrétienne.

Son livre Mais qu'est-ce qui passe par la tête des méchants? se veut plutôt instructif. «En bon sociologue, je me suis interrogé sur la société dans tout ce qui la caractérise, y compris la méchanceté qui inonde la vie des uns et des autres», fait-il remarquer en soulignant le caractère intemporel et universel du concept.

Et aujourd'hui plus qu'hier, ce comportement, que Freud percevait comme un trait indestructible inhérent à la nature humaine, serait même devenu valorisé. Telle une vertu, on en ferait désormais l'éloge, constate avec dépit le sociologue au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à Paris. «Autrefois, lorsqu'on se comportait méchamment, on avait honte, dit-il. Aujourd'hui, on a le devoir d'être méchant, ne serait-ce que pour avoir la possibilité d'un avancement de carrière. On vit dans une sorte d'appel permanent à nous comporter comme des êtres ignobles.»

À la fois plus massive et encore plus banalisée, la méchanceté est désormais démasquée et célébrée, à en juger par les Tout le monde en parle (version française) et autres émissions satiriques qui, selon M. Fize, fracassent des records de cotes d'écoute grâce à leur contenu à teneur élevée en quolibets et railleries de tout genre.

Et que dire des émissions de télé-réalité à la Survivor, où le public est appelé à critiquer et éliminer sans remords le participant qu'il aime le moins? «La méchanceté fait même le succès des humoristes, dans une sorte de surenchère de moqueries au nom du rire. Je trouve que, pour le coup, on fait jouer au rire un bien mauvais rôle», soutient le sociologue et ancien membre du cabinet ministériel français.

Non pas qu'il n'y ait jamais eu dans le passé de Staline aux idées sanguinaires ou de souverains manichéens derrière les grands complots d'assassinats. Les cirques romains où l'on se rassemblait en grand nombre pour voir des condamnés mourir dévorés par des lions ne sont pas exactement ce qu'on pourrait appeler des actes de pure bonté. L'époque du «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil» n'a jamais existé à proprement parler, rappelle l'auteur dans son livre. Mais il fut un temps où l'on était plus repentant par rapport à une mauvaise conduite.

Pour éviter de sombrer ainsi dans la cruauté monstrueuse dont était capable Mr. Hyde, nos sociétés auraient besoin d'un sérieux examen de conscience. Et d'un retour aux «vraies» valeurs. Question de retrouver certaines moeurs sociales d'harmonie et de gentillesse que l'on a mises au rancart, pense Michel Fize. «On était peut-être enfermés dans le formalisme et les apparences. Un corset qui nous serrait un peu, certes, mais qui nous permettait de ne pas dépasser la ligne blanche et de ne pas tomber dans la méchanceté», soutient-il.

Le culte du moi énoncé par Maurice Barrès, politicien français du XIXe siècle, aurait aussi sa part de responsabilité dans le triomphe de ce que Kant appelait «la raison pervertie». «Dans une société où l'individu s'impose comme une exaltation du moi presque exubérante, il n'est pas étonnant qu'on emploie les moyens les plus antisociaux pour dominer et s'affirmer», souligne Michel Fize. Il déplore aussi la compétition sous toutes ses formes qui, dans un contexte d'hyper-performance, pousse parfois certaines personnes à employer des moyens moins moraux pour parvenir à leurs fins...

Bush, Ben Laden et nous

Pour Michel Fize, c'est la candidate du Parti socialiste français Ségolène Royal qui, à son insu, a décrit le plus justement la méchanceté. À ses détracteurs qui ont fait circuler sur Internet une interview dans laquelle elle critiquait les enseignants, elle a simplement rétorqué que «des gens avaient cherché à lui nuire». Un acte conscient et intentionnel commis en toute lucidité dans le but de faire délibérément du tort, voilà l'essence même de la méchanceté, croit l'auteur.

Il n'y aurait toutefois pas de méchanceté innée ni constitutionnelle. Et n'en déplaise à tous ceux qui n'ont rien à se reprocher, cette perfidie serait en chacun de nous. À en croire le philosophe Nietzsche, les deux formes fondamentales de supériorité que l'homme ait jamais eues sur les animaux étaient son âme profonde et sa méchanceté. «Malheureusement, on la remarque quand elle est déjà faite, quand on en a déjà été victime», note M. Fize.

La méchanceté a beau détenir pas moins d'une quarantaine de synonymes, pourtant, rien ne permet d'en cerner les mille et un visages. Parfois, on arrive à la reconnaître dans un froncement de sourcils ou le regard méprisant d'un collègue de travail jaloux. Qui n'a pas déjà senti sur soi le poids des gros yeux d'un enfant à qui on n'a pas voulu donner un bonbon? «Il n'y a pas de petite méchanceté: qui vole un oeuf vole un boeuf. Les enfants aussi sont méchants, on ne peut le nier», croit Michel Fize, auteur de nombreux livres sur l'enfance et l'adolescence.

Heureusement, il est des caractères sadiques qu'on peut comprendre davantage, ceux déployés sur le coup de la souffrance ou d'une grande injustice, par exemple. Ainsi, la violence dans les gestes des jeunes des cités en banlieue de Paris qui ont incendié des véhicules s'inscrivait plutôt dans une logique de souffrance et d'incompréhension. «Ils ne se sentaient pas respectés, c'était un geste désespéré», analyse le sociologue en faisant le parallèle avec le désormais célèbre coup de tête de Zizou en finale de la Coupe du monde de football. «Zidane s'est senti insulté. C'est pour ça qu'il a réagi ainsi», poursuit-il en ajoutant toutefois qu'aucun acte malfaisant n'est excusable.

Le psychopathe et le pervers

L'autre type de comportement que Michel Fize a du mal à classer dans la catégorie «méchant» est celui qui relève d'une pathologie, au sens du psychopathe ou du pervers. «Ce sont des gens qui, pour la plupart, perdent la lucidité et la conscience de leurs actes. Du coup, ils peuvent se comporter violemment, mais on ne peut pas les étiqueter comme tels parce qu'il leur manque l'intention de nuire.»

Hitler, à qui l'on associe parfois la démence, était-il donc gentil? «Son état de folie n'a pas été prouvé; il est bien probable qu'il ait été conscient qu'il était en train d'exterminer six millions de juifs.» Sachant que ni l'un ni l'autre n'a été diagnostiqué dément et que tous deux ont fait des gestes intentionnellement infâmes, qui, de Bush ou de Ben Laden, a été le plus satanique?

Bien qu'il soit le diable en personne pour la plupart des Arabes, Bush avait l'intention politique d'apporter la démocratie en Irak, pense M. Fize. «Même s'il a menti sur les armes de destruction massive.» En revanche, il estime que les scénarios de Ben Laden étaient d'une méchanceté «extraordinaire», dans le but avoué de faire du mal. «Bush est peut-être idiot, mais il n'est pas empreint d'un fanatisme criminel au point d'envoyer des avions s'écraser sur des immeubles.»

À ce mal avilissant, Michel Fize propose un remède magique: l'amour. Le vrai. Celui qui désarçonne, désarme, fait sourire. «L'amour n'entre pas dans la logique des méchants», souligne-t-il. Il recommande d'abord de traiter la méchanceté sur le plan social, en tentant d'éliminer les situations qui peuvent potentiellement causer du mal, comme l'échec scolaire, l'injustice, l'iniquité salariale et la précarité. C'est après qu'on s'occupe des scélérats. «Il faut donner mauvaise conscience aux méchants, leur faire comprendre que leur méchanceté n'est pas sans effet et qu'elle fait des victimes.»






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  • Dominic Roy
    Abonné
    mardi 26 décembre 2006 23h42
    Une nouvelle niche médiatique
    « Je reste sur ma faim de savoir. J'ai la vague impression que le professeur se cherche une niche médiatique que personne n'avait couvert jusqu'à maintenant.

    Pourquoi n'y a-t-il aucune référence au système de justice et au système correctionnel qui sont les véritables spécialistes de la psyché du criminel? Pourquoi passer à Hitler si vite ? Que penser de tous ces gens ordinaires qui pratiquent la torture dans le monde ? Des enfants soldats trop immature pour comprendre la méchanceté qu'ils pratiquent ?

    Les professeur touche des aspects intéressants en s'adressant au carriéristes. Salman Rushdie fournit dans Shalimar le clown une allégorie qui touche bien cette escalade hiérarchique dans l'échelle du pouvoir: pour grimper il faut couper la tête du supérieur hiérarchique et l'amener en pâture à son supérieur; pendant que celui-ci la dévore, tu lui coupes la sienne et tu passes au niveau suivant. La pratique symbolique et simpliste se découvre facilement fort heureusement.

    Je n'ai aucune prétention dans le domaine. Je me permettrais une simple opinion à l'effet que le crime et la méchanceté découlent le plus souvent d'une perception où on se positionne au-dessus des autres et qu'on veut démontrer notre capacité à soutenir l'insoutenable horreur (cas d'Apocalyse Now) ou de braver l'autorité (Le Parrain, par exemple).

    Je dis par contre bravo au professeur pour amener le débat sur la place publique, parce que tous les stratagèmes étalés donnent une chance aux victimes potentielles de les parer. »

  • Louise Grégoire
    Abonnée
    mercredi 27 décembre 2006 08h52
    Illustration ...
    « La caricature du Devoir de ce matin... »

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    mercredi 27 décembre 2006 10h55
    L'Illusion de l'amour
    « Bonjour

    Si l'amour prétend désarmer la méchanceté,force est de constater qu'il lui manque des guerriers.

    La méchanceté se présente sous tellement de formes et est essentiellement causée par un manque de conscience. C'est tellement plus facile de faire chier les autres que de s'occuper de ses propres bébites.
    Tout le monde le fait,je le fais.

    Le système est ainsi fait,rien n'est fait pour le bien de l'être humain.Rien n'a changé et rien ne changera. Il ne faut pas penser que nous, on y arrivera. Il faut simplement cesser de faire des enfants et mettre fin à ces illusions que sont la quête du bonheur et de l'amour. Ça n'existe pas dans le réel.

    À travers les âges,l'être humain n'a cessé d'être méchant. Tout simplement parce qu'il a des croyances,il a le cerveau manipulé par la pensée.Il ne sait de quel endroit il vient et vers quel endroit il va.

    Tout n'est que vanité et illusion. La méchanceté fait des victimes par amour.

    Il faut tout arrêter.


    Val D'Or Lagacé-Gallant
    vlag44@videotron.ca »

  • JM
    Abonné
    mercredi 27 décembre 2006 11h07
    Bush pas méchant et Ben Laden oui : un peu simpliste!
    « Je présume que les partisans de Ben Laden pourraient facilement dire le contraire : que Bush est méchant mais pas Ben Laden. De fait, ce sont deux adversaires qui ne sont pas dans le même camp. C'est tout!

    Quant au reste, tout un chacun peut parler des Bush et Ben Laden à sa façon pour défendre sa propre cause. Je ne défends pas pour autant la cause de l'un ou de l'autre.

    Quant à dire que l'un et/ou l'autre est méchant, c'est d'un réductionniste à outrance. Chacun y va à sa manière personnelle de sa propre aliénation. Il y a cependant une chose qui demeure dans tout ça, ce sont les plus petits qui en paient le prix le plus cher pour une cause qui souvent les dépasse. »

  • Sebastien Paquin Charbonneau
    Abonné
    mercredi 27 décembre 2006 11h16
    Ciel!!!
    « Ciel! Que de naïveté de la part d'un sociologue en vue. On avait la Psycho Pop...voilà maintenant la Socio Pop. Que de méchanceté de ma part...vite dans le prochain avion pour Vegas voir le méga-spectacle LOVE. »

  • Provençal Mario
    Inscrit
    mercredi 27 décembre 2006 11h19
    Tout à fait d'accord
    « La société est gravement malade et de plus en plus méchante. Il n'est pas surprenant de constater que l'être humain est la pire bêtise humaine sur cette terre. »

  • Marjolaine Lefebvre
    Abonné
    mercredi 27 décembre 2006 11h33
    La vrai méchanceté
    « La seule différence entre Bush et Ben Laden est que Bush occulte ses réelles intentions derrière le "système" de la démocratie, tout comme les SonderKommando de l'Allemagne Nazi rationalisaient leurs boucheries par des entourloupettes et arabesques intellectuelles - le résultat reste le même, des milliers de gens souffrent et meurent non pas à cause de la méchanceté mais au nom d'une idéologie. Ben Laden lui n'a pas les moyens de se payer un tel paravant et passe directement de la parole aux actes. Les résutats sont identiques, des morts innoncents et des idéologues pétants de santé et de bonnes intentions...

    PS pourquoi parlent t'on toujours de 6 millions de juifs et jamais ou trop peu des 20 milions de russes, communistes, tsiganes, et autres morts vicimes de Nazis?. Est ce que ces morts étaient "moins innocents" donc relégués aux oubliettes de l'histoire? Est-ce de la méchanceté de tronquer des faits historiques? Un journal comme le Devoir à justement le devoir de rétablir les faits et de les maintenir. »

  • diane gagnon
    Abonnée
    mercredi 27 décembre 2006 11h54
    Éloge de la méchanceté
    « Lorsque vous parlez de "retour aux vraies valeurs", à quelles valeurs vous vous référez? Celles dont sont issues les "orphelins de duplessis" entre autres??? La société n'était que plus hypocrite auparavant, c'est tout. Seuls les moyens pour y parvenir ont changé. »

  • claude dulac
    Inscrit
    mercredi 27 décembre 2006 12h07
    La méchanceté d'ici
    « L'Église dispose au Québec de propriétés foncières de plusieurs milliards de dollar et elle trouve le moyen de faire emprunter $450 millions pour réparer ses proprités. Qui ne paient pas d'impôts foncières ni scolaires. Cet argent n'a pas servi à donner plus d'un bain par semaine aux personnes hébergés, a désinfecter nos hôpitaux, à embaucher du personnel hospitalier, à réduire les liste d'attente dans les hôpitaux, à faire en sorte qu'il y ait moins de morts dans nos salles d'attente dans nos hôpitaux sur nos routes mal entretenus, à la prévention du suicide.

    Cela c'est de la vraie méchanceté. Et si Jésus revenait. Il s'en scandaliserait.
    Que dire même pas d'excuses pour les sévices et les abus dans les pensionnats, sur les orphelins de Duplessis. Et la plus grande méchanceté c'est également que ces Églises aux richesses somptuaires refusent de payer pour les vies brisées.

    Que dire que des enfants et conjointses négligé par plusieurs centaines de prêtres? Là encore le deni.

    Que dire que cette méchanté de collecter des salaires pour les aumôniers dans les hôpitaux et les foyers.Combien de slariés pourraient êmbauchés pour donner des vrais services et réduire les décès? »

  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    mercredi 27 décembre 2006 13h10
    La méchanceté citoyenne
    « Il vient un temps pour lequel un citoyen doit réagir. Si sur 7 millions de québécois, un seul citoyen écris sans ménagement et sans filets à nos politiciens. Si il les dénonce sans faux égards de crainte face au pouvoir. Si en plus cette dénonciation n'est pas partisane et qu'il ne ménage personne, il devient l'ennemi public numéro 1 : le roi des méchants, le pervers, le psychopathe, le tueur en série de la plume. Il possède du même coup, tous les défauts, tous les vices, toutes les cruautés.

    Chaque parti politique spolié se servira de ses contacts médiatiques pour le dénoncer et le marginaliser. Ma foi, si nous en sommes arrivés à nos derniers retranchements pour assurer aux générations futures un avenir meilleur en rendant la monnaie aux hommes et aux femmes du pouvoir pour que cela change, si le seul frein aux injustices subsistes dans la dénonciation la pédale au fond de tous les abuseurs : assumons l'étiquette de méchant, de méfait public sur deux pattes, de pisse vinaigre, d'ennemi de l'humanité distinguée car c'est au prix du rejet de soi par les tenants du pouvoir que l'on doit malheureusement peut être faire avancer la cause du bien commun.

    Méchant pour être méchant, je ne le crois pas mais implacablement sévère, constamment aux aguets comme un chien sur son os, imperturbablement prêt à extirper le ver de la corruption étatique de la pomme sociétale : j'en suis. Il faut que cela change et cela va changer de gré ou de force car nous ne laissons plus aux politiciens le choix.

    L'époque dans laquelle nous étions fins, admiratifs et prêts à les applaudir est définitivement derrière nous. Les puissants la contemple avec nostalgie et tentent de nous faire rentrer dans le rang en nous enlevant notre emploi, notre réputation, nos contacts, notre famille et nos amis. Soit, Kiricou luttait tout nu et seul contre l'injustice et la corruption.Si c'est à cela qu'ils veulent nous rabaisser, nous descendrons aussi bas qu'ils le voudront en gardant la tête haute et en ne fermant pas notre coeur et notre bouche afin de dénoncer l'inutile souffrance de nos concitoyens.

    Nous serons pour tous les exploiteurs, les voleurs, les menteurs et les abuseurs des ressources sociales des méchants en acier inoxydable jusqu'à ce qu'ils soient contraints à de meilleures dispositions face aux citoyens et aux contribuables. La méchanceté citoyenne est un humanisme désanchanté avec des crocs d'aciers. »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    mercredi 27 décembre 2006 15h12
    Un Hymne à l'amour
    « Inconditionnel, altruiste et universel.

    Malheureusement, les plus gentils seront encore longtemps confondu avec des simplets.

    Que fait l'amour des humains quand l'amour du profit montre son dollar? Il se tasse dans le fond du coeur de pierre. Et pourtant un des plus généreux, mais pas le plus gentil, à ce que disent les écrits ( du bouche à oreille, écrit 300 ans après les faits...) ce Jésus a dit.. "sur cette pierre je bâtirai mon église".. Mais je continue de penser qu'un geste d'amour gratuit reste le plus payant... »

  • Jean-Pierre Roy
    Inscrit
    mercredi 27 décembre 2006 15h48
    L'amour, comme solution à la méchanceté
    « Tout à fait d'accord avec l'analyse de Michel fize. La méchanceté et un relicat de notre animalité qu'il faut dompter à chaque jour. Il est tellement plus facile d'être agressife et méchant que bon et charitable!

    Mais il y a de l'espoir. Du Big Bang à aujourd'hui, l'univers n'a cessé de progressé. Il a engendré la vie puis la conscience et celle-ci ne cesse de s'accroître, malgré les apparences. Au sommet de la supra conscience se trouve l'amour inconditionnel. Certes, il y a encore du chemin à faire.

    Mais si chacun faisait sa part, en s'aimant d'abord puis en aimant les autres autour de soi, le monde n'en serait que meilleur. On en viendrait peu à peu à nourrir et éduquer tous les enfants de la planète. Si seulement si on consacrait un dixième de l'argent consacré à la méchanceté (pour faire la guerre, entre autre autres, on s'acheminerait rapidement vers un certain paradis, dont nous rêvons tous, plus ou moins consciemment.

    Jean-Pierre Roy
    jpr39@globetrotter.net »

  • Lise Sévigny
    Abonnée
    mercredi 27 décembre 2006 17h46
    La marque du désespoir...
    « La méchanceté est enfouie au fond de nous-même. Elle résulte d'une angoisse de vivre parce qu'un jour, il nous faut affronter la mort. Les plus forts sont "gentils" et respectent les autres mais les faibles sont incapables d'envisager une telle perspective et ils détruisent tout sur leur passage. La vraie méchanceté est difficle à croire. »

  • Philippe Champagne
    Inscrit
    mercredi 27 décembre 2006 22h51
    MÉCHANCETÉ
    « J'ai fort apprécié cet article.

    Au moment où certains ténors des ondes proclament haut et fort que l'élite est cachée, je ne peux que féliciter la journaliste d'avoir pu joindre Michel Fize.

    Psaumes 1:4
    Il n'en est pas ainsi des méchants : Ils sont comme la paille que le vent dissipe.

    Cette parole biblique me rassure au plus haut point dans le monde mesquin où on se trouve.

    De dire ainsi que le méchant est emporté aux quatre vents me rappelle que l'homme est poussière et y retournera.

    Le sociologue fait ressortir que notre néo-société valorise la méchanceté. De là à la coupler avec la folie de la productivité dont un certain politicien nous parlait cet automne, il n'y a qu'un pas. Et je n'hésite pas à le franchir.

    Ce que d'aucuns appellent après Platon "la maladie de l'âme", telle est la corruption du coeur.

    Ce que Kant a appelé aussi "la raison pervertie"...jette une lumière aveuglante sur notre monde déjà ténébreux. Il est bon de se faire rappeler de temps en temps par des gens qui pensent, nos limites...attendu que souvent ce sont nos grandeurs qui ont tendance à prendre toute la place.

    Pour reprendre l'enseignement de Maurice Barrès, ce culte du moi, on l'a en pleine face dans la publicité omniprésente, agressante tant sur le Net, qu'à la radio, à la télé... On accorde beaucoup trop de place à mon avis aux capitalistes égoïstes qui la prennent toute sans hésitation tellement ils sont en manque d'on ne sait trop quoi...une insécurité maladive qui leur fait craindre, après Pascal, ces grands espaces qui les effraieront tant après leur mort.

    Déjà le Christ avait vu venir le jeu des puissants sur le monde quand il énonce la parabole du riche à qui sa vie sera redemandée le lendemain qu'il ait construit sa grosse maison.

    Si déjà on dépossède les riches les plus pourris de la planète, que sera-ce après, au terminus de leur vie?

    Il y a sûrement un rapprochement à faire entre ce que disait l'Église autrefois que dans le péché, c'est l'intention qui compte. Même si certains commentateurs à la suite de l'article se sont empressés une fois de plus de la fustiger. Car il se trouve que le méchant/la méchante ne pardonne pas...c'est aussi un critère pour le/la reconnaître.

    Aussi est-ce rassurant de lire: Le seul antidote à la méchanceté: «L'amour n'entre pas dans la logique des méchants»; c'est un plus qui différencie l'homme de l'animal.

    En autant qu'on ne confond pas la zoo-thérapie avec l'anthropomorphisme.

    C'est pourquoi il ne faut pas hésiter non plus à utiliser l'arme de la culpabilité: «Il faut donner mauvaise conscience aux méchants.» C'est tout ce qui nous reste. »

  • Hélène Naud
    Inscrite
    jeudi 28 décembre 2006 12h00
    Un moins une demie n'égale jamais un.
    « Toute réflexion sur l'humanité qui ne contient pas une analyse soigneuse de la réalité des femmes ainsi que des hommes et prétend tout régler au neutre est nécessairement invalide.

    Hélène Naud »

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