Littérature française - Itinéraires du poète
D'un livre à l'autre, Jean-Michel Maulpoix reprend sans cesse le même dialogue. Il note les détails de ce monde, qu'il interroge au fil de sa mémoire. C'est une écriture qui aspire au bleu du ciel com
De Pékin à Rio en passant par Kiev et Manhattan, Chutes de pluie fine se lit comme des notes de voyages. Maulpoix observe, autour de lui, le désordre inconnu des villes: des temples parmi les buildings, une boutique misérable et crasseuse, le hall monumental d'un hôtel. Dès les premières pages, il note: «Ce livre ne commence nulle part: juste une averse dans l'intervalleÉ Une chute de ciel, une chute de signes: ma table d'écriture et d'orientation. Ces voyages sont des phrases. Des tours et des tournures. Façons de voir et de dire des choses. D'aller et de venir. Rôder, chercher, se perdre un peu.» C'est peut-être grâce à cette distance que l'auteur d'Un instinct de ciel arrive à mieux cerner la détresse de tels paysages. Maulpoix demeure attentif dans la solitude qui l'entoure. De passage à Montréal, il termine le chapitre qu'il lui consacre par cette phrase: «Québec, le modèle d'un pays dépourvu d'arrogance.»
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