Littérature - Nancy Huston remporte le prix Femina
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Photo : Agence France-Presse
La romancière Nancy Huston a remporté hier à Paris le prix Femina pour son dernier roman Lignes de Faille, qui met en scène des enfants de quatre générations successives.
Le prix Femina a été remis hier à la Canadienne Nancy Huston pour son roman Lignes de faille. Dans ce roman, la romancière se glisse dans la peau de quatre enfants de générations successives, alors qu'ils sont âgés de six ans. La romancière a dit avoir trouvé particulièrement difficile cette plongée dans l'angoisse de l'enfance, confrontée à un monde régi par les grands sur lequel elle n'a pas de prise.
Les héros de Lignes de faille ne vivent par ailleurs pas dans des mondes faciles. L'arrière-grand-mère, Kristina, rebaptisée Erra, est arrachée à son milieu pour grandir dans une famille allemande, avant de partir pour le Canada. Ces lebensborn sont des enfants qui ont été volés à leurs familles, en Pologne et en Ukraine, pour repeupler l'Allemagne décimée par la guerre. Les descendants de Kristina, Sadie, née en 1962, Randall en 1982 et Sol en 2004, traversent respectivement les conflits d'Israël et de l'Irak. «Les enfants vivent dans une famille. Ils ne vivent pas dans un pays», a fait valoir l'écrivaine en entrevue. Et c'est dans cette impuissance d'une enfance à qui il arrive des choses qu'elle ne comprend pas que Huston a puisé l'inspiration de son livre. Et ce ne sont pas nécessairement les enfants les moins choyés par la vie qui y ont les destinées les moins intéressantes. Mais les événements qu'ils ont traversés les ont marqués pour la vie.
Mme Houston s'est dite absolument ravie d'avoir remporté le prix Femina, 25 ans après y avoir été en lice pour la première fois. Nancy Huston, née en 1953 à Calgary, a en effet publié 29 romans et essais depuis la publication de son premier livre, Les Variations Goldberg, en 1981. Elle écrit indifféremment en anglais ou en français, selon la langue que parlent ses personnages. La Canadienne vit d'ailleurs à Paris avec ses deux filles et son mari. Lignes de faille a pour sa part été directement écrit en anglais. Mais l'éditeur anglophone de Huston a demandé à l'auteure de retirer certains passages litigieux, sans doute ceux critiquant l'administration Bush. Lignes de faille n'est donc jamais paru dans sa version originale anglaise, et est paru directement en français chez Actes Sud.
Ce prix a été remis en pleine tourmente, alors que Madeleine Chapsal a été exclue du jury Femina, le même jour, pour avoir dénoncé certaines pratiques du jury du prix Femina dans son livre Journal d'hier et d'aujourd'hui. Tout de suite après que Madeleine Chapsal a été exclue, hier, c'est l'écrivaine Régine Deforges qui a claqué la porte du jury à sa suite, dénonçant la censure. Dans son livre, Madeleine Chapsal racontait le détail d'une rencontre du jury, au moment de désigner le lauréat du prix Femina 2005, Régis Jauffret, pour Asiles de fous, paru chez Gallimard. Madeleine Chapsal dénonce le fait que des membres du jury aient décidé en bloc de voter pour le candidat de Gallimard. «Je n'avais rien contre, mais c'est ce côté gang qui m'a énervée», écrivait-elle.
Les héros de Lignes de faille ne vivent par ailleurs pas dans des mondes faciles. L'arrière-grand-mère, Kristina, rebaptisée Erra, est arrachée à son milieu pour grandir dans une famille allemande, avant de partir pour le Canada. Ces lebensborn sont des enfants qui ont été volés à leurs familles, en Pologne et en Ukraine, pour repeupler l'Allemagne décimée par la guerre. Les descendants de Kristina, Sadie, née en 1962, Randall en 1982 et Sol en 2004, traversent respectivement les conflits d'Israël et de l'Irak. «Les enfants vivent dans une famille. Ils ne vivent pas dans un pays», a fait valoir l'écrivaine en entrevue. Et c'est dans cette impuissance d'une enfance à qui il arrive des choses qu'elle ne comprend pas que Huston a puisé l'inspiration de son livre. Et ce ne sont pas nécessairement les enfants les moins choyés par la vie qui y ont les destinées les moins intéressantes. Mais les événements qu'ils ont traversés les ont marqués pour la vie.
Mme Houston s'est dite absolument ravie d'avoir remporté le prix Femina, 25 ans après y avoir été en lice pour la première fois. Nancy Huston, née en 1953 à Calgary, a en effet publié 29 romans et essais depuis la publication de son premier livre, Les Variations Goldberg, en 1981. Elle écrit indifféremment en anglais ou en français, selon la langue que parlent ses personnages. La Canadienne vit d'ailleurs à Paris avec ses deux filles et son mari. Lignes de faille a pour sa part été directement écrit en anglais. Mais l'éditeur anglophone de Huston a demandé à l'auteure de retirer certains passages litigieux, sans doute ceux critiquant l'administration Bush. Lignes de faille n'est donc jamais paru dans sa version originale anglaise, et est paru directement en français chez Actes Sud.
Ce prix a été remis en pleine tourmente, alors que Madeleine Chapsal a été exclue du jury Femina, le même jour, pour avoir dénoncé certaines pratiques du jury du prix Femina dans son livre Journal d'hier et d'aujourd'hui. Tout de suite après que Madeleine Chapsal a été exclue, hier, c'est l'écrivaine Régine Deforges qui a claqué la porte du jury à sa suite, dénonçant la censure. Dans son livre, Madeleine Chapsal racontait le détail d'une rencontre du jury, au moment de désigner le lauréat du prix Femina 2005, Régis Jauffret, pour Asiles de fous, paru chez Gallimard. Madeleine Chapsal dénonce le fait que des membres du jury aient décidé en bloc de voter pour le candidat de Gallimard. «Je n'avais rien contre, mais c'est ce côté gang qui m'a énervée», écrivait-elle.
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