Roman français - Duteurtre et la critique sociale
Si Benoît Duteurtre vivait au Québec, il serait sans doute membre en règle des «lucides». Pas ceux qui parlent de richesse, de plus-value et de croissance. Non. Les autres, capables de poser un regard critique juste et instruit sur leur époque et surtout de le partager pour le bien de la réflexion collective sans ennuyer personne.
Avec Chemin de fer (Fayard), l'auteur de 46 ans le prouve une fois de plus en poursuivant ce qu'il a amorcé avec Service à la clientèle (2003) et La Petite Fille et la cigarette (2005): l'écriture d'une fable contemporaine, en trois volets, pleine de compassion, sur les dérives et les délires de la modernité. Et forcément, on ne peut encore une fois que se délecter de cette bouchée tantôt caustique, tantôt douceâtre mettant en vedette Florence, Parisienne franchement rurale qui aime cultiver les paradoxes.
«Assez bonne nageuse dans le bassin de la vie mondaine», écrit-elle dans ce livre-journal couvrant sa vie de novembre à janvier, cette directrice d'agence de communication voue également une passion sans borne à la solitude et au charme d'antan de sa maison des Vosges. Une région montagneuse de l'est du pays, dans le coin de Nancy, qu'elle regagne chaque fin de semaine depuis Paris en train.
Espaces de liberté, de lecture et d'évasion où le temps est rythmé par la combustion des bûches de bois et où l'environnement se consomme nature, ces escapades montagnardes et les voyages en train liés deviennent au fil des pages des lieux de méditation sur le progrès, la technologie et tous ces consensus sociaux sur lesquels l'humanité, selon elle, gagnerait à davantage se questionner.
Inspirée par la désuétude de son train «déclassé» — comprendre: une vieille rame placée sur une ligne pas rentable —, par le service à la clientèle foireux des chemins de fer français ou encore par l'arrivée d'un beau lampadaire tout neuf devant son ermitage, cette quinquagénaire introspective amorce alors un voyage au coeur des contradictions: celles d'un monde qu'elle construit finalement chaque semaine depuis son bureau parisien.
Au sortir de cette balade, l'optimiste devrait l'être un peu moins. Le pessimiste un peu plus. Mais les deux risquent finalement de se coucher un peu moins cons puisque forcés d'avoir mis le nez dans cet air du temps duel que Florence n'est certainement pas la seule à respirer.
Avec Chemin de fer (Fayard), l'auteur de 46 ans le prouve une fois de plus en poursuivant ce qu'il a amorcé avec Service à la clientèle (2003) et La Petite Fille et la cigarette (2005): l'écriture d'une fable contemporaine, en trois volets, pleine de compassion, sur les dérives et les délires de la modernité. Et forcément, on ne peut encore une fois que se délecter de cette bouchée tantôt caustique, tantôt douceâtre mettant en vedette Florence, Parisienne franchement rurale qui aime cultiver les paradoxes.
«Assez bonne nageuse dans le bassin de la vie mondaine», écrit-elle dans ce livre-journal couvrant sa vie de novembre à janvier, cette directrice d'agence de communication voue également une passion sans borne à la solitude et au charme d'antan de sa maison des Vosges. Une région montagneuse de l'est du pays, dans le coin de Nancy, qu'elle regagne chaque fin de semaine depuis Paris en train.
Espaces de liberté, de lecture et d'évasion où le temps est rythmé par la combustion des bûches de bois et où l'environnement se consomme nature, ces escapades montagnardes et les voyages en train liés deviennent au fil des pages des lieux de méditation sur le progrès, la technologie et tous ces consensus sociaux sur lesquels l'humanité, selon elle, gagnerait à davantage se questionner.
Inspirée par la désuétude de son train «déclassé» — comprendre: une vieille rame placée sur une ligne pas rentable —, par le service à la clientèle foireux des chemins de fer français ou encore par l'arrivée d'un beau lampadaire tout neuf devant son ermitage, cette quinquagénaire introspective amorce alors un voyage au coeur des contradictions: celles d'un monde qu'elle construit finalement chaque semaine depuis son bureau parisien.
Au sortir de cette balade, l'optimiste devrait l'être un peu moins. Le pessimiste un peu plus. Mais les deux risquent finalement de se coucher un peu moins cons puisque forcés d'avoir mis le nez dans cet air du temps duel que Florence n'est certainement pas la seule à respirer.
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