Ville-cancer pour un livre-tumeur
«La magie secrète d'un livre étranger [...] tient dans le fait qu'aussitôt, nous nous l'approprions et qu'il nous pousse à croire que la lecture nous enrichit (comme des animaux dangereux pourtant faciles à domestiquer non par la force, qui nous unit et nous rend tous égaux, mais par l'intelligence, qui nous divise en tribus irréconciliables et nous fait frissonner de bonheur quand nous croisons un pair).» Le narrateur de Mantra est assis dans un avion pour Mexico. Sa voisine est une vieille femme qui vole pour la première fois. Elle vient de s'endormir, un livre ouvert sur les genoux. Le narrateur se penche et attrape un passage au vol, le lit comme si c'était le dernier, «comme un adieu au verbe lire... » Au même moment, je suis assis au-dessus de l'Atlantique dans un avion pour Paris et ma voisine lit le dernier Dan Brown et moi, je lis les mots du narrateur de Mantra.
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