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    Bédé - Les État-Unis harcelés

    26 octobre 2002 |Denis Lord | Livres
    & White et Pin up. Si Les Innommables fait une place primordiale à la civilisation chinoise au début du règne de Mao, le prolifique scénariste n'en cesse pas moins son harcèlement face aux États-Unis, où il situe d'ailleurs l'action de cet épisode. Avec Tim et Tony, Mac est à la recherche de Jade, la fille qu'il a eue avec une agente du KGB chinois. Jade a été adoptée par le fils d'un grand ponte du Projet Manhattan, et son oncle Lafayette (deuxième nom de Ron L. Hubbard) lui met la tête à l'envers avec ses histoires d'extraterrestres. Justement, le récit prend place tout près de Roswell... En redonnant vie à cette série commencée chez Spirou au début des années 80, Dargaud a aussi offert une latitude exceptionnelle à l'imagination débridée — ou bridée, vu le cas — de Yann et Conrad: documents insérés; cases en odorama et même — un comble — deux versions aux conclusions antithétiques du tome 6. Mais la série tient très bien la route sans ces bonus, foisonnante de personnages, de pulsions et d'irrévérences, cruelle et atypique. Chose étonnante et rare, l'intérêt se maintient, même après dix tomes. Une version écourtée des cinq premiers a été publiée sous le titre Le Cycle de Hong Kong.

    Pour les enfants d'abord mais aussi pour les adultes, l'auteur de Maus et sa compagne, directrice artistique du New Yorker, proposent une relecture des contes et légendes par quelques grands noms de la bédé d'aujourd'hui (Mattotti, Swarte, Burns) et d'hier (Walt Kelly). Spiegelman lui-même, dans un style fort éloigné de celui qui a fait sa renommée, signe une parabole hassidique racontant l'histoire d'un prince qui croit être un coq. Daniel Clowes (Ghostworld, Eightball) reprend le conte La Belle au bois dormant là où Perrault l'avait abandonné. Little Lit contient également deux jeux d'observation et un jeu de société de Chris Ware, «qui vous donne la liberté d'inventer des histoires»! Sinon peut-être pour les enfants, on ne peut dire que les récits présentés ici laisseront de grands souvenirs, contrairement au graphisme qui, quel que soit le style, s'avère de premier plan. La maquette de l'album est également formidable, et l'aurait été plus encore sans les textes promotionnels éculés et médiocres qui n'ont même pas l'excuse du second degré. À moins que...

    Moréa

    Tome 2: L'échine du dragon

    Arleston et Labrosse

    Soleil Toulon, 2002, 47 pages

    Quand le dessinateur québécois Thierry Labrosse s'associe au scénariste de la populaire série Lanfeust, le résultat ressemble à Largo Winch rencontre Highlander. En bref, rien d'original côté histoire et graphisme, mais d'aucuns trouveront l'ensemble divertissant. Héritière de la toute-puissante multinationale DWC, Moréa est une immortelle du clan des Dragons, qui lutte contre les Anges depuis l'aube des temps pour réaliser ses utopies. Dans la présente aventure, une scientifique à l'emploi de la DWC est assassinée alors qu'elle travaillait à la création de la vie végétale sur Mars dans le but de régler le problème de la surpopulation. Moréa et son mentor Terkio partent aux États-Unis pour trouver l'origine du complot. La patrie de Bush y est présentée comme un État du Tiers-Monde dirigé par une dictature xénophobe et très chrétienne. Les Dragons y affrontent un système judiciaire particulièrement tatillon ainsi qu'une armada de tueurs. Pendant ce temps, ça complote ferme au DWC... Les personnages dessinés par Labrosse sont parfois figés, statiques, mais son travail est professionnel.

    La jonque fantôme, vue de l'orchestre

    Jean-Claude Forest

    Casterman

    Bruxelles, 2002, 102 pages

    Par-delà la calvitie, les déprédations des grands vampires de l'agroalimentaire et les problèmes de mise au point du système OSX, la vie vaut parfois la peine d'être vécue, en particulier lorsque Casterman rend à nouveau disponible ce singulier récit qu'est La Jonque fantôme, vue de l'orchestre. Alors que son navire est coulé par les forces de l'ennemi dans l'Adriatique, le fusilier marin Gaston Gamine réussit à gagner les rives de la Saravonie Argovine, convaincu qu'être soldat est un bien triste métier et qu'on ne l'y reprendra pas. Il devient l'assistant de Winnic Radbod, un vendeur itinérant de fenêtres hygiéniques dont l'utilité reste un temps fort nébuleuse au déserteur. Mais voilà que la Saravonie est attaquée par les Roumains et les Italiens... et que Radbod pourrait bien, en réalité, être un illusionniste disparu dans d'étranges circonstances. Décédé en 1996, Forest, avec ce récit paru dans (À suivre) en 1980, alliait réflexion sur la guerre et féerie sur un jeu de hachures aux références feuilletonesques très éloignées des couleurs ahurissantes de Enfants, c'est l'Hydragon qui passe. La narration et les dialogues, abondants, sont d'une poésie et d'une justesse que le temps n'a pas entamées. Du nectar.
     
     
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