De Shakespeare à Carver
«Jeunes voyous - voleurs à l'étalage, voleurs d'enjoliveurs. / Bozos. Dick Miller, mort maintenant. / Lyle Rousseau, fils du concessionnaire Ford. / Et moi, qui venais juste d'engrosser une fille. / On chassait la grouse dans la lumière dorée / de cette fin d'après-midi.» Ça s'entend, on est dans du Raymond Carver. Passons vite sur le fait qu'on ne rencontre pas de coq de bruyère d'Écosse (Petit Robert) dans l'État de Washington. Ce n'est pas la première fois qu'un traducteur arrêté par un nom d'oiseau va au plus pressé. Mais je m'étonne que, avec tous ces Français qui débarquent chaque automne pour admirer nos couleurs et tirer nos bécasses, notre petite vedette locale, la gélinotte huppée, ne soit pas mieux connue à Paris. Aussi américaine que la tarte aux pommes, elle fait bouffer ses plumes jusqu'aux rivages de l'océan Pacifique et c'est probablement elle que le jeune Carver et ses peu recommandables compagnons tiennent au bout de leur fusil. À moins que ce ne soit le tétras sombre, dont les couvées faisaient exploser le fossé quand je pédalais les îles du golfe de Georgia? Cher monsieur Lasaygues, pour un travail bien fait, je vous suggère le guide Peterson des oiseaux de l'ouest de l'Amérique du Nord.
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