Lettres francophones - Vous avez dit francophonie?
Alors que vient d'avoir lieu à Paris le Salon du livre consacré aux littératures francophones, plusieurs questions se posent. La première, gênante parce que récurrente et toujours irrésolue: que recouvre au juste la notion de francophonie? Une étiquette commode servant à regrouper les anciennes colonies françaises? Une manière de désigner les locuteurs français hors de France tout en les marginalisant? Une façon pour l'État français d'assurer sa présence au sein d'organismes internationaux? Quoi qu'il en soit, dès que l'on tente de préciser le sens du mot, il y a toujours un reste, c'est-à-dire des exceptions, des éléments qui ne cadrent pas avec la définition. Les écrivains antillais, comme les réunionnais, pourtant considérés comme faisant partie de cet ensemble flou que l'on nomme la francophonie littéraire, ne figurent pas parmi les invités officiels du Salon à cause de leur nationalité française. On ne s'en sort pas aisément. Quant aux auteurs de la Belgique, ils appartiennent à ce qu'on pourrait nommer une francophonie de proximité, souvent difficile à distinguer du corpus littéraire français. Romancier francophone, Weyergans?
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