Danse - Un spectacle pour deux cultures soeurs
Au-delà des pas, le flamenco et le tango ont beaucoup en partage. Le chorégraphe Antonio Najarro a voulu en témoigner en créant Tango Flamenco, premier spectacle de sa troupe Talent Danza. Source: FIJM
Au-delà des pas, le flamenco et le tango ont beaucoup en partage. Ces deux formes d'art total incarnent à la fois la passion et la douleur de vivre d'un peuple, à travers un mélange de chant, de danse et de musique. Le chorégraphe Antonio Najarro, jeune prodige de la danse espagnole actuelle, a voulu en témoigner en créant Tango Flamenco, premier spectacle de la troupe qu'il a fondée en 2002, Talent Danza.
«Ce sont deux styles très différents au niveau du mouvement, mais, dans le fond, ce qu'ils transmettent se ressemble vraiment: l'énergie, la passion, la complicité homme-femme, le jeu des regards, les tempéraments marqués — sensualité chez la femme, force chez l'homme», explique-t-il au Devoir, à la veille de la seconde présentation montréalaise de son spectacle, qui récolte les éloges sur son passage. C'est d'ailleurs «à la demande générale», précise le jeune directeur artistique de 29 ans, que Tango Flamenco, vu à Montréal un seul soir en novembre dernier, est repris dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal.
Le spectacle convoque sur scène 24 artistes, dont 12 danseurs et deux ensembles de musique, l'un de flamenco, Jarcamora, et l'autre de tango, l'Ensamble de Nuevo Tango, dont le répertoire s'ancre dans la musique d'Astor Piazzola. De cette rencontre naît une musique qui puise tant dans les racines du flamenco — chant nasillard, palmas et guitare — que dans le son plus actuel des cordes ou des flûtes qu'on retrouve dans le tango contemporain. Rien de moins pour le baptême de la compagnie espagnole en tournée internationale depuis presque trois ans.
Exit le minimalisme et l'épure dont les troupes actuelles font souvent leur profession de foi. Le chorégraphe, qui a grandi dans les feria andalouses, préfère les productions à grand déploiement où se mélangent les genres. «J'aime les chorégraphies de groupe, reconnaît le chorégraphe. Tango Flamenco est une fusion actuelle mais grandiose. Ce n'est pas une représentation du flamenco et du tango purs. Il s'agit plutôt d'une expression de ces danses avec mon langage et ma tête de chorégraphe de 29 ans qui vit en 2005.»
Sans renier les valeurs du flamenco, il puise dans sa propre expérience, qui n'est pas des moindres. Celui qui a raflé le premier prix au sortir du conservatoire de danse de Madrid et qui, dès l'âge de 15 ans, frayait dans les compagnies les plus prestigieuses — les Rafael Aguilar et Antonio Gades — à titre de soliste, a aussi dansé pour le Ballet national d'Espagne dirigé par José Antonio.
Son spectre est aussi large que peut l'être la danse espagnole d'aujourd'hui. «On parle toujours de flamenco, mais la danse espagnole offre un grand éventail de styles, du classique au flamenco en passant par le folklore et la escuela bolera, une forme classique avec castagnettes», rapporte Antonio Najarro. Ses danseurs sont d'ailleurs rompus à plusieurs techniques de danse — un critère pour intégrer les rangs de Talent Danza. La fusion des styles pourrait bien devenir son dada puisqu'il travaille actuellement à sa prochaine production, un autre spectacle hybride entre l'art flamenco et les musiques et danses du Moyen-Orient. On est de son temps ou on ne l'est pas.
***
TANGO FLAMENCO
De la Compania Talent Danza
Du 29 juin au 9 juillet au Théâtre Jean-Duceppe
Collaboratrice du Devoir
«Ce sont deux styles très différents au niveau du mouvement, mais, dans le fond, ce qu'ils transmettent se ressemble vraiment: l'énergie, la passion, la complicité homme-femme, le jeu des regards, les tempéraments marqués — sensualité chez la femme, force chez l'homme», explique-t-il au Devoir, à la veille de la seconde présentation montréalaise de son spectacle, qui récolte les éloges sur son passage. C'est d'ailleurs «à la demande générale», précise le jeune directeur artistique de 29 ans, que Tango Flamenco, vu à Montréal un seul soir en novembre dernier, est repris dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal.
Le spectacle convoque sur scène 24 artistes, dont 12 danseurs et deux ensembles de musique, l'un de flamenco, Jarcamora, et l'autre de tango, l'Ensamble de Nuevo Tango, dont le répertoire s'ancre dans la musique d'Astor Piazzola. De cette rencontre naît une musique qui puise tant dans les racines du flamenco — chant nasillard, palmas et guitare — que dans le son plus actuel des cordes ou des flûtes qu'on retrouve dans le tango contemporain. Rien de moins pour le baptême de la compagnie espagnole en tournée internationale depuis presque trois ans.
Exit le minimalisme et l'épure dont les troupes actuelles font souvent leur profession de foi. Le chorégraphe, qui a grandi dans les feria andalouses, préfère les productions à grand déploiement où se mélangent les genres. «J'aime les chorégraphies de groupe, reconnaît le chorégraphe. Tango Flamenco est une fusion actuelle mais grandiose. Ce n'est pas une représentation du flamenco et du tango purs. Il s'agit plutôt d'une expression de ces danses avec mon langage et ma tête de chorégraphe de 29 ans qui vit en 2005.»
Sans renier les valeurs du flamenco, il puise dans sa propre expérience, qui n'est pas des moindres. Celui qui a raflé le premier prix au sortir du conservatoire de danse de Madrid et qui, dès l'âge de 15 ans, frayait dans les compagnies les plus prestigieuses — les Rafael Aguilar et Antonio Gades — à titre de soliste, a aussi dansé pour le Ballet national d'Espagne dirigé par José Antonio.
Son spectre est aussi large que peut l'être la danse espagnole d'aujourd'hui. «On parle toujours de flamenco, mais la danse espagnole offre un grand éventail de styles, du classique au flamenco en passant par le folklore et la escuela bolera, une forme classique avec castagnettes», rapporte Antonio Najarro. Ses danseurs sont d'ailleurs rompus à plusieurs techniques de danse — un critère pour intégrer les rangs de Talent Danza. La fusion des styles pourrait bien devenir son dada puisqu'il travaille actuellement à sa prochaine production, un autre spectacle hybride entre l'art flamenco et les musiques et danses du Moyen-Orient. On est de son temps ou on ne l'est pas.
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TANGO FLAMENCO
De la Compania Talent Danza
Du 29 juin au 9 juillet au Théâtre Jean-Duceppe
Collaboratrice du Devoir
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