mardi 24 novembre 2009 Dernière mise à jour 09h39


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Télévision - Flamenco à géométrie variable

Frédérique Doyon   10 juillet 2004  Danse
C'est une danse qui allie grâce et caractère, un chant qui trifouille le fond de l'âme et une musique qui semble capter toute la gamme des émotions humaines. À l'instar de ses influences multiples, le flamenco se décline sur de nombreux modes: triste et joyeux, musical et chorégraphique, au féminin comme au masculin. Et c'est peut-être ce qui lui donne la force de perdurer, comme

le montre éloquemment l'émission Thema de dimanche soir, à Artv.

En première partie (21h), le film Flamenco du réalisateur espagnol Carlos Saura rend un magnifique hommage à cette variété des formes et des influences de l'art andalou, tout en demeurant sur son terrain plus traditionnel. Comme toujours chez Saura, il y a ce souci extrême du cadrage, de la lumière et des couleurs chaudes, mais aussi de la mise en scène de la danse.

Le réalisateur prend bien soin de camper son film d'entrée de jeu. De superbes images en kaléidoscope évoquent tout à la fois l'église et le studio, rappelant les origines religieuses et populaires du flamenco. Un bref texte trace d'ailleurs les grandes lignes de son histoire, qui puise ses sources chez les gitans, ainsi que dans les chants grecs et arabo-andalous, les histoires d'amour catalanes et les complaintes juives.

Le lieu est divisé en de multiples alcôves où se déroule chacune des courtes danses, suivant tantôt un rythme léger ou grave, en groupe ou en solo. C'est une véritable foule qui ouvre le bal. Avec ces danseurs, ces musiciens et ces chanteurs vêtus et chaussés simplement, comme les gens ordinaires, Saura semble nous rappeler que l'art flamenco est né du quotidien des Andalous. Il a d'abord fleuri dans l'arrière-cour ou le salon des particuliers. Plus tard, une scène autour de la table, où l'on bat la mesure comme si l'on discutait, le montre encore. En proposant une série de tableaux où la danse, le chant, la guitare occupent chacun leur tour le devant de la scène, Flamenco raconte finalement l'histoire de cet art.

En seconde partie (22h40), le spectacle La Tirana, chorégraphié par Maria Pagés, se révèle un audacieux mélange de flamenco et de formes plus contemporaines. Les scènes de danse, plus théâtralisées que d'ordinaire, se conjuguent sur tous les styles de musique, du classique au populaire en passant par le tango, le jazz, un air de comédie musicale bien connu (Singing in the Rain) et, bien sûr, le flamenco. Car bien que réputée pour avoir renouvelé l'art andalou, la chorégraphe s'attarde aussi habilement à ses formes plus traditionnelles.

À l'instar du réalisateur Carlos Saura, Maria Pagés soigne elle aussi ses mises en scène. Dans un décor baroque, une peinture de Goya (Maja) prend littéralement vie au sein

du groupe de danseurs et sert de déclencheur dramatique. Costumes d'époque et tenues plus modernes se relaient, tout comme les chorégraphies de groupe et les scènes plus intimistes. L'énergie des danseurs est palpable et ils se prêtent plutôt habilement au mélange des genres et des couleurs.

On a pu voir cette production des plus éclectiques dans le cadre du Festival Juste pour rire il y a quelques années. Maria Pagés connaît une carrière fulgurante. En 2002, elle recevait le Premio National de Danza de España dans la catégorie création, une première pour une danseuse de flamenco.

thema: Flamenco,

Artv, dimanche, 21h.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009