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Les réactions incrédules continuaient d'affluer hier aux bureaux du FIND - Québec affirme être intervenu pour sauver le FIND

Stéphane Baillargeon   18 décembre 2003  Danse
Ni les conseils des arts du Québec et du Canada ni le ministère de la Culture ne se sentent responsables de la disparition du Festival international de nouvelle danse. Le FIND annonçait avant-hier devoir «cesser ses activités» en raison de problèmes financiers insurmontables. Le déficit accumulé par cet événement lancé il y a deux décennies à Montréal est évalué à 600 000 $ pour un budget annuel d'environ 1,8 million ces dernières années.

La réaction a d'autant plus d'importance que la question a traversé le milieu après l'annonce de la disparition du festival de danse contemporaine le plus important au Canada: le FIND est mort, mais a-t-on vraiment tout fait pour le sauver? Peut-on même accuser les instances gouvernementales de non-assistance à un festival en danger?

«Nous avons essayé de faire bouger les gouvernements», résume Chantal Pontbriand, fondatrice et directrice artistique de l'événement, interviewée hier. «Ils n'ont pas bougé d'un iota. D'ailleurs, nous faisons du lobbying et nous agitons les sonnettes d'alarme depuis des années. Ça n'a jamais ébranlé personne. Nos budgets stagnent depuis des années. L'annonce de la fin du FIND n'est donc pas un coup de théâtre.»

Le reproche fait bondir la porte-parole du ministère de la Culture. «Nous avons tenté de les aider, réplique Isabelle Melançon. Nous avons eu la puce à l'oreille au sujet des problèmes financiers au mois d'octobre. Nous avons offert une subvention spéciale de 100 000 $ pour aider le FIND à éponger son déficit, même si le soutien financier aux organismes relève du Conseil des arts et des lettres du Québec plutôt que du ministère.»

En fait, le CALQ lui-même a déjà versé sa subvention de 2004 au FIND. Le Conseil des arts du Canada ajoute avoir participé au plan de redressement du FIND déposé plus tôt cette année, comme bien d'autres organismes qui lui versaient des subventions. Les problèmes financiers de l'événement découlent d'un ensemble de «circonstances malheureuses», comme les appelle la direction du festival, allant du retrait d'Hydro-Québec en 1995 comme commanditaire principal à la baisse d'auditoire en 2001, les spectacles ayant été présentés quelques jours après les attentats du 11 septembre 2001.

La porte-parole du ministère de la Culture souligne qu'au bout du compte, le conseil d'administration du festival a pris cette décision radicale sans explorer d'autres avenues, notamment la possibilité de réduire la programmation. «C'est sa décision et il l'assume, dit Mme Melançon. [...] Le Québec perd un grand joueur, certes, mais l'argent qui était disponible pour la danse et l'organisation d'un événement international demeure disponible.»

Comme d'autres observateurs interrogés hier, Mme Pontbriand fait au contraire remarquer que Québec semble plus attentif lorsqu'il s'agit d'éviter la faillite à des organismes classiques, l'Orchestre symphonique de Montréal par exemple, auxquels l'État ou ses sociétés ont accordé des millions au cours des dernières années pour résorber d'importants déficits. Le Musée des beaux-arts de Montréal ou l'Orchestre symphonique de Québec ont eux aussi déjà bénéficié de mesures spéciales. «Ce qui m'inquiète encore plus dans ce refus de nous venir en aide, dit Chantal Pontbriand, c'est le message envoyé à l'ensemble du monde culturel et surtout aux secteurs contemporains. Existe-t-il une discrimination contre la danse contemporaine ou l'art contemporain? Pourquoi l'État vient-il au secours des grandes institutions classiques et néglige-t-il un événement contemporain fondé il y a 20 ans et jouissant d'une forte réputation internationale?»

Quoi qu'il en soit, les réactions incrédules continuaient d'affluer hier aux bureaux du FIND. «Tout le monde crie à la catastrophe», résume Mme Pontbriand. La chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker, une habituée de l'événement, a par exemple écrit que la nouvelle de la disparition était «une horrible nouvelle».






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