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Accès Asie: des ponts de corps et d’esprits

27 avril 2013 | Frédérique Doyon | Danse
Arrêt sur Split/Focus de Meena Murugesan.
Photo : Amar Khoday Arrêt sur Split/Focus de Meena Murugesan.

Éclats

Du 2 au 5 mai, au MAI
 

Danse X

Du 17 au 19 mai au Studio Hydro-Québec du Monument-National

La danse mène le festival Accès Asie cette année, en grande partie grâce à la collaboration avec les diffuseurs Tangente -Laboratoire de mouvements contemporains et MAI [Montréal Arts interculturels]. L’art du mouvement serait-il une forme privilégiée pour faire le pont entre les cultures ?


La danse, oui, mais aussi les arts visuels, répond sur une note personnelle Khosro Berahmandi, directeur artistique d’Accès Asie. « Parce que l’obstacle de la langue n’y est pas présent, que c’est un langage universel », précise celui qui a d’ailleurs embrassé la peinture quand il a perdu le contact avec sa langue. Mais tous les arts y contribuent, selon lui.


« Ce pont entre deux cultures est négocié dans nos corps et dans nos esprits », ajoute Dena Davida, codirectrice générale et artistique (et fondatrice) de Tangente, qui a elle-même immigré des États-Unis en 1977. À l’occasion du festival, elle propose deux approches pour faire dialoguer les danses de l’Est et de l’Ouest. Danse X (17-19 mai) juxtapose des oeuvres issues des deux cultures, tandis qu’Éclats met en relation un artiste de la scène canado-asiatique avec un mentor de la scène nord-américaine « pure laine ».


Danse X est le fruit d’une collaboration à trois, avec des diffuseurs japonais et coréens qui souhaitent faire circuler la chorégraphie émergente de leur pays. En découle un programme mixte qui met trois oeuvres distinctes à l’honneur : Hetero des Japonais Teita Iwabuchi et Kaori Seki, Kairos de la Coréenne Su Hyun Kim et Flight Distance III : Chain Suite de la Québécoise installée aux États-Unis Helen Simoneau. Les trois pièces font la tournée de leur ville d’origine, soit Montréal, Tokyo et Busan.


Autre soirée mixte pour Éclats, vitrine sur le festival torontois CanAsian (qui s’ouvre dimanche), coprogrammée avec d’autres diffuseurs canadiens.


« Ce sont des artistes qui veulent se renouveler. On les aide à faire évoluer leur esthétique en leur demandant de courtes pièces [solo] guidées par le mentorat », explique Dena Davida, qui aborde ce travail de programmation comme un exercice de commissariat : « Il y a un fil conducteur autour duquel gravitent plusieurs esthétiques. » Une occasion excitante de (re)travailler avec des artistes qu’elle suit depuis longtemps.


Tous signent et dansent des solos, forme autobiographique par excellence et lieu privilégié d’une renaissance esthétique. Le Torontois d’origine hongkongaise William Yong crée Grist, inspiré de songes sous les auspices de Tedd Robinson d’Ottawa. Meena Murugesan plonge dans ses racines indiennes avec les conseils de Janet O’Shea de Los Angeles, dans Split/Focus. Tandis que Inhabitation de la Montréalo-Japonaise Tomomi Morimoto revisite le folklore traditionnel des histoires de fantômes japonais, avec le soutien d’Elizabeth Langley.


Danser ses racines


Ce genre d’affiliations permet-il une plus riche interpénétration des cultures d’accueil et d’attache ? « Ah, la posture de l’interculturalisme ! répond Dena Davida, sur un ton de fascination autant que d’exaspération. Ces questions sont discutées énormément aujourd’hui », dit celle qui a elle-même immigré de la Californie en 1977 et qui enseigne l’anthropologie et l’esthétique de la danse à titre de chargée de cours à l’Université du Québec à Montréal. Elle constate que les artistes japonais et coréens qui nous rendent visite « sont influencés par plusieurs courants esthétiques » bien loin d’incarner « une identité nationale ». Alors que les Canado-Asiatiques, surtout quand ils sont nés dans leur pays d’origine, sentent le besoin de se retrouver culturellement.


Plus on s’éloigne de ses racines, plus on y revient ? En guise de réponse, elle cite l’anthropologue canadien Andriy Nahachewsky, qui s’est surtout penché sur les artistes d’immigration ukrainienne, chez qui il a identifié trois phases d’intégration. « Quand on est fraîchement arrivé, on danse pour se souvenir. Puis, pour partager notre culture avec la culture d’accueil et se révéler à elle. Enfin, on monte sur scène pour inventer de nouvelles danses à partir de ses racines. »


***

Accès Asie en cinq notes

Fondé en 1995, le festival est le plus ancien du pays à souligner le Mois du patrimoine asiatique, célébré en mai à travers tout le pays.

L’édition 2013 porte le thème « Geste de partage » et se déroule du 2 au 19 mai.

Les artistes invités sont originaires d’une vingtaine de pays du continent, de l’Asie de l’Est à l’Asie du Moyen-Orient. « L’Asie est un continent beaucoup plus vaste que ce qu’on est porté à croire, dit son directeur artistique Khosro Berahmandi. Il y a une grande diversité artistique qu’on veut mettre en valeur. »

Le festival mise d’abord sur l’expression contemporaine de la poésie, des arts visuels, de la danse, des nouveaux médias, du cinéma, et cherche à faciliter l’intégration des artistes fraîchement arrivés d’Asie.

Le festival propose aussi quelques rendez-vous plus folkloriques, comme son spectacle de clôture, à l’extérieur, mettant en scène la troupe philippine Pamana ng LuzViMinda.

Arrêt sur Split/Focus de Meena Murugesan. Un extrait de Flight Distance III: Chain Suite de la Québécoise Helen Simoneau.
 
 
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