Danse - Un 40e bien souligné
Les Ballets jazz de Montréal ont su se renouveler depuis leur création
S’il y a une compagnie de danse montréalaise qui sait perdurer, contre vents et marées, c’est bien BJM - les Ballets jazz de Montréal. Née à la belle époque de ce style de danse au parcours aussi fulgurant qu’éphémère, la troupe, qui a su se renouveler, célèbre ses 40 ans. Une période d’ébullition que salue le Conseil des arts de Montréal en sacrant la compagnie finaliste de son Grand Prix.
D’un triumvirat à l’autre. Ils étaient (brièvement) trois cofondateurs de la troupe. Eva von Gencsy, Geneviève Salbaing et Eddy Toussaint ont quitté le navire au fil des décennies, le dernier presque aussitôt arrivé, la première sept ans après le baptême de scène des Ballets jazz. Mme Salbaing est celle qui y a cru le plus férocement, tenant la troupe à bout de bras pendant une période artistique plus creuse, à la fin des années 80 et dans la décennie 90, où les directeurs artistiques se sont succédé. La nouvelle danse en explosion à cette époque est aussi venue ébranler les assises d’un style en perte de vitesse.
Quarante ans plus tard, le trio qui assure les destinées de la troupe, c’est celui, plus solide que jamais si l’on en croit le président, Pierre Salbaing, qui est formé du directeur artistique, Louis Robitaille, du directeur général, Jay Rankin, en poste depuis un peu plus de six mois, et du conseil d’administration.
Stabilisation
« Après cinq ans de travail, on a un triangle d’or parfait : une excellente assise artistique avec Louis Robitaille, des gens compétents au conseil et, en 2012, Jay Rankin a été embauché après un long processus », explique le président en poste depuis 2008. Louis Robitaille est celui par qui la troupe a retrouvé son sens esthétique et son dynamisme, après la décennie houleuse dans les années 1990. Depuis 15 ans, il réussit le pari de dénicher des chorégraphes montants, encore peu connus, qui font briller la polyvalence et l’énergie contagieuse des danseurs.
Dans les années 2000, c’est la gouvernance de la compagnie qui a connu des ratés, rapporte M. Salbaing. Une instabilité qui fait maintenant partie du passé de la troupe. « On a mis en place une structure pour faire en sorte que le conseil vienne appuyer le directeur artistique et devienne un conseil d’administration à création de valeur, en insufflant de meilleures pratiques en communications, en planification stratégique et en ressources humaines. »
Petit-fils de la fondatrice Geneviève Salbaing, Pierre Salbaing est littéralement tombé dans la potion BJM. Il se rappelle avoir fréquenté les studios de la troupe dès l’âge de cinq ans. « Une danseuse voulait que j’intervienne. J’étais tellement timide que j’ai marché sur son pied », raconte-t-il. À l’adolescence, il s’occupait bénévolement du montage et démontage et de la régie technique des soirées-bénéfices avec des amis. Adulte, il y a même rencontré celle qui deviendrait la mère de ses enfants…
Si bien que, en 2008, celui qui dirige l’entreprise de nouvelles technologies Avance Services Réseaux n’a pas hésité à s’engager à nouveau quand il a constaté l’essoufflement de la gouvernance, qui risquait de miner le dynamisme artistique de la troupe. « Il n’y avait pas de directeur général, le conseil était inactif et Louis était au bord du burn-out. »
Cinq ans plus tard, outre la saine gouvernance, il a aussi mis en place un comité de jeune philanthropie, qui a mené sa première soirée Contact en septembre dernier. Et il met le cap sur l’indépendance de la compagnie en matière de diffusion, notamment à Montréal. « On veut reprendre le contrôle de notre diffusion, nous diffuser nous-mêmes sur une base plus régulière à Montréal. On se cherche un partenaire principal pour se réaffirmer comme institution montréalaise. »







