Le tour du monde de Danse Danse
La saison 2013-2014 multiplie les esthétiques
« Il y a une signature plus internationale que jamais », confirme Clothilde Cardinal, codirectrice de Danse Danse, quelques heures avant le dévoilement officiel de la programmation mardi.
La France est doublement représentée avec le retour de la grande dame Maguy Marin, qui ouvre la saison en septembre, et celui d’Olivier Dubois qui la conclut. La première a déclenché une onde de choc avec la création de Salves à Lyon en 2010. Une pièce phare, un condensé de son oeuvre, que Danse Danse tenait à présenter à Montréal.
« Sept danseurs déroulent la petite et la grande histoire, où on démolit un certain nombre de nos symboles, décrit au Devoir Mme Cardinal. La pièce laisse un sentiment d’urgence, mais pas d’impuissance. » Venu ici en solo en 2011, le jeune Olivier Dubois récidive avec sa Tragédie pour 18 danseurs nus, qui clôt sa trilogie sur l’humanité, début mai.
Les créateurs étrangers méconnus ici se bousculent, avec des pièces aux forts thèmes sociaux. Dans Weather (octobre), l’Australienne Lucy Guerin réfléchit à l’impact des changements climatiques sur la nature et sur nos vies. Habituée des sujets exigeants, Helena Waldmann explore la maladie mentale dans le solo Get a Revolver (février). En pleine ascension, le chorégraphe new-yorkais Kyle Abraham aborde les tensions raciales des quartiers noirs de son Pittsburgh natal dans Pavement (mars).
Personne ne se plaindra du retour du Britannique doué Wayne McGregor et de la superbe compagnie taïwanaise Cloud Gate Dance Theatre. Le premier, féru de sciences et technologies, se penche, dans Far (février), sur l’évolution de la conception du corps dans l’histoire. Avec Songs of the Wanderers (mars), la seconde déploie son nouvel imagier léché de la spiritualité asiatique.
Danse Danse continue bien sûr de soutenir la scène québécoise avec un doublé de créations de Marie Chouinard en novembre. Le tout récent Gymnopédies s’inspire de l’oeuvre d’Éric Satie, tandis que Henri Michaux : mouvements fait danser les dessins à l’encre de Chine du poète et peintre. Victor Quijada du Rubberbandance Group, qui fusionne danse urbaine et contemporaine, propose Quotient empirique en novembre. De Toronto, D.A. Hoskins sort du cadre en déclinant les images que suscite le mot « fuck » dans The Land of Fuck (fable) en avril.








