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Danse - Le cinquième élément

14 février 2013 | Frédérique Doyon | Danse

Trois paysages

De Karine Ledoyen. Par Sara Harton, Fabien Piché, Ève Rousseau-Cyr, Ariane Voineau. À l'Agora de la danse jusqu'au 15 février. Une coprésentation de Tangente et de l'Agora de la danse.

Les semaines de danse se suivent et ne se ressemblent pas à l’Agora. Après le très conceptuel Pleasure Dome, voici le très sensoriel et dansant Trois paysages de la chorégraphe Karine Ledoyen de Québec.

L’élément de l’air se trouve au coeur de la proposition. La danse, flot continu, souffle du début à la fin du spectacle. Elle est énergie, fluide, circulaire. Beaucoup de jeux de poids/contrepoids, d’appuis et de chutes amorties, de travail au sol.


Malgré des inégalités dans l’interprétation, et des segments gestuels plus convenus, la pièce répand une brise fraîche, porteuse du léger mystère sur la vie qui bat. Insoutenable légèreté de l’air et de l’être. On en sort avec un sentiment de plénitude. Et ça fait du bien.


Trois tableaux se dessinent. Le premier, très beau, débute en solo au sol et finit en trio par une forme d’envol. Les corps et leurs mouvements imbriqués incarnent cette interdépendance des éléments, essentielle à l’écologie de tout milieu vivant.


À l’arrière, se dresse une machine à vent (conçue par Patrick Saint-Denis), oeuvre visuelle, murale, et vivante puisque les quelque 200 feuilles de papier qui la composent s’agitent au gré des déplacements des danseurs. L’installation déplacée au fil de la pièce crée des configurations, sert d’écran de projection, de rideau, entre le capteur d’humeurs et de rêves. La trame sonore aérienne complète la belle cohérence de cette oeuvre.


Mais la poésie resterait un peu lisse sans son cinquième élément : une spectatrice sacrifiée sur l’autel de la représentation. Comme on nous l’explique très simplement en avant-propos, la chorégraphe a rodé parmi le public à l’entrée de la salle pour dénicher celui ou celle qui accepterait de renoncer à son droit fondamental d’individu-spectateur - voir le show - pour le bien commun.


De fait, l’élue, yeux bandés, évoluera à la fois en marge et pourtant en plein coeur de la pièce, téléguidée via un casque d’écoute. Superbe mise en abîme de la relation salle/scène, de l’artiste qui se commet et des spectateurs qui s’engagent sans voir ni tout entendre, plongeant dans sa propre expérience de l’oeuvre. Point aveugle qui rappelle la part incompréhensible de l’art.

 
 
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