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Machine à vent et courant d’air

Karine Ledoyen propose un voyage de l’air en trois danses

9 février 2013 | Frédérique Doyon | Danse
Trois paysages s’articule autour d’une installation imaginée par le compositeur Patrick Saint-Pierre.
Photo : David Cannon Trois paysages s’articule autour d’une installation imaginée par le compositeur Patrick Saint-Pierre.
Vent du fleuve et de Québec

Les artistes de la capitale et du bord du fleuve se succèdent sur les scènes montréalaises. Outre Karine Ledoyen, la chorégraphe Chantal Caron, basée à Saint-Jean-Port-Joli, vient proposer sa plus récente pièce au public montréalais, le 14 février à la maison de la culture Villeray -Saint-Michel -Parc-Extension. Il s’agit de sa seconde visite dans la métropole après Îles des ailes, présenté à ciel ouvert dans le cadre de Quartiers danse, l’automne dernier. Avec 73o Nord, elle poursuitsa démarche ancrée dans le territoire riverain du fleuve et ses éléments naturels, site habituel de ses spectacles, en abordant, cette fois entre les murs du théâtre, la lutte des oies blanches migrant jusqu’à l’île Bylot, site de reproduction au nord de la terre de Baffin. Puis, Harold Rhéaume montera sur les planches de l’Agora de la danse du 20 au 22 février avec sa pièce Fluide, qui aborde les relations humaines tendues entre l’individu et la collectivité.
Celle qui a défriché la scène dansante de la capitale revient fouler les planches montréalaises. Karine Ledoyen poursuit sa réflexion sur l’air, cette matière essentielle et impalpable.

Après Air en 2011 - et un nouveau bébé en 2012 -, la jeune chorégraphe ressentait le besoin d’épurer et d’aller ailleurs. « C’est une déclinaison du projet Air, mais on s’en va dans une autre direction, dit-elle. C’est un cycle qui se poursuit. »
 

Trois paysages s’articule autour d’une installation imaginée par le compositeur Patrick Saint-Pierre et « adaptée à [ses] envies de création », indique-t-elle.


La machine à vent, un mur composé de 194 feuilles de papier 8 1/2 x 11 animées par des micros-ventilateurs, se déclenche donc en fonction des mouvements des danseurs. « Ça apporte toute une poésie sensible dans mon envie qu’on puisse voir l’air, le palper, l’entendre. » À défaut d’émaner de l’installation, la composition musicale dérive des sons associés à cet élément.


« C’est un voyage de l’air en trois danses », résume-t-elle. Les trois tableaux explorent les différentes évocations que lui inspire cet élément : « le vide, le silence, l’absence, les choses qui existent mais qu’on ne voit pas ».


L’absence prend forme alors qu’elle a conçu sa pièce pour cinq interprètes en n’en ayant que quatre en chair et en os (Sara Harton, Fabien Piché, Ève Rousseau-Cyr, Ariane Voineau).


« Mon cinquième élément, c’est mon courant d’air, qui va seulement prendre forme lors des représentations », dit-elle, tenant à laisser planer le mystère. Connaissant le parcours de l’artiste, qui a bousculé les habitudes du public pendant neuf ans avec son projet Osez ! sur les quais de Québec, puis de la Grande-Bretagne et de la Belgique, on peut s’imaginer que le sort de ce cinquième élément dépendra des spectateurs.


Cet engagement de l’autre est déjà inscrit dans l’ADN de Trois paysages puisque l’air, « c’est aussi un espace de partage, [que] tout le monde respire, note-t-elle. Et c’est la vie, entre le moment où tu inspires et expires… » Un appel d’air vital qui lui permet de dériver vers le souvenir et le rêve, mais qui l’amène surtout, en marge de son propos central plus poétique, sur le terrain de notre responsabilité collective. « Qu’en serait-il si quelqu’un d’entre nous devait renoncer à un petit quelque chose pour le bien de la collectivité ? »


La question est lancée et pourrait bien teinter le début et la fin de Trois paysages.

****


Trois paysages

À l’Agora de la danse, du 13 au 15 février

 
 
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