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    Noureev brille toujours au firmament de la danse, 20 ans après sa mort

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	Rudolf Noureev danse au Royal Opera House de Londres, où il forme un couple légendaire avec Margot Fonteyn. Photo prise le 24 mars 1969.</div>
    Photo : Associated Press
    Rudolf Noureev danse au Royal Opera House de Londres, où il forme un couple légendaire avec Margot Fonteyn. Photo prise le 24 mars 1969.
    Vingt ans après sa disparition le 6 janvier 1993, Rudolf Noureev laisse un personnage de légende, danseur flamboyant au caractère impossible, dont les ballets virtuoses sont donnés chaque année à Londres, Vienne et surtout dans « sa » maison, l’Opéra de Paris.

    Directeur de la danse de l’Opéra de Paris de 1983 à 1989, Noureev a légué à l’opéra ses versions des ballets de Marius Petipa « qui avaient été créés en Russie et qu’il a modernisés en intégrant les techniques des chorégraphes modernes », souligne Hélène Ciolkovitch, historienne.
     
    « Il disait : « Tant qu’on danse mes ballets, je serai vivant » », rappelle Brigitte Lefèvre, directrice de la danse à l’Opéra de Paris.
     
    Don Quichotte en décembre, La belle au bois dormant en 2013, Casse-Noisette en 2014 : pas une saison sans que le corps de ballet resplendisse — et souffre — dans un grand spectacle revisité par Noureev.
     
    « C’est dur, les danseurs en bavent », reconnaît Brigitte Lefèvre, évoquant ces figures dansées non pas seulement à droite, comme c’est la tradition, mais « à droite, à gauche, les petits pas étaient très rapides ».
     
    « Il a redoré le blason du danseur, qui était souvent réduit à un rôle de porteur, rééquilibré le couple danseur-ballerine », rappelle Hélène Ciolkovitch.
     
    « Si on était à ses côtés, il fallait vraiment se surpasser pour exister, parce que sinon, c’était vraiment impossible d’être à sa mesure », témoigne Noëlla Pontois, qui a dansé pour la première fois en duo avec Noureev en 1968, toute jeune étoile.
     
    « C’était énorme de danser avec une star comme lui », se souvient la danseuse âgée de 69 ans, à laquelle une exposition est consacrée en février à Paris.

    Vie de rock star

    Monstre sacré qui déplaçait les foules à la manière d’une rock star, personnage au destin rocambolesque, Noureev naît en 1938 à bord du transsibérien dans la région du lac Baïkal.
     
    À six ans, transporté par un spectacle de ballet patriotique, il décide de devenir danseur. Il suit des cours de danse folklorique contre l’avis de son père et intègre à 17 ans l’école de danse de Leningrad. Engagé au célèbre Kirov, il se taille une réputation de prodige rebelle.
     
    Lors d’une tournée du Kirov à Paris en 1961, Noureev ulcère les autorités soviétiques par ses frasques, écumant les nuits parisiennes après les représentations.
     
    Sommé de rentrer à Moscou — alors que le ballet part pour Londres —, il se jette vers deux policiers français à l’aéroport du Bourget et dépose une demande d’asile.
     
    « Rudolf Noureev, danseur principal, choisit la liberté : c’était un coup de tonnerre », se souvient Brigitte Lefèvre.
     
    Il danse au Royal Opera House de Londres, où il forme un couple légendaire avec Margot Fonteyn, mais c’est l’Opéra de Paris qui deviendra sa maison, en l’accueillant dans les années 1980 comme danseur puis comme directeur.
     
    « Il était d’une beauté à tomber, se souvient Brigitte Lefèvre. Quand j’étais à l’école de danse, on nous avait emmenés voir une répétition du Kirov. D’un seul coup, on voit une bombe arriver : c’était Rudolf. »
     
    Si Noëlla Pontois n’a connu de lui que « son bon côté, ses attentions, son humour », beaucoup ont eu à subir le caractère d’un homme excessif. Maurice Béjart et Roland Petit lui reprochent d’être le « fantôme de l’opéra » : il réside six mois par an en Autriche, pour des raisons fiscales.
     
    On lui connaît un grand amour — le danseur danois Erik Bruhn —, mais c’est un homme « très solitaire » que décrit Noëlla Pontois : « Il avait dû abandonner sa famille derrière lui, il était culpabilisé sûrement de tout ça, c’était lourd. »
     
    Atteint du virus du sida, il cache sa maladie et le public découvre brutalement un homme chancelant lors de la première de La bayadère le 8 octobre 1992, deux mois avant sa mort.
     
    « C’est toujours difficile de s’attarder sur la scène, mais pour lui, c’était vraiment une question de vie ou de mort, raconte Noëlla Pontois. Il a sacrifié tellement de choses pour ça, il a dédié sa vie à la danse. »
     
     
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