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Petite messe de fin du monde… avec des lendemains

Peter James s’interroge sur ce qu’il reste de la condition humaine dans Parade d’États

1 décembre 2012 | Frédérique Doyon | Danse
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	La soirée Parade d’États se présente comme un cabaret post-post-existentiel sur l’être.</div>
Photo : Rodolphe Gonzales
La soirée Parade d’États se présente comme un cabaret post-post-existentiel sur l’être.
Parade d’États–Être/paraître/disparaître
De Peter James, au théâtre La Chapelle, du 7 au 15 décembre.
L’humain est capable du meilleur et du pire. Mais surtout du pire, selon l’artiste-performeur autodidacte Peter James. Et il s’inclut dans le lot.
 
C’est de ce constat que part sa pièce Parade d’États, présentée au théâtre La Chapelle cette semaine. « J’aime notre humanité, mais en même temps je la déteste parce que je trouve qu’on est cons… Qu’est-ce qu’on est en train de faire de notre espèce ? »
Parade d’États brosse en quelque sorte le tableau de cette interrogation, fouillant ce qu’il reste de notre condition humaine. Il apprécie d’ailleurs l’écho ou le double sens politique de son titre.
 
C’est « comme une excursion/incursion dans une psyché collective qui aurait égaré sa boîte noire après un crash », décrit Peter James dans le préambule du programme de la soirée. Sa petite messe de fin du monde a toutefois quelque chose de grotesque — « comme chez les expressionnistes allemands » — qui laisse percer une pointe d’humour dans la gravité.
 
« Je suis moins désespéré qu’avant, promet l’artiste de 54 ans. Il y a de l’espoir, mais dans le désespoir, comme des poupées russes. »
 
En filigrane de son happening surgit la question de sa propre survie comme créateur/performeur — pour combien de temps encore ?
 
Peter James, qui a frayé avec le théâtre et le cirque autant qu’avec la danse, n’hésite pas à se mettre au premier rang des éclopés/égarés du monde, évoluant en marge du (star) système. « Je suis un homme de ruptures, dans mes amitiés, mes amours et avec ma famille, dit-il. Je n’ai pas de permis de conduire, de char, ni de condo… et je n’en aurai pas. » Il se considère comme un résistant.
 
Théâtre du rien

Celui qui roule sa bosse depuis 30 ans a travaillé avec Momentum, 4D Art, le Cirque Éloize, Guy Alloucherie en France. Mais il a d’abord dansé pour (ou avec) Brouhaha Danse, Alain Francœur, Catherine Tardif et plus récemment Stéphane Gladysewski et Nicolas Cantin.
 
Comme ces deux derniers et comme avant eux Alain Francœur, il aime travailler « sur le rien, le vide, le néant, dit-il. J’aime avoir ces états-là, mais avec beaucoup de monde. Plus il y a de monde, plus c’est complexe, plus je suis en état de survie pour savoir comment placer ces gens, plus ça me stimule. Et comme ça, il y a toujours l’humain à regarder. T’en finis pas de voir leur morphologie, leur physionomie. Ça accroche le public, même si c’est minimaliste dans le mouvement. »
 
Il convoque donc sur scène une gang d’artistes — et pas des moindres : les danseurs Elinor Fueter, Patrick Lamothe Lucie Vigneault, Manuel Roque et les deux manitous de Mobile Home, Steve Dumain et Lucas Joly, qui œuvrent dans l’interdisciplinaire. À eux s’ajoutent les artistes invités Catherine Tardif, Indiana Esach, Catherine Cédilot, Alma Buholzer, ainsi qu’un groupe de figurants recrutés dans les rangs du programme de danse de l’Université Concordia.
 
Peter James évolue aussi dans un filon à part, louvoyant entre les disciplines, misant parfois sur le très brouillon. Outre ses mises en scène pour l’École nationale de cirque, il a signé quatre solos, dont The Red Mark, en 2010.
 
« Ce qui m’intéresse, c’est moins la danse, le théâtre ou le cirque que l’esprit derrière tout ça. Je m’inspire du tableau vivant, de l’installation et un peu du happening. »
La soirée se présente d’ailleurs comme un cabaret post-post-existentiel sur l’être, le paraître… et le disparaître. Le nom de sa compagnie donne le ton : Ze psychotyk happening project.

***
 

PARADE D'ÉTATS (Teaser) from Bouc Astral Productions on Vimeo.

 
 
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