Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Danse

    L’atelier continu de Fred Gravel

    12 novembre 2012 |Catherine Lalonde | Danse
    Dans son nouvel opus, Frédérick Gravel change de ton et préfère une certaine tristesse à l’ironie et à l’humour.
    Photo: Denis Farley Dans son nouvel opus, Frédérick Gravel change de ton et préfère une certaine tristesse à l’ironie et à l’humour.

    Danse Danse présente Usually Beauty Fails

    De Frédérick Gravel. Créé avec et interprété par Kimberley de Jong, Francis Ducharme, Brianna Lombardo, Frédéric Tavernini, Jamie Wright, Fred Gravel et les musiciens Stéphane Boucher et Philippe Brault. À la Place des Arts, jusqu’au 17 novembre.

    Fred Gravel poursuit son atelier chorégraphique continu avec Usually Beauty Fails. La méthode de son dernier opus reste celle qui lui a permis de faire sa marque : un concert chorégraphique, fruit d’une étroite collaboration avec les interprètes, qui alterne les numéros de musique rock et de danse comme autant d’études. Pour lier le tout, Gravel au micro fait quelques interventions, expliquant ce qu’il veut illustrer ou riant de lui-même, rappelant que son travail est un constant work in progress, racontant pourquoi il a choisi son titre.

    Les spectateurs étaient peu nombreux pour un soir de première mercredi à la Cinquième Salle de la Place des Arts. Vrai qu’il vaut mieux attendre pour voir les nouveaux spectacles de Gravel : le chorégraphe ajuste constamment le tir et l’ordre des pièces du puzzle. La proposition prend du mieux en vieillissant, au point que l’exercice critique est d’une pertinence douteuse. Peut-être pour dire que Gravel semble être à un tournant ? Sa tonalité a changé. L’ironie, l’humour, le désir de désacraliser la danse contemporaine et le côté « tripatif » laissent place à une certaine tristesse, une persistance dans la durée, une mise de côté des relations théâtralisées, une rythmique hachurée de pauses et d’impulsions rapides.

     

    Et pour ces nouvelles modulations, la formule concert n’est peut-être plus ce qui sert le mieux les propositions. L’équipe, à la première, n’est pas arrivée à briser le quatrième mur, à donner ce côté informel qui permet d’accepter les aspérités autant que les beautés de cette multitude d’idées. Les inégalités ressortent, et la forme, plutôt que de sauver la construction et la dramaturgie, fait qu’elles ne trouvent pas leurs élans.

     

    Recherche véritable

     

    La recherche est cependant réelle. La musique se lance plus du côté des compositions que des reprises rassurantes. Les interprètes sont solides et engagés - Kim de Jong devra soutenir l’endurance dans la concentration, par contre, pour éviter l’inégalité du soir de la première. Visuellement, certains tableaux tombent pile. Les reculées du début, qui deviennent traversées, ont une énergie communicative et font circuler l’espace. Le duo Jamie Wright-Francis Ducharme, culottes baissées, à se toucher partout, dans une succession d’images arrêtées post-pornographiques, est intéressant, mais on aurait aimé le voir évoluer. Le tableau de groupe, choeur sur une basse continue de cercles de bassin où s’ajoutent des gestes de bras tirés de shows d’effeuilleuses ou d’iconographie religieuse, est visuellement réussi. Le travail collectif est important pour Fred Gravel, et cette fois le trafic d’influences se fait sentir : la dernière scène rappelle Kontakthof de Pina Bausch. Le jeu de portés sur arrêt et des corps qui se lancent de loin fait penser à Virginie Brunelle. Pourquoi pas.

     

    On aimerait que le chorégraphe pousse sa recherche autant sur la construction. Car l’attention du spectateur se dilue. Malgré ce côté mal famé et mal limé que l’on peut aimer chez Gravel, aurait-il mieux valu peaufiner encore en studio avant de présenter ce travail en continu, permettre à cette nouvelle tonalité de trouver son tempérament avant de la lâcher dans l’oeil public ?

     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel