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Aszure et ses amis

La chorégraphe albertaine présente Awaa et Busk en programme double

10 novembre 2012 | Frédérique Doyon | Danse
Aszure Barton s’invente des danses depuis l’âge de cinq ans. La créatrice est une étoile filante dans le ciel chorégraphique américain.
Photo : Kim Williams Aszure Barton s’invente des danses depuis l’âge de cinq ans. La créatrice est une étoile filante dans le ciel chorégraphique américain.

Awaa et Busk

D’Aszure Barton Artists, le 13 novembre à la salle Maurice-O’Bready de Sherbrooke, les 16 et 17 novembre au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.

Sa petite voix aiguë déboule aussi vite que ses chorégraphies. La pétillante Aszure Barton revient au Québec, cette fois avec sa compagnie basée à New York. Révélée au public avec Les chambres de Jacques et Jack in the Box en 2007-2008, lors de sa résidence artistique aux Ballets jazz de Montréal (BJM), la chorégraphe albertaine vient présenter un double programme, « qui représente deux temps différents » de sa vie, se plaît-elle à dire : Busk, créé en 2009, et Awaa, tout juste créé en juin.


« Je suis vraiment intéressée par la polarité des choses, le ying et le yang, les opposés », explique-t-elle au bout du fil, à propos d’Awaa et de sa danse en général. Elle a d’ailleurs choisi deux compositeurs tout en contrastes pour ce double programme, le Canadien Curtis McDonald, « qui est très percussif, terrestre et masculin », dit-elle, et le violiste russo-américain Lev « Ljova » Zhurbin, « dont la musique est magnifique et s’élève vers ciel ».


Sa troupe a profité de trois mois pour créer Awaa au Banff Center, un énorme privilège pour des artistes. D’autant plus pour une chorégraphe qui amorce ses pièces à froid, sans plan ni idée préconçue. Elle entre en studio avec ses danseurs et se jette dans le vide de la création avec eux. D’où le nom collectif de sa compagnie, Aszure Barton Artists, fondée en 2002, sur une grande confiance, mot d’ailleurs récurrent dans sa conversation.


Awaa, pour six danseurs et une danseuse, a débuté avec son danseur et ami Andrew Murdoch. Un tête-à-tête qui a donné le ton. « On a exploré la mémoire du féminin, qui est très importante dans ma vie, qu’il s’agisse de mes amis, de ma famille ou de mon propre côté féminin », raconte celui-ci.


En cours de processus, Aszure a fait un rêve si prégnant, un rêve d’eau et de maternité, qu’elle a osé l’incarner dans un court film, puis l’a inscrit dans Awaa. « Le thème de la mère s’est dégagé de tous ces moments passés avec les danseurs. En plus, ma soeur venait d’accoucher d’un premier enfant… »


Étoile filante


Créatrice boulimique - elle s’invente des danses depuis l’âge de cinq ans -, Aszure Barton est une étoile filante dans le ciel chorégraphique américain. Elle est née en Alberta, a vécu à Montréal (où les BJM l’ont « repêchée »), mais c’est à New York que son travail prend son envol. « C’est un environnement parfait pour prendre des risques ! Personne ne te remarque, alors tu peux tomber et te relever et t’autoproduire partout. New York a été un heureux hasard dans ma vie, parfait pour rencontrer des gens », raconte celle qui était simplement allée visiter une de ses deux soeurs, également danseuses et qui se prénomment Charissa et Cherice.


Sa rencontre avec la chorégraphe Wendy Osserman lui a ouvert le monde de l’improvisation libéré du carcan de son éducation très formelle au Ballet national du Canada. « J’étais très frileuse en la matière et elle m’a amenée à une nouvelle façon de bouger.. Le grand Mikail Baryshnikov - qu’elle appelle de son doux sobriquet Misha - l’a aussi invitée à collaborer à son projet Hell’s Kitchen Dance. Tout cela à peu près en même temps que l’ascension de sa troupe et sa résidence aux BJM. Et elle n’a que 36 ans.


Créer compulsivement est devenu son « mode de vie », dit-elle, loin d’être une chorégraphe intellectuelle. Elle se tient ainsi sur la voie rapide de l’apprentissage. Mais entrer en studio, pour elle, c’est comme s’absorber dans un état méditatif. « Travailler est un pur bonheur », dit-elle.


Bonheur d’autant plus grand qu’elle vient le présenter à Montréal, sa « ville préférée au monde ». « C’est comme revenir à la maison », dit-elle. Il faut dire que son expérience chez les BJM en a été « une des plus formidables de [sa] vie », dit-elle.


L’autre tournant après Les chambres de Jacques fut Busk (de l’espagnol buscar, chercher). La pièce très physique pour 11 danseurs repose sur le pouvoir du groupe, de la meute, dont se dégagent des figures individuelles. « C’est plus sombre, même s’il y a de l’humour et qu’on donne beaucoup au public. On est dans l’absurdité : qui sommes-nous, performeurs de ce jour et de ce temps ? C’est drôle, laid, divertissant. »


Une absurdité qu’elle estimait taillée sur mesure pour le public d’ici.

***

Awaa
 



Busk

 
 
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