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Danse - Partition pour matadores

27 septembre 2012 | Catherine Lalonde | Danse
Solitudes Solo, de Daniel Léveillé. Avec Justin Gionet, Emmanuel Proulx, Manuel Roque, Gaëtan Viau et Lucie Vigneault. À l’Agora de la danse, jusqu’au 29 septembre.

Le chorégraphe Daniel Léveillé poursuit son travail d’épuration. Déjà pour sa trilogie de l’imperfection - Amour, acide et noix, La pudeur des icebergs et Crépuscule des océans -, il signait des partitions pour danseurs matadores: impossibles à réussir par leur difficulté technique et musculaire. Il continue dans Solitudes Solo. La pureté, jusqu’à l’aridité.



Cinq solistes prennent tour à tour la scène, où ne se dessine comme un tatami que le tapis de danse. En sous-vêtements, avec ou sans tee-shirts, ils lancent des mouvements exigeants, athlétiques, hachés de pauses. Un tour en l’air depuis un grand plié, une immense fente, des tours avec arrêts brusques sont du vocabulaire de peu de mots qu’on verra répétés encore et encore. Le geste est anti-séquentiel, en contre-flot. Se plaquent sur ce système, binaire tant il est méthodique, des cordes de Bach et des éclairages de Marc Parent.


Ce travail est impitoyable. Les interprètes doivent accepter la vulnérabilité de chevilles chancelantes ou d’atterrissages ratés. Aux meilleurs moments, ces failles laissent voir l’humanité et la chute de l’ego, illustrent la bataille contre la vie. Mais Solitudes Solo est dure aussi envers son auteur. Qu’est-ce qui danse et qu’est-ce qui ne danse pas dans une partition limitée jusqu’à devenir carcan?, demande la pièce. Les interprètes d’expérience ressortent, par un esthétisme sculptural (Emmanuel Proulx), une clarté rythmique et une liberté de souffle (Manuel Roque; Gaétan Viau y est presque en adage) ou une force de l’imaginaire (Lucie Vigneault). On se demande ce que deviendrait le matériau sur une distribution encore plus mature. Car la répétition contre laquelle les danseurs luttent mine la singularité de leurs voix. Combat impossible? Quelques gestes évocateurs - poings de boxeurs, appels au ciel - ne suffisent pas à rattraper l’usure de la redite. En éradiquant la relation - duos, trios - et en limitant le champ lexical, malgré la rigueur formelle, Daniel Léveillé créé une pièce qui se parle surtout à elle-même. Solitudes Solo? Jusqu’au soliloque.

 
 
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