Spectacle - Flamenco d’aujourd’hui, références d’hier
La danse andalouse sera à l’honneur cette semaine dans un spectacle mis en scène par Carlos Saura
Au Théâtre Maisonneuve,
le 27 juin à 19 h 30 et du 28 juin au 1er juillet à 18 h
Renseignements : 514 871-1881, 1 85jazzfest
« Le flamenco est un miracle qui a beaucoup de parents », a affirmé Carlos Saura sur le site cinespagne.com. Et beaucoup d’enfants : « Mes premières images de la danse furent celles du film Carmen », se souvient le chorégraphe Rafael Estevez, qui est également l’un des danseurs principaux de Flamenco Hoy. « La vision de Carlos est celle d’un photographe. Il n’y a pas d’histoire, simplement une galerie de séquences et d’images très vivantes. C’est du Saura sans concessions. »
Depuis les années 1980, le célèbre réalisateur de films s’est inspiré abondamment de la musique dans plusieurs films, parmi lesquels Noces de sang, Carmen, L’amour sorcier, Tango, Flamenco puis Flamenco Flamenco en 2010. Que retrouve-t-on d’original dans Flamenco Hoy par rapport au flamenco traditionnel ? Réponse de Rafael Estevez : « Le flamenco, nous le voyons de plusieurs perspectives : une rencontre avec le jazz, le blues et même notre propre histoire, el ayer del flamenco. »
Estevez vient de nommer trois pointes d’un triangle dans la création de Chano Dominguez qui compose ou arrange la vingtaine de pièces musicales de Flamenco Hoy. Il fut le premier jazzman espagnol à avoir signé chez Verve et possède une excellente maîtrise des palos, les formes du flamenco. Son disque Flamenco Sketches, créé à la mémoire Kind of Blue de Miles Davis, est un pur ravissement qui nous est arrivé en mars dernier.
Terrain de jeu
« Notre terrain de jeu n’est pas celui de la fusion avec le jazz et le blues, mais nous avons à le chorégraphier et nous en sommes enchantés », admet Estevez. « Le phénomène n’est pas nouveau ; déjà en 1966, le grand Sabicas avait créé un projet avec le guitariste de rock Joe Beck. Ce qui nous intéresse est la qualité. Nous aimons autant le flamenco traditionnel que celui de Chano ou même la musique de Boccherini que nous intégrons également au spectacle. »
Des instruments comme le violoncelle, la flûte et le saxophone apparaissent dans l’oeuvre sans être l’apanage du grand genre espagnol. Mais gare aux généralités ! Rafael Estevez semble posséder une connaissance précise de chaque petite histoire qui en a fait une grande : « En 1936, Ramon Montoya a enregistré quelques pièces avec un saxophoniste, alors… »
Plusieurs formes du flamenco traditionnel sont abordées, parmi lesquelles le tango gitano qui n’est pas celui de l’Argentine, le très ancien fandango, la guajira plus joyeuse, la farruca en mode mineur, la seguirya aux maints raclements de guitare, la buleria rapide et très rythmique, la zambra qui serait la plus proche du monde arabe et la malaguena au style très libre, de la grande famille du cante jondo, ce chant profond si rauque et déchirant. À cela s’ajoutent des éléments extérieurs tels que le paso doble et même le ballet classique dans la danse.
Et qui suit qui dans Flamenco Hoy, les danseurs ou les musiciens ? « C’est très éclectique à ce niveau », répond Estevez. « Certains numéros sont complètement créés d’avance, d’autres non. Une bulería est un art vivant du moment très chorégraphié, alors que la zambra que j’interprète est une pure improvisation. » Deux exemples de tableaux insérés dans une suite d’images mordantes.








