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Festival TransAmériques - Nuit magique avec toi

4 juin 2012 | Catherine Lalonde | Danse
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	Les interprètes sont excellents à rendre la partition, mais la pièce a besoin d’un surplus d’âme.</div>
Photo : Luc Sénécal, FTA
Les interprètes sont excellents à rendre la partition, mais la pièce a besoin d’un surplus d’âme.

Sous la peau, la nuit

De Danièle Desnoyers.
Avec Tal Adler Arieli, Karina Champoux, Paige Culley, Bernard Martin, Pierre-Marc Ouellet et Anne Thériault.
À l’Usine C, jusqu’au 4 juin.

Sous la peau, la nuit. La nuit, ici, est celle où l’on erre. Bleue, rouge ou grise, c’est la nuit qui pousse à se réfugier dans les clubs pour enterrer le spleen et les raisons de l’insomnie. Danièle Desnoyers, chorégraphe du Carré des Lombes, laisse percer dans cette nouvelle création plus de sensualité et d’évocation.

Trois femmes, en ligne, habillées pour la petite séduction, ouvrent la pièce. En choeur, elles font musique du bruit de leurs pas, comme des claquettes imprécises. Suivront essentiellement des duos, quelques trios, peu d’ensembles. La chorégraphe disait s’inspirer des danses de cabaret du Montréal des années 1940. On ne reconnaît pas ces styles, mais les jeux hommes-femmes un peu clichés, la vendeuse de cigarettes, le côté show off qui flirte avec la mélancolie, la solitude et le désoeuvrement sentent la vie et l’humanité nocturne.


Desnoyers a resserré, depuis Dévorer le ciel, son propos. Le fond et la forme sont d’aplomb. La pièce en est plus intéressante, elle communique davantage, même si l’écriture a perdu en spatialité et en géométrie. La courtepointe musicale est riche, cohérente avec le piano comme leitmotiv, enveloppante comme la fumée qui envahit régulièrement la scène. Certains duos de la deuxième partie sont bien touchants.


Il est difficile de dire si la chorégraphe aurait pu pousser plus loin la recherche gestuelle, ou si la pièce gagnera simplement à vieillir un peu. La deuxième partie, au soir de la première, était plus parlante et sensorielle. Moins de trac ? Comme un vin jeune, on sent que Sous la peau, la nuit va s’affiner. On aurait peut-être aimé une gestuelle plus poussée encore - il est beau, ce mélange subtil des mouvements de danse de clubs à ceux de contemporain. Ou un peu plus de ruptures, comme ces fêtards, poussés par la soûlographie, qui éclatent en sanglots aux petites heures. Les interprètes sont excellents à rendre la partition, mais la pièce a besoin, sans théâtralisation, d’un surplus d’âme. On voudrait voir davantage encore l’humain sous le danseur, la mélancolie sous le besoin de nuits folles. On le sent chez Anne Thériault et Bernard Martin (lui prend ici une couche de profondeur supplémentaire, sobre, évocateur et juste). Même impression pour le dernier tableau de groupe, où chacun se déplace, dansant, solitaire : bonne idée, déjà forte, mais pas tout à fait au point encore chorégraphiquement. Ces bémols, légers, on les entend justement parce que la pièce sonne juste. Du bon travail.

 
 
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