Annulation de Solitudes Solo de Daniel Léveillé
Au moment où tombait la nouvelle, Le Devoir révisait l’entrevue accordée il y a quelques jours par le créateur. Daniel Léveillé était excité à l’idée d’entamer, avec Solitudes Solo, un nouveau cycle. Sa dernière trilogie — Amour, acide et noix, Crépuscule des océans et La pudeur des icebergs — a permis à l’artiste de trouver, à l’international et surtout en Europe, son public et le succès.
Lors de l’entretien, le chorégraphe disait se voir comme un artiste moderne, selon la définition du philosophe Peter Sloterdijk : « Le monde est tout ce avec quoi nous menons des expériences jusqu’à la fracture. » Bien sûr, on ne lira pas la phrase littéralement. Mais comme le créateur aime « mettre ses danseurs dans des positions physiques impossibles », on pouvait se demander si l’exigence physique n’avait pas, avec le stress d’une grande première, un impact. « Mes danseurs sont la prunelle de mes yeux, a ajouté Léveillé au téléphone après la triste nouvelle, précisant que les deux danseurs - Mathieu Campeau et Esther Gaudette - ne se sont pas blessés en travaillant pour lui. Sans eux, je ne peux pratiquer mon métier. Une compagnie comme la mienne ne peut pas engager ses danseurs à temps plein. Ils ont d’autres contrats. J’en ai deux qui travaillent en construction, un autre qui est un sportif chevronné. Ils ont des physicalités turbulentes : c’est ce qui fait leur qualité sur scène. Je ne peux pas, je ne veux pas les mettre dans une boîte capitonnée. »
Pour la directrice générale et artistique du FTA, Marie-Hélène Falcon, c’est une grande déception. Et un déjà-vu. Chutes incandescentes, le spectacle de Benoît Lachambre et Clara Furey, vu il y a quelques jours, devait d’abord être présenté en 2010. Une blessure aux côtes de Furey avait nécessité le report. « Les annulations pour cause de blessures, c’est depuis l’arrivée de la danse au FTA, donc depuis 2007. Les danseurs, à mon avis, sont surchargés. Je les vois, obligés de faire trop de choses à la fois, de voyager beaucoup pour les tournées, de passer d’un spectacle et d’une répétition à l’autre, et les compagnies n’ont souvent pas les moyens d’avoir de doublures. C’est une vie épuisante. Je continue à penser que la danse est sous-subventionnée, et que cette situation générale, même si les compagnies font, vraiment, du mieux qu’elles peuvent, finit par empêcher des conditions de travail idéales. »
Le FTA propose aux détenteurs de billets un échange pour un autre spectacle, selon les disponibilités, ou le remboursement, au point d’achat initial des billets. Pour toute information supplémentaire : 514 844-3822.








