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    Edgy Women: chercher la limite pour mieux la dépasser

    17 mars 2012 |Catherine Lalonde | Danse
    Gaëlle Bourges dans Je baise les yeux<br />
    Photo: Kit Brown Gaëlle Bourges dans Je baise les yeux
    Edgy Women
    Festival présenté jusqu'au 1er avril par le Studio 303. À la Sala Rossa, la Centrale, et au Studio 303.
    Le festival Edgy Women, pour sa 19e édition, met encore à l'honneur l'art décalé, corrosif, fou, revendicateur et exploratoire des femmes. Assurément féministe et engagée, la programmation aime remettre en question l'identité sexuelle, flirte souvent avec l'étude des genres, côtoie assurément l'art et le monde lesbien. Un menu, cette année, teinté par les artistes françaises... et par le nu.

    Le studio 303 est à longueur d'année un laboratoire d'essais en danse et en arts multidisciplinaires. On y fouille, on y tente, on y bidouille des spectacles, et, comme en toutes recherches, on y voit de l'essai-erreur. Du pire, et aussi du meilleur. Le festival Edgy Women est le seul moment de l'année où la directrice artistique et générale du studio 303, Miriam Ginestier, sait vraiment, assurément, ce qu'elle va présenter. «Le reste de la programmation est fait de créations, je ne sais donc jamais d'avance ce que les spectacles vont être. Edgy Women, c'est la seule fois où j'ai vu et choisi les spectacles, où je les fait venir.»

    Parler strip-tease

    Concours de circonstances, les artistes françaises sont nombreuses cette année. D'abord avec le collectif GLSINS (Gloria La Sauce Is Not Straight), dont les douze membres ont lancé jeudi dernier leur recueil de nouvelles, Pendant que vous dormez. Ensuite avec le trio Je baise les yeux, une conférence-spectacle de Gaëlle Bourges. La danseuse contemporaine et les deux autres interprètes ont fait quelque temps de la danse érotique pour payer leurs loyers.

    Fatiguée de se faire parler seulement de cette partie de son job, Bourges a monté ce cours où les professeures sont flambant nues et n'ont pas peur de mots. «Tout ce que vous aviez toujours voulu savoir sur le strip-tease en cabaret, que vous ayez ou non osé le demander, est dévoilé dans cette démonstration intelligente et impertinente, a critiqué le magazine français Télérama. Ses us et coutumes, ses techniques spectaculaires, ses ressorts philosophiques, psychanalytiques et métaphoriques.» Et ses limites éthiques aussi, puisque les trois interprètes, à la création de Je baise les yeux, se sont fait renvoyer de leur théâtre érotique.

    La contorsionniste Andréane Leclerc, qui se sort, à force d'imagination, le spectaculaire et le cirque du corps, propose, avec Holly Gauthier-Frankel, In Succube, un duo style cabaret, métissé par la danse et le théâtre expérimental.

    The Scandelles, de Toronto, reviennent avec Les demimondes. «Elles ont une intention précise, un objectif: ce sont aussi des travailleuses du sexe, et elles veulent, avec leur show, sensibiliser le public», indique Miriam Ginestier. Pas de pédagogie lourde, mais des chants, des monologues, de la vidéo, de la danse. Les filles veulent démontrer comment les arts et les médias profitent de l'image des travailleuses du sexe, tout en continuant à les stigmatiser. «Quand j'ai vu le spectacle, il y avait dans la salle des Johns, des clients à elles, et c'était touchant et troublant de les savoir à côté de nous dans le public, de les voir eux aussi touchés», précise la directrice. Le spectacle est toutefois anglais seulement.

    En anglais aussi, Spin, le mélange de chansons folk, de contes et de concert d'Evalyn Parry, sur le thème ici décalé... du vélo. Et mardi, J'acte présentera une heure de vidéos performatives féministes made in Québec, choisie par la demi-fondatrice des Fermières obsédées, Eugénie Cliche.

    «Il y a un axe cette année autour du voyeurisme, du nu, de savoir à qui appartient le corps qui se montre. Plusieurs des présentations remettent en question la relation avec le public», analyse Miriam Ginestier.

    En parallèle au festival, Barbara Legault proposera des Conférences Edgy-Upop, des cours de féminisme façon université populaire. Le Edgy Hockey, proposé par M. E. Winks, de Hockey Dyke in Canada, revisitera les règles de ce sport national. «Je ne sais pas ce que ça donnera en matière de show sportif, admet la directrice artistique, mais c'est intéressant de voir le jeu être repensé.» L'équipe se cherche encore des joueurs pour la partie du 29 mars, à l'aréna Mont-Royal. Finalement, Antonija Livingstone et Gaëlle Bourges offriront des ateliers, ouverts aux artistes professionnels.

    L'an prochain, le festival Edgy Women fêtera son vingtième anniversaire en se déployant sur le thème du sport. D'ici là, on trouve la programmation actuelle dans www.studio303.ca.












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