Danse - Ceci est mon corps livré au rock
À retenir
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Bird Of Prey, de et avec Lisbeth Gruwez. Avec les musiciens Dave Schroyen et Maarten Van Cauwenberghe. À l’Usine C, jusqu’au 25 février.
Lisbeth Gruwez, ex-égérie de Jan Fabre, se confronte dans Bird Of Prey à l'énergie du rock 'n roll. Seule danseuse, encadrée d'un batteur et d'un guitariste, elle incarne ou répond aux sons hache-viande que lui balancent ses musiciens. Quand le rock est dans la place.
Annoncé comme un concert chorégraphique, Bird Of Prey tient plus de la performance. Après quelques secondes de gros rock arrache-tympans, le silence tombe, fracassant. Lisbeth Gruwez rampe dans la lumière. Elle dévoile, par un pull très échancré, seulement son dos. Par reptations et ondulations, lentement, par ses omoplates qui s'ouvrent et se ferment, par les quasi-inhumains mouvements de ses épaules luxées, sans laisser voir ni son visage, ni ses bras, la danseuse hypnotise. Cette femme-tronc devient paysage organique. Les spectateurs des dernières rangées de l'Usine C captent-elles la finesse des mouvements? Gruwez a l'intelligence d'opposer à la décharge du rock la subtilité d'impulsions minimales et profondes, de faire constraster des murs de sons à son souffle à peine amplifié. Le corps incarne la musique avec une belle précision, tant lancé que contrôlé. Lentement, par répétitions de mouvements, la danseuse passe par quatre pattes, en gestes de provoc' tribale ou simiesque. La répétition de gestuelle, si efficace au début, finit par sonner comme un très, très long préliminaire. Ensuite, en larges fentes, Gruwez s'élève, pour finalement debout se rendre au micro et lancer une hurlante chanson «I wanna be filthy» style Patti Smith, toute d'adrénaline et de défonce. Le ton se rompt pour redevenir plus grave - la transition était boîteuse hier soir à la première, comme l'étaient certains changements d'éclairage. La dramaturgie jusque-là tracée fout le camp et devient ostentatoire. Le sang coule dans le dos de la danseuse, illustre sa sueur, pour un effet qui, après un travail bien juste et bien sobre, fait clinquant. Symbolique lourde. La finale «poupoupidou», qui à la fois surligne l'ironie et fait contre-point, semble plaquée. Reste une forte danseuse, au corps très articulé et investi, plongée dans sa performance. Et une alliance fort réussie avec la musique et avec un certain esprit du rock'n roll.
Annoncé comme un concert chorégraphique, Bird Of Prey tient plus de la performance. Après quelques secondes de gros rock arrache-tympans, le silence tombe, fracassant. Lisbeth Gruwez rampe dans la lumière. Elle dévoile, par un pull très échancré, seulement son dos. Par reptations et ondulations, lentement, par ses omoplates qui s'ouvrent et se ferment, par les quasi-inhumains mouvements de ses épaules luxées, sans laisser voir ni son visage, ni ses bras, la danseuse hypnotise. Cette femme-tronc devient paysage organique. Les spectateurs des dernières rangées de l'Usine C captent-elles la finesse des mouvements? Gruwez a l'intelligence d'opposer à la décharge du rock la subtilité d'impulsions minimales et profondes, de faire constraster des murs de sons à son souffle à peine amplifié. Le corps incarne la musique avec une belle précision, tant lancé que contrôlé. Lentement, par répétitions de mouvements, la danseuse passe par quatre pattes, en gestes de provoc' tribale ou simiesque. La répétition de gestuelle, si efficace au début, finit par sonner comme un très, très long préliminaire. Ensuite, en larges fentes, Gruwez s'élève, pour finalement debout se rendre au micro et lancer une hurlante chanson «I wanna be filthy» style Patti Smith, toute d'adrénaline et de défonce. Le ton se rompt pour redevenir plus grave - la transition était boîteuse hier soir à la première, comme l'étaient certains changements d'éclairage. La dramaturgie jusque-là tracée fout le camp et devient ostentatoire. Le sang coule dans le dos de la danseuse, illustre sa sueur, pour un effet qui, après un travail bien juste et bien sobre, fait clinquant. Symbolique lourde. La finale «poupoupidou», qui à la fois surligne l'ironie et fait contre-point, semble plaquée. Reste une forte danseuse, au corps très articulé et investi, plongée dans sa performance. Et une alliance fort réussie avec la musique et avec un certain esprit du rock'n roll.
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